Le rêve américain d’Airbus en marche

Les travaux de construction de la ligne d’assemblage des A320 à Mobile en Alabama vont démarrer sous peu. Une étape symbolique dans l’internationalisation du groupe sur les terres même de son grand rival Boeing.

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Le rêve américain d’Airbus en marche

C’était jour de fête à l’aéroport de Brookley de Mobile dans l’état Alabama, ce 8 avril 2013. La météo était de la partie : un grand soleil et un ciel dégagé sont là pour accueillir plus de 1 000 invités, appareil photos en mains pour immortaliser le moment. Un petit groupe de musiciens met l’ambiance.

Que célèbre-t-on ? L’arrivée d’Airbus aux Etats-Unis. Dans la foule qui a pris place sous une grande tente blanche, les élus et les hommes d’affaires locaux, ont le sourire. Et pour cause : Airbus et ses partenaires ont promis la création de 1 000 emplois directs et le démarrage de l’assemblage du premier appareil d’ici deux ans. Et au moins autant d’emplois indirects pourraient être créés selon des sources locales. Alors quand le maire de Mobile prend la parole pour se féliciter de cette arrivée et des 7 années d’efforts et d’obstination pour y parvenir, le public se lève et les applaudissements fusent. Pour l’occasion, l’état-major du groupe européen qui a fait le déplacement - Fabrice Brégier PDG d’Airbus, Tom Enders directeur exécutif d’EADS, mais aussi le directeur commercial, le directeur des programmes et des ressources humaines - est tout sourire. C’est au président d’Airbus que revient l’honneur de conclure la longue succession des discours d’inauguration des travaux… à l’américaine avec le pouce levé : "Avec cette ligne d’assemblage aux Etat-Unis, qui complète celles en Chine et en Europe, le soleil ne se couchera plus pour Airbus". Et pourtant le rêve américain ne fait que démarrer.

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"Le retour sur investissements devrait se faire assez rapidement"

En s’affichant comme un industriel local créant des emplois aux Etats-Unis, Airbus espère bien faire une percée commerciale. "Nous ne pouvions pas prétendre être un acteur global sans une présence industrielle dans le premier marché mondial de l’aéronautique", justifie Fabrice Brégier. Il a moins de 20% de part de marché au pays de Boeing. D’ailleurs, le patron de la compagnie américaine JetBlue Airways qui opère déjà une flotte de 127 Airbus confirme qu’il recevra le premier appareil assemblé à Mobile. Airbus mise sur le renouvellement nécessaire de la flotte américaine dont l’âge moyen dépasse 11 ans. "Après l’Afrique, c’est aux Etats-Unis que la flotte est la plus âgée" précise le dirigeant d’Airbus. "Il y a de la place pour gagner des parts de marché. Le retour sur investissements devrait se faire assez rapidement", explique Fabrice Brégier. Pour un avionneur, l’investissement est relativement modeste, de l’ordre de 600 millions de dollars quand le coût d’un nouveau programme se chiffre à une dizaine de milliards de dollars.

Une base industrielle locale fortement symbolique

En installant une ligne d’assemblage aux Etats-Unis, Airbus soigne surtout son image. En s'affichant au grand jour comme un créateur d’emplois aux Etats-Unis et une entreprise citoyenne américaine, l’avionneur estime qu’il sera en meilleure position pour saisir les nouvelles opportunités et même celles liées aux avions militaires. Le dirigeant se souvient de son échec cuisant sur le méga contrat des ravitailleurs qui lui avait échappé au profit de Boeing même si l’avionneur promettait des avions "made in USA". A l’époque Mobile était déjà le site retenu pour la production des A330 militarisés.

Airbus en a tiré les leçons et préfère anticiper en développant une base industrielle locale fortement symbolique. "L'impact visuel d'une ligne d'assemblage est énorme aux yeux du public et des acteurs locaux. Une ligne d'assemblage marque plus les esprits que les 13 milliards de dollars que nous dépensons chaque année auprès de l'industrie aéronautique américaine!", explique Tom Williams, directeur des programmes Airbus. L’avionneur pense évidemment à la seconde tranche des contrats des ravitailleurs pour l’US Air Force ou trouver un débouché américain à son avion de transport militaires A400M. Il sait qu’il pourra compter sur des soutiens politiques comme ceux du gouverneur de l’Alabama, et des congressmen présents pour l’occasion. Sans le moindre doute, les Etats-Unis valent bien une ligne d’assemblage.

Hassan Meddah, à Mobile (Etats-Unis)

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