L'Usine Agro

Le retrait de plats surgelés contenant de la viande de cheval inquiète les autorités

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De nombreuses enseignes de la distibution ont indiqué dimanche avoir procédé à des retraits des rayons de plats surgelés à la viande de cheval en lieu et place de boeuf. Les différents acteurs - Findus, son fournisseur Comigel, la société Spanghero et la Roumanie - se renvoient la faute Cette affaire relance le débat sur la traçabilité dans l'agroalimentaire. Le gouvernement a convoqué les professionnels de la filière ce lundi 11 février.

Le retrait de plats surgelés contenant de la viande de cheval inquiète les autorités © D.R. - Diginfo

De nombreux plats surgelés ont été retirés des rayons, ont annoncé dimanche 10 février les distributeurs. La marque Findus et son fournisseur Comigel auraient découvert que ces plats contenaient de la viande de cheval en lieu et place de boeuf.

Pour l'instant, seuls trois pays ont procédé à des retraits de produits, la France, le Royaume-Uni et la Suède. L'enquête des autorités françaises n'a en effet pas encore permis de savoir où tous les produits frauduleux ont été vendus.

Interrogée sur cette affaire, La ministre française de la Santé Marisol Touraine a estimé qu'on était "manifestement face à ce qui ressemble à une fraude de grande ampleur qui traverse l'ensemble de l'Europe et qui avait pour objectif de faire gagner de l'argent a certaines entreprises".

De nombreuses enseignes concernées

Presque toutes les principales enseignes de distribution françaises ont procédé à des retraits, qu'ils soient de marque Findus, première société concernée, ou de marque de distributeurs. Il s'agit de lasagnes, cannellonis ou spaghettis bolognaise, moussaka, hachis parmentier, vendus dans les magasins Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix, Picard. Les groupes implantés à l'étranger n'ont pas tous précisé s'il y avait aussi des retraits hors de France.

Comigel, PME basée à Metz, dans l'Est de la France, a fabriqué les produits en cause pour plusieurs enseignes, soit sous marque Findus, soit sous marque de distributeurs. Comigel tout comme Findus se disent victimes dans cette affaire et font remonter la responsabilité vers l'amont de la chaîne de production, qui démarre en Roumanie et passe par plusieurs entreprises.

Le fournisseur de Comigel et la Roumanie se renvoient la faute

"Nous avons été victimes et on voit bien aujourd'hui que le problème n'est ni chez Findus ni chez Comigel", a déclaré dimanche à l'AFP le président de Comigel Erick Lehagre. L'entreprise qui a fourni la viande en cause à Comigel, la société française Spanghero, se défend elle aussi en assurant avoir acquis du boeuf, et fait remonter la faute ou l'erreur en amont.

Barthélémy Aguerre, président de Spanghero, a estimé dimanche sur France 2 que le responsable est l'abattoir roumain, "ou l'opérateur qui a mis ça (l'étiquette sur les lots affirmant qu'il s'agissait de boeuf, ndlr). Je ne sais pas si c'est l'abattoir ou s'il y a encore un autre intermédiaire".

Les premiers éléments de l'enquête dévoilés par le gouvernement français ont permis de déterminer le circuit de la viande en cause.

"Le fournisseur de l'usine luxembourgeoise (de Comigel, ndlr) est le groupe français Poujol (holding de tête de la société Spanghero, ndlr). Celui-ci a acquis la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie", a déclaré samedi le ministre français en charge de la Consommation, Benoît Hamon.

"L'enquête se poursuit. Elle établira très vite la liste des clients auxquels Comigel a vendu, en France et en Europe, des produits fabriqués à partir de viande acquise auprès du groupe Poujol", a précisé dimanche le gouvernement.

En Roumanie, les professionnels du secteur renvoient la balle vers l'importateur, Spanghero. S'il "n'a pas protesté lors de la réception en constatant que c'était du cheval et pas du boeuf, c'est que soit il était complice avec le producteur roumain, soit il a changé l'étiquette après", a affirmé à l'AFP le président des syndicats de l'industrie alimentaire (FSIA), Dragos Frumosu.

Le débat sur la traçabilité relancé

Face à ce scandale qui relance le débat sur la traçabilité dans l'agroalimentaire, le gouvernement français a convoqué l'ensemble de la filière professionnelle à 16h30 pour tenter d'y voir plus clair.

"Il s'agit de faire le point avec l'ensemble des acteurs de la filière agroalimentaire, de ce qui s'est passé et de pouvoir en tirer les premières leçons", a indiqué à l'AFP Guillaume Garot, ministre délégué à l'agroalimentaire, à l'AFP.

Julien Bonnet

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