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Le scandale Volkswagen pourrait s'étendre au haut de gamme

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L'agence américaine de protection de l'environnement accuse désormais les moteurs V6 diesel 3 litres de Volkswagen d'être équipés du  fameux logiciel truqueur . Des moteurs qui équipent en particulier les modèles plus luxueux du groupe comme le Touareg, la Porsche Cayenne ou encore l'Audi Quattro. 


L'Audi Q5, un nouveau modèle concerné par le scandale des moteurs truqués.

Nouveau coup dur pour Volkswagen. Alors que le géant allemand de l'automobile a reconnu en septembre avoir équipé certains de ses véhicules d'un logiciel destiné à tromper les tests antipollution, l'administration américaine revient à la charge. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) a en effet indiqué ce lundi 2 novembre qu'elle étendait son enquête aux moteurs V6 de 3 litres.

Le haut de gamme de VW mis en cause 

Alors que, jusqu'à présent, la tricherie n'était avérée que pour des plus petits moteurs (1,2, 1,6 ou 2 litres) équipant des modèles de milieu de gamme, cette accusation vient semer le doute concernant des véhicules bien plus haut de gamme, comme le Porsche Cayenne, le Volkswagen Touareg et différentes Audi (A6 et A7 Quattro, A8, A9 et Q5) - des voitures vendues à plus de 50 000 dollars outre-Atlantique. D'après l'EPA, les émissions de d'oxyde d'azote (NOx) de ces véhicules seraient neuf fois supérieurs au niveau autorisé. Au total, 10 000 de ces véhicules commercialisés depuis 2014 seraient concernés. Un chiffre qui semble ridicule mais qui pourrait concerner également les ventes en Europe : pour le premier moteur incriminé (le EA-189), on était ainsi passé de 482 000 unités aux Etats-Unis... à 11 millions à travers le monde ! 

 

Retrouvez notre dossier Volkswagen : Das skandal

 

Dans la foulée de cette annonce, Volkswagen n'a pas tardé à réagir, rejetant en bloc ces nouvelles accusations. Le groupe allemand assure dans un communiqué qu'"aucun logiciel n'a été installé" sur ses moteurs diesels V6 3 litres "pour altérer les caractéristiques d'émissions de manière interdite" et se dit prêt à travailler avec l'agence américaine pour faire la lumière sur cette nouvelle affaire. Dans ce contexte et sans bafouer la présomption d'innocence du constructeur, il convient de rappeler qu'avant de reconnaître sa supercherie en septembre dernier, VW avait opposé pendant plus d'un an des démentis similaires aux autorités américaines concernant la première vague de véhicules concernés.

Action en baisse à Francfort

En attendant de démêler le vrai du faux, cette accusation ne va pas arranger les affaires de Volkswagen. Elle vise en effet ses modèles plus haut de gamme, sur lesquels le groupe de Wolfsburg réalisait ses marges les plus importantes. Détail qui a son importance un mois après la démission de Martin Winterkorn, cette information vient également écorner la réputation du nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller, ancien dirigeant de... Porsche, marque qui n'était d'ailleurs jusqu'ici pas concernée par le scandale. En conséquence, l'action du constructeur chutait de près de 4% ce mardi matin à la Bourse de Francfort. Une broutille certes par rapport au tiers de sa valeur financière parti en fumée depuis le début de l'affaire. Mais avec des ventes en baisse le mois dernier en France et une facture du scandale qui pourrait très vite enfler, l'orage est encore loin d'être terminé pour le constructeur.

Julien Bonnet

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