L'Usine Santé

Le secteur financier salue la stratégie d’innovation d’Essilor

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Le Français, leader mondial de l’optique ophtalmique, figure en 28e place des "30 sociétés les plus innovantes du monde" par le magazine américain Forbes. Des innovations couplées à un excellent sens du marketing.

Le secteur financier salue la stratégie d’innovation d’Essilor © D.R.

Le 31 août, nous avions présenté en exclusivité les secrets de sa dernière innovation dans les verres progressifs. https://www.usinenouvelle.com/article/les-secrets-du-nouveau-verre-d-essilor.N181096 L’investissement technologique d’Essilor - 150 millions d’euros en R&D en 2011 sur ses 4,2 milliards d'euros de chiffre d’affaires – vient d’être primé. Le leader mondial de l’optique ophtalmique figure en 28e place des "30 sociétés les plus innovantes du monde" par le magazine américain Forbes. Soit trois places de moins qu’en 2011, mais le troisième rang en France après Pernod Ricard et Danone.

Il s’agit cependant d’une analyse très financière, fondée sur l’évaluation de la "prime d’innovation", accordée par le marché actions à une entreprise pour ses innovations anticipées ou attendues. Or les marchés financiers adorent Essilor, "pépite" capable de gagner cinq points de part de marché en trois ans et de s’octroyer 31% des ventes en volume en 2011 du marché mondial l’optique ophtalmique. Tandis que ses bénéfices (505 millions d’euros en 2011) sont toujours en progression.

De prestigieux partenaires pour sa R&D

Si ce véritable bulldozer industriel et du marketing investit lourdement dans la R&D, c’est pour ne pas se faire rattraper par ses concurrents : l’allemand Carl Zeiss (18% du marché mondial) et le japonais Hoya (13%).  Son budget R&D, Essilor le dédie à 30% à l’open innovation. Dans ses trois centres d’Innovation et de Technologie, ses 500 chercheurs ne manquent pas de partenaires prestigieux. Institut de la Vision à Paris, laboratoires communs avec le CNRS à Toulouse ou le CEA à Grenoble…

Ces collaborations permettent au Français de n’inventer que 20 % des technologies qu'il utilise ! "Ce sont de vrais atouts, d’autant plus qu’Essilor les valorise bien", reconnaît Maher Kassab, président de la société de conseil Gallileo. A l’étranger, Essilor réussit moins à truster les partenariats. Même si c’est en coopérant avec l'université technologique de Shanghai sur les nanotechnologies qu’Essilor a lancé l’année dernière ses verres antibuée.

Spécificité

Mais c’est surtout sur les "tests au porté" que se cristallise la rancœur des rivaux. Pour donner une caution à ses essais cliniques de verres, portés par des centaines de volontaires pendant quelques semaines, Essilor est parvenu l’année dernière à faire agréer ses protocoles par l’équipe de José-Alain Sahel, professeur de renom… et directeur de l’Institut de la Vision. "C’est une spécificité d’Essilor par rapport à ses concurrents, qui ne le font pas de manière systématique et aussi rigoureuse", affirme Nicolas de Lambert, directeur d’Essilor en France.

Une affirmation réfutée par les concurrents. "Il ne s’agit pas de grandes études menées par des organismes indépendants : Essilor utilise ses propres chiffres", rétorque Nicolas Sériès, PDG de Carl Zeiss Vision France. Reste qu’une innovation n’est que peu de chose si elle n’est pas mise en valeur. Ce qu’Essilor réalise avec brio, en transformant chacun de ses produits en "révolution" à grands coups de campagne marketing, reconnaissent ceux qui évoluent sur ce marché. Ce qui lui permet de réaliser 45% de son chiffre d'affaires sur des produits lancés il y a moins de trois ans.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte