Le secteur aérien fait trop peu contre le changement climatique selon une étude de la TPI

Dans une étude publiée le 5 mars, les investisseurs de la Transition Pathway Initiative (TPI) alertent sur le manque d'efforts des compagnies aériennes en matière de réchauffement climatique. L'auteur principal du rapport alerte notamment sur les permis d'émissions achetés par certaines entreprises pour maquiller leurs émissions.

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Le secteur aérien fait trop peu contre le changement climatique selon une étude de la TPI
Les investisseurs de la Transition Pathway Initiative (TPI) alertent sur le manque d'efforts des compagnies aériennes en matière de réchauffement climatique.

Les compagnies aériennes en font trop peu pour lutter contre le réchauffement climatique, selon une étude publiée mardi 5 mars et financée par des investisseurs gérant plus de 13 000 milliards de dollars (11 512 milliards d'euros) d'actifs.

Le secteur du transport aérien, en forte croissance, représente 2% des émissions mondiales à effet de serre et devrait agir davantage pour gérer les risques liés au changement climatique, estime la Transition Pathway Initiative (TPI) dans cette étude portant sur les 20 plus grandes compagnies aériennes répertoriées dans le monde.

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Selon elle, Delta, Lufthansa, United Airlines et ANA Holdings affichent les meilleures performances en termes de gestion de risques et d'opportunités liés au changement climatique. Mais toutes les compagnies aériennes pourraient en faire davantage.

"Les investisseurs sont attentifs"

"Les investisseurs ont un message clair à l'attention du secteur de l'aviation : en matière de performance carbone, il faut afficher des améliorations sur le long terme", a déclaré Faith Ward, co-présidente de la TPI pour le compte de la caisse de retraite de la British Environment Agency.

"Les investisseurs sont attentifs [...] il s'agit d'encourager la divulgation d'informations afin que nous puissions prendre des décisions éclairées", a-t-elle déclaré à Reuters.

La TPI, qui cherche à évaluer la performance des entreprises en matière de réduction des émissions de CO2, regroupe 40 investisseurs avec 13 000 milliards de dollars sous gestion, dont BNP Paribas et Legal & General Investment Management. Son étude est réalisée par le Grantham Research Institute de la London School of Economics.

easyJet et Alaska Air possèdent les flottes les plus efficaces

Des avions plus économes en carburant, une utilisation plus importante des biocarburants et le fait de garantir que les avions volent à pleine capacité contribueraient à limiter les émissions.

La TPI a par ailleurs relevé qu'easyJet et Alaska Air possédaient désormais les flottes les plus efficaces parmi les 20 premières compagnies aériennes répertoriées, au vu de leurs émissions par passager-kilomètre parcouru.

À l'inverse, ANA, Japan Airlines, Korean Air et Singapore Airlines produisent les taux d'émissions les plus élevés, selon la TPI. Interrogé sur ces données, un responsable de Japan Airlines a déclaré: "Nous visons à publier nos mesures de RSE (responsabilité sociale de l'entreprise) à l'horizon 2030 au cours du prochain exercice." ANA, Korean et Singapour n'ont pas immédiatement répondu à la demande de commentaires de Reuters.

Permis d'émissions

Le professeur Simon Dietz du Grantham Research Institute, auteur principal de l'étude, a noté que certaines compagnies aériennes avaient adopté des objectifs généraux visant à limiter les émissions nettes de dioxyde de carbone aux niveaux de 2020, ou à réduire de moitié les émissions nettes d'ici 2050 par rapport aux niveaux de 2005.

Mais ces objectifs d'émissions nettes signifie souvent que les compagnies aériennes peuvent acheter des permis pour émettre du dioxyde de carbone, plutôt que de les réduire elles-mêmes. "Le problème est que nous ne savons pas à quel point ils vont réduire leurs propres émissions en fonction de l'achat de compensations", a-t-il déclaré à Reuters.

Simon Dietz a également déclaré que les effets de l'aviation, à part le dioxyde de carbone, nécessitaient davantage de recherches. La condensation, par exemple, peut engendrer des nuages en altitude qui retiennent la chaleur.

Selon les termes de l'accord de Paris sur le climat conclu en 2015, près de 200 États sont convenus de réduire leurs émissions pour éviter davantage d'inondations, de sécheresses et freiner l'élévation du niveau de la mer. Ils ont promis de "renforcer la participation des secteurs public et privé" à la réduction des émissions.

Avec Reuters (Avec Junko Fujita in Tokyo et Heekyong Yang à Séoul; Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)

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