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Le retour des tensions sociales ?

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Emploi-Pro Le climat social risque de se détériorer rapidement, si on en croit la note annuelle d'Entreprise et personnel. Les directions des ressources humaines des entreprises sont en première ligne, face aux risques de conflit qui émergent.

Le retour des tensions sociales ?

Âmes sensibles s'abstenir... Pour l'édition 2008 de sa note de conjoncture sociale annuelle, Entreprise et Personnel, une association qui regroupe plus de 150 DRH a choisi un titre qui, à lui seul, est déjà un programme : la déchirure.

La lecture de ce document d'une cinquantaine de pages laisse peu de raisons de se réjouir face à l'année qui s'ouvre. L'intérêt de la publication est qu'elle ne fournit pas tant des prévisions macro-économiques qu'un état des lieux des forces sociales et politiques à l'œuvre. Les marges de manœuvre dont disposent les gouvernants français y apparaissent notablement maigres et les facteurs de déclenchement d'une crise sociale semblent réunis.

Parmi les facteurs à l'oeuvre, les auteurs (*) pointent l'inflation qui vient rogner le pouvoir d'achat, l'allongement de la durée de travail pour financer les retraites - « les réformes successives depuis 1993 sont insuffisantes », la nécessaire réduction des déficits publics qui s'accompagnent de réductions d'effectifs dans la fonction publique, le mécontentement des enseignants ou encore la privatisation à haut risque de la Poste... En résumé, tout le monde ou presque a un motif d'insatisfaction.
La situation leur semble d'autant plus menaçante que peu de forces politiques ou sociales sont capables de relayer les mécontentements. Ainsi, la stratégie des syndicats, bousculés par la réforme de la représentativité, entre, en effet dans une zone d'indétermination.

Le choix entre un avenir gris et un avenir noir

Au sein des entreprises, la contestation pourrait donc être forte. Quatre facteurs apparaissent certains aux auteurs :
- « la crise va [...] dramatiser le climat social »,
- « les tensions entre Nicolas Sarkozy et sa majorité vont s'aggraver ...»,
- « des craintes vont se manifester quant à la place du service public de la part des fonctionnaires ou des citoyens, et la conflictualité va monter d'un cran dans les entreprises du fait de la rigueur salariale et des tensions d'emploi »,
- « les organisations syndicales ne sont plus aussi coopératives qu'elles l'ont été... ».

Dans ce tableau aux sombres couleurs, deux scénarii sont esquissés, l'un très noir, l'autre tout gris. Le premier repose sur une récession doublée d'une crise financière qui exacerberait les difficultés et pourrait déboucher sur d'importantes contestations.

Le second, moins pessimiste (on n'ose écrire plus optimiste), postule une situation économique dégradée mais pas catastrophique et une division des groupes contestataires qui devrait juguler les manifestations. Le terrain n'en reste pas moins miné : « il faut craindre le retour de conflits durs et ponctuels, en particulier dans les entreprises qui annonceraient des suppressions d'emplois ou mettraient en œuvre des politiques salariales restrictives », notent les auteurs.

Des solutions pour tenir

Dans cet univers, les DRH vont être soumises aux vents les plus mauvais, venant de différents horizons. Trois domaines retiennent l'attention d'Entreprise et Personnel. Pour la renégociation des 35 heures, l'association recommande avant tout de la prudence. Elle suggère de lier la réflexion sur la durée à celle sur les conditions de travail. Travailler plus, pourquoi pas, pourvu que ce soit mieux. En outre, les entreprises, où il n'y a pas de conflits ouverts, ne doivent pas se réjouir trop vite : le désengagement silencieux pourrait croître.  Enfin, les DRH doivent être attentives en matière de rémunération, l'inflation peut nourrir toutes les revendications salariales.

L'instabilité financière actuellement à l'œuvre semble donner raison au pessimisme des auteurs. Toutefois, les catastrophes, quand elles se réalisent - et nous n'y sommes pas encore - ont au moins un avantage : après elle, tout devient possible.

Christophe Bys

(*) La note est signée de Jean-Marc Le Gall, avec les contributions de Jean-Marie Pernot et d'Olivier Théophile.

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