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L'Usine Agro

"Le sauvetage de Fralib pourrait venir des marques de distributeurs"

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Entretien Après le projet des salariés et celui du fabricant de chips Sibell, un troisième acteur est désormais en vue pour assurer le sauvetage de l’usine de thés Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône).  Ancien cadre de Nestlé, Diageo et des volailles Duc, Yves Stunic, 49 ans, aurait réussi à convaincre les pouvoirs publics de la pertinence de son projet : refabriquer des thés sous marques distributeurs. Il livre en exclusivité à L’Usine Nouvelle les détails de son projet.

Le sauvetage de Fralib pourrait venir des marques de distributeurs © Boris Horvat - AFP

L’Usine Nouvelle - Comment avez-vous été amené à vous intéresser au projet des salariés de Fralib ?
Yves Stunic - J’ai pris contact avec les représentants du personnel il y a environ un mois pour me mettre à disposition des salariés et notamment de leur projet de Scop. J’ai travaillé ensuite avec leur cabinet d’experts Progexa pour enrichir leur business plan. Je suis parti du postulat qu’il y avait une solution économiquement viable à refabriquer des thés et des infusions, pouvant réunir les deux parties (Ndlr : Unilever et les représentants des salariés) sur un consensus. Gémenos est un site de production et en conséquence ne disposera plus du savoir-faire marketing ni de la force de vente d’Unilever. Pourquoi alors ne pas mettre à profit l’outil industriel pour fabriquer des produits à marque distributeurs (MDD) ?

Une des principales raisons de la fermeture du site est justement la percée des marques distributeurs sur le marché du thé et des infusions. Cela a amené Unilever à réduire ses capacités de production et condamner le site de Gémenos. Ma proposition a donc une logique de marché.

Le projet sera-t-il viable, sur un marché où les marges sont très faibles ?
Oui, Unilever accepte de laisser un outil industriel moderne d’une trentaine de machines d’ensachage de thés et d’infusions à double chambre, qui répond aux normes de qualité les plus drastiques des MDD. Le marché du thé et des infusions continue de se développer sur les marques distributeurs. Aujourd’hui, il y a peu de concurrents sur ce marché des MDD. Il y a donc une carte à jouer. Le business plan établi avec le cabinet d’experts Progexa démontre que le projet serait viable avec une centaine de salariés plus un encadrement léger, soit le nombre de personnes qui restent aujourd’hui sur le site (Ndlr : sur les 182 d’origine). Le projet concurrent de fabrication de chips de Sibell ne prévoit de reprendre que 55 personnes et ne répond ni aux attentes des salariés Fralib, ni vraiment à la nouvelle orientation politique de redressement  productif.

Avez-vous des investisseurs susceptibles de vous aider dans votre projet ?  
Ce n’est pas forcément nécessaire. Les salariés sont prêts à verser leurs indemnités dans la Scop et Unilever s’est engagé à financer les projets de création d’entreprises. Il faut compter environ un an minimum pour répondre au processus de référencement des MDD et commencer la commercialisation qui va se développer progressivement sur les premiers exercices. Mais en attendant, il apparaît fondamental qu’Unilever accepte de fournir des volumes en sous-traitance le temps que la Scop monte en puissance.

Unilever a répété plusieurs fois et encore récemment qu’ils ne donneront pas de volumes en sous-traitance… Comment allez-vous faire dans ce cas ?
Autant je peux comprendre que ce sera très compliqué sur la cession de la marque Elephant, autant je pense qu'il faut réouvrir sans délais la discussion sur la sous-traitance.  Au regard du temps, de l’argent et de l’image qu’Unilever a perdu et continue de perdre sur ce dossier, je pense que le coût serait dérisoire pour eux. Ils ont créé cette situation. Il faut qu’ils assument leur part de responsabilité. C’est absolument nécessaire pour la réussite du projet qu’ils donnent des volumes en sous-traitance à la nouvelle Scop, à laquelle je souhaite participer activement. Les salariés espèrent des réponses des pouvoirs publics dès la semaine prochaine.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac.

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