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"Le salon de Singapour s'impose comme le moteur de l'aéronautique en Asie-Pacifique", selon Damien Lasou

Elodie Vallerey , , ,

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Entretien Le salon aéronautique de Singapour bat son plein jusqu'au 16 février. L'occasion pour Damien Lasou, directeur mondial de l’activité Aéronautique et Défense chez Accenture, d'exposer les enjeux de ce marché en croissance pour les acteurs de l'aéronautique civile et militaire. Si le centre de gravité de ces marchés se déplace vers l'est, les investissements des industriels aussi...

Le salon de Singapour s'impose comme le moteur de l'aéronautique en Asie-Pacifique, selon Damien Lasou © D. R.

L'Usine Nouvelle - Quels sont les enjeux du marché aérien de l’Asie-Pacifique pour les constructeurs aéronautiques ?

Damien Lasou - Ces dernières années, l’Asie-Pacifique a dépassé l’Europe en termes de marché et devrait dépasser les Etats-Unis d’ici à 2020 pour devenir alors le premier marché du transport aérien. Ça pousse les constructeurs à faire des produits adaptés, à comprendre l’économie de ces régions et les modèles économiques des compagnies aériennes locales.

Le paramètre-clé, c’est d'être toujours à l’écoute du marché, avec l’émergence d’une classe moyenne qui peut commencer à voler. Leur capacité à faire des avions court-courrier bon marché et des produits long-courrier standardisés leur a permis d’avoir du succès. La récente annonce de l’installation d’un centre financier à Singapour par Airbus Group montre bien l’importance que les avionneurs accordent à cette région en termes d’écoute et d’investissement.

Comment le salon de Singapour est-il arrivé à s'imposer aux côtés des autres "air shows" incontournables ?

Derrière les deux grands salons - Le Bourget et Farnborough -, on voit bien se profiler deux rendez-vous importants : Dubaï et Singapour. La position de Singapour et de la Malaisie au centre de cette région Asie-Pacifique est idéale, ce qui impose ce salon comme un moteur de l'activité aéronautique dans cette zone. C’est aujourd’hui le premier centre mondial pour le MRO (gestion de la maintenance des avions, nldr) dans l’aéronautique, avec la présence de motoristes majeurs comme Rolls-Royce et Pratt&Whitney.

Deuxième élément : les budgets militaires sont en baisse partout dans le monde, sauf là-bas. Le militaire est une part non négligeable de l’attractivité de ce salon-là par rapport à Dubaï, car il est en pleine croissance. Il suffit de voir l'attrait des produits européens pour des pays comme Singapour, la Malaisie ou l'Indonésie.

Existe-t-il des ombres au tableau que les industriels doivent prendre en compte ?

Mes inquiétudes sur cette région-là aujourd’hui sont liées au marché lui-même. La croissance économique, longtemps forte, est en train de ralentir. A quoi peuvent s'attendre les industriels dans les prochaines années ? Ils ont eu un exemple inquiétant avec le marché aérien indien, un véritable "bain de sang" ces dernières années avec la disparition de compagnies aériennes comme Kingfisher Airlines.

Propos recueillis par Elodie Vallerey

L'Asie-Pacifique pourrait représenter 36% des livraisons d'avions à l'horizon 2030
L'ouverture du salon aéronautique de Singapour a poussé Airbus et Boeing à publier les résultats de leurs études de marché pour l'Asie-Pacifique. Airbus estime la demande asiatique à 10 940 avions passagers et de fret neufs, d'une valeur totale de quelque 1 800 milliards de dollars, sur les 20 prochaines années. Boeing table, lui, sur 12 820 appareils, ce qui représente une valeur de 1 900 milliards de dollars.

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