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L'Usine Aéro

Le Sénat lance la bataille budgétaire pour l'augmentation des crédits militaires

Hassan Meddah ,

Publié le

Les sénateurs militent pour une augmentation de 2 milliards d'euros par an du budget des armées pour les trois prochaines années. Ils veulent en exclure le financement du nouveau service militaire universel d'un mois dont le coût estimé est de 30 milliards d'euros sur 5 ans.

Le Sénat lance la bataille budgétaire pour l'augmentation des crédits militaires
Le rapport des sénateurs préconise d'accélérer le calendrier des livraisons des équipements notamment du programme Scorpion pour le renouvellement des véhicules blindés de l'armée de Terre.
© Wikimedia - Moverlack83 - CC

Ce n'est pas une guerre au sens militaire du terme mais cela n'en reste pas moins une vraie bataille. Celle du budget pour les armées pour les cinq prochaines années. D'un côté, Bercy qui exige des coupes budgétaires et des gels des crédits de défense; de l'autre le Sénat, qui défend une augmentation significative du budget militaire pour faire face aux multiples défis que doivent relever les armées. Les élus du palais du Luxembourg ont présenté ce mardi 13 juin leur rapport d'information "2% du PIB: les moyens de la défense nationale". Ils rappellent les engagements pris par Emmanuel Macron comme candidat à l'élection présidentielle de porter cet effort à 2% du PIB dès 2025 contre 1,79% en 2016.

Surtout ils justifient cet objectif au vu de la situation militaire du pays. "30.000 soldats sont mobilisés de façon opérationnelle. A vouloir engager nos troupes partout sur un grand nombre de théâtres d'opération, tout cela a un coût. On ne peut pas dire au Français "nous vous protégeons" et ne pas mettre les moyens financiers dont ont besoin nos armées", a expliqué Jean-Pierre Raffarin, sénateur (Les Républicains, Vienne) co-rédacteur du rapport avec son collègue Daniel Reiner (Socialiste et Républicain, Meurthe et Moselle), respectivement président et vice président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

39,5 milliards d'euros en 2020

Le rapport énumère des besoins multiples: soutenir les soldats sur-mobilisés, remplacer et maintenir le matériel militaire, investir dans la cyberguerre, moderniser la dissuasion nucléaire.... A titre d'exemple, les sénateurs propose d'accélérer le programme Scorpion de renouvellement des véhicules blindés de l'armée de terre et de porter à un milliard d'euros par l'effort de recherche militaire.

L'addition est donc salée. Pour relever ces défis, les parlementaires préconisent d'augmenter les crédits de défense de deux milliards d'euros supplémentaires chaque année sur les trois prochaines années. Et ce dès 2018. Le budget des armées se trouverait ainsi porté à 35,5 milliards d'euros constants en 2018, 37,5 milliards en 2019 et 39,5 milliards en 2020. Pour entériner cet effort au plus vite, les sénateurs proposent un calendrier accéléré avec le dépôt d'un projet de loi dès cette année, pour qu'une nouvelle loi de programmation militaire soit opérationnelle dès 2018.

Contrôle sur pièce et sur place

Face à l'adversité de Bercy, les parlementaires se déclarent prêt à ferrailler. "Nous sommes prêts à utiliser tous les moyens que donne la constitution au Parlement. Nous n'hésiterons pas à aller à Bercy selon la procédure du contrôle sur pièce et sur place pour demander tous les documents, convoquer les ministres et faire en sorte que les décisions du conseil de défense avec le chef des armées puissent être respectées par tous", a prévenu Jean-Pierre Raffarin.

Enfin, le rapport exclut que ces nouveaux crédits servent à financer le futur service national universel voulu par le Président de la République "qui relève d'un projet de société bien plus que d'un enjeu de défense". Surtout que son coût a été chiffré en première approximation à 30 milliards d'euros sur 5 ans, soit quasiment un exercice budgétaire de défense.

Les sénateurs ont remis le 6 juin dernier leur rapport à la nouvelle ministre des armées Sylvie Goulard et le présenteront la semaine prochaine au président de la République.

 

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