Le retrait de l'offre d'ArcelorMittal sur Ilva sème la discorde à Rome

L'annonce par ArcelorMittal qu'il jetait l'éponge et retirait son offre de rachat d'Ilva, en Italie, crée la discorde dans le gouvernement de coalition entre le Parti démocrate, prêt à rétablir un bouclier juridique pour sauver Ilva, et le Mouvement 5-Etoiles (M5S), qui ne veut pas céder. Plus de 20 000 emplois sont en jeu.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Le retrait de l'offre d'ArcelorMittal sur Ilva sème la discorde à Rome
Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, a affirmé qu'il ne céderait pas face à ArcelorMittal concernant l'avenir du site sidérurgique Ilva, alors que la menace pesant sur des milliers d'emplois met son gouvernement de coalition sous pression. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent West

Giuseppe Conte, le président du Conseil italien, a affirmé le 5 novembre qu'il ne céderait pas face à ArcelorMittal concernant l'avenir du site sidérurgique Ilva, alors que la menace pesant sur des milliers d'emplois met son gouvernement de coalition sous pression. ArcelorMittal a annoncé le 4 novembre qu'il résiliait son offre de rachat de l'immense aciérie Ilva, située à Tarente dans les Pouilles, Rome étant revenu sur sa promesse de lui accorder une immunité contre d'éventuelles poursuites pénales liées à la pollution du site. Le premier aciériste mondial justifie ce retrait par une clause suspensive figurant, selon lui, dans le contrat de rachat qui lui permet de se retirer en cas de modification du cadre réglementaire mettant en péril son plan environnementale et d'exploitation. Clause que ne reconnaît pas le gouvernement italien, une coalition entre le Parti démocrate et le Mouvement 5-Etoiles (M5S), qui évoque un "prétexte".

"Un contrat a été conclu et nous ne plierons pas là-dessus. Nous attendons que les engagements soient respectés", a dit Giuseppe Conte à la presse à Milan. "Vous venez en Italie, vous remportez un appel d'offres et les termes contractuels inclus et exposés dans l'appel doivent être respectés", a-t-il ajouté.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Le Parti démocrate prêt à rétablir le bouclier juridique

Le chef du Parti démocrate a pour sa part annoncé mardi que son parti allait proposer des mesures pour que tout acquéreur du site bénéficie d'une protection juridique contre les poursuites qui pourraient être engagées pour la pollution passée d'Ilva. "Celui qui pollue paie mais celui qui doit mettre en oeuvre un plan de préservation de l'environnement ne peut assumer pénalement la responsabilité d'actes précédents et qui ne sont pas les siens. Nous allons proposer des initiatives parlementaires dans ce sens", déclare Nicola Zingaretti, secrétaire national du PD, dans un communiqué.

Le M5S refuse pour sa part de donner un chèque en blanc à ArcelorMittal, au motif que cela ne serait pas acceptable pour les riverains d'Ilva, dont le site de Tarente est accusé d'être à l'origine de centaines de cancers ces dernières années.

Un risque social très élevé

Dans une région frappée par le chômage, Ilva emploie encore 10700 salariés, dont 8000 à Tarente. Des milliers d'emplois indirects sont aussi en jeu, alors que l'Italie ne parvient pas à s'extirper d'une stagnation économique persistante.

(Avec Reuters)

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS