Le sauvetage d’Alstom, un modèle pour la nationalisation d’Arcelor ?

Quand l’Etat français vole au secours d’Alstom en 2004, ce n’est pas un site mais tout un groupe qu’il sauve de la faillite via une prise de participation de 21,36 %.

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Le sauvetage d’Alstom, un modèle pour la nationalisation d’Arcelor ?

Florange, Alstom bis ? L’idée lancée par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, de nationaliser temporairement le site mosellan d’ArcelorMittal renvoie pour beaucoup au sauvetage d’Alstom par l’Etat français en 2004. Sur France Inter, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, aujourd’hui à la tête de l’Union des démocrates et indépendants, s’est déclaré favorable à "un contrôle technique public transitoire pour bâtir une filière sidérurgique française", rappelant que l'Etat était "intervenu massivement" pour sauver Alstom il y a moins de dix ans.

Le parallèle est pourtant loin d’être évident, même s’il s’agirait effectivement pour l’Etat d’une autre intervention massive. Quand Patrick Kron prend la tête d’Alstom fin 2002, c’est tout le groupe qui est au bord de la faillite. En cause : le manque de trésorerie hérité de l’introduction en Bourse en 1998, une série d’acquisitions hasardeuses, des provisions monstrueuses pour les défaillances des turbines à gaz rachetées à ABB et l’annulation de commandes aux Chantiers de l’Atlantique. Alstom est dans le rouge et se retrouve plombé par une dette de plus de 5 milliards d’euros.

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Bruxelles dicte ses conditions

Face à la menace de l’effondrement d’un groupe employant plus de 100 000 salariés, dont 25% en France, le ministre de l’Economie de l’époque, Francis Mer, puis son successeur, Nicolas Sarkozy, défendent auprès de Bruxelles un plan de sauvetage du groupe qui sera, après maintes péripéties, accepté par la Commission européenne en juillet 2004. L’Etat français prend 21,36 % du capital pour 720 millions d’euros dans le cadre d’une aide de 2,8 milliards d’euros. Bruxelles dicte ses conditions : Alstom doit céder des actifs à hauteur de 10% de ses quelque 20 milliards de chiffre d’affaires ; l’Etat devra quant à lui vendre sa participation dans les quatre années qui suivent.

Alstom vendra notamment ses chantiers navals, son activité turbines industrielles à Siemens et son fleuron, sa division transmission et distribution d’énergie à Areva, dont il rachètera la branche transmission, beaucoup plus cher, en 2010. Dès 2006, l’Etat cède ses parts dans Alstom à Bouygues et réalise une confortable plus-value de 1,26 milliards d’euros. De quoi voir sous un jour très positif cette opération qui a permis à Alstom de repartir de plus belle.

Sauf qu’à l’époque, cette nationalisation partielle et transitoire été difficile à justifier pour Francis Mer, qui se défendait de se lancer dans une "une nationalisation de pertes", ou dans "de l'interventionnisme industriel". "Notre objectif n'est pas de revenir à une politique qui n'est plus celle que nous devons développer en France" avait déclaré le ministre. Et d’insister : "Loin de moi l'idée de créer un précédent"

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