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L'Usine Matières premières

Le retour de la surproduction d'acier

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Les sidérurgistes font face à la crise en tentant de limiter leur production

Le retour de la surproduction d'acier

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Chaque baisse de 1% de la croissance du PIB se traduit par une diminution de 1,9% de celle de la consommation d'acier, estiment les analystes de Citi Investment Research dans un rapport intitulé « Le Resserrement du crédit pourrait asphyxier l'acier ». Avec la crise des liquidités, l'hypothèse d'une baisse vite achevée de la demande s'éloigne alors que le rebond attendu de la consommation de métaux en Chine, après le ralentissement lié aux Jeux Olympiques, a fait long feu. Indicateur de ce ralentissement, le tarif du fret maritime, représenté par l'indice Baltic Dry Index, a été divisé par quatre depuis son pic de mai. La question n'est plus de savoir s'il y a des surcapacités, explique ainsi Peter Marcus de World Steel Dynamics, mais comment vont faire les aciéristes pour y faire face. D'autant que les capacités de production vont encore augmenter de 5% en 2009 alors que de nombreuses usines tournent déjà au ralenti.

Malgré des marchés boursiers qui ont divisé de moitié sa capitalisation depuis le début de l'année, ArcelorMittal maintient ses objectifs de résultat et table sur un ebitda de plus de 8,5 milliards de dollars au 3e trimestre. « Malgré la crise financière actuelle, le ralentissement économique en Chine et la forte réduction des stocks sur les marchés de l'acier, nous nous réjouissons de prévoir une progression de la rentabilité au second semestre de cette année », a tenté de rassurer Lakshmi Mittal, PDG de l'entreprise. L'aciériste a mis en action un plan de réduction de sa production déjà en recul de 15 à 20% en Ukraine et au Kazakhstan. ArcelorMittal, qui vend 80% de sa production sur les marchés spot, envisagerait également des baisses de charge en Europe et en Amérique du Nord. Une politique que devrait également suivre Corus, aujourd'hui détenu par Tata Steel.

En Chine, quatre des principaux sidérurgistes contrôlés par l'Etat - Shougang, Hebei Iron & Steel, Anyang Iron & Steel et Shandong Iron & Steel  - ont décidé de réagir en diminuant jusqu'à 20% leur production d'acier, annonçait hier Zou Jiang, le président de la China Metallurgical Mines Association. Xu Lejiang, le président de Baosteel, le numéro un chinois de l'acier, avait récemment admis lors d'une conférence, que ses ventes étaient en baisse et que la faiblesse du marché local avait réduit les commandes. En août, la production chinoise d'acier avait déjà reculé à 42,57 millions de tonnes (Mt), soit 2,33 Mt de moins. Cette modération de la production devrait freiner une chute des prix qui ont, selon Citigroup, perdu 17% depuis juillet.

Prenant en compte la récession dans les pays occidentaux et le sensible ralentissement de la croissance en Chine - soit seulement 2,2% de croissance globale en 2009 -, les analystes d'UBS tablent sur un repli des prix moyens de l'acier. De 894 dollars en 2008, le prix des bobines de laminé à chaud à la grande exportation en Europe devrait reculer progressivement à 785 dollars en 2009, puis 743 dollars en 2010. Les prix actuels de la tonne d'acier sont encore sensiblement au-dessus des 650 dollars, ce qui correspond à son coût de production, a calculé Peter Marcus.

L'acier va se concentrer

S'il y a un sujet sur lequel sont d'accord les principaux responsables de la sidérurgie mondiale, c'est bien la poursuite de la concentration du secteur sous le fouet de la crise qui s'annonce. « Notre industrie est encore très fragmentée », constatait Louis L. Schorsch, président de la branche aciers plats d'ArcelorMittal America, lors du 42e Congrès de l'Association Mondiale de l'Acier (l'ancien IISI). Une opinion partagée par le patron de Nucor, Daniel R. DiMicco, notant que de nombreuses sociétés allaient être fragilisées. « La consolidation du secteur a été très saine pour notre industrie. Personne ne connait le futur, mais je pense que les fondamentaux indiquent que de nouvelles concentrations vont se réaliser », surenchérissait Alexeï Mordashov, directeur exécutif de Severstal. Cinq ou six sociétés devraient à terme contrôler près de la moitié d'une production mondiale de 1,4 milliards de tonnes, augure le dirigeant de ThyssenKrupp, Karl-Ulrich Kohler.

Daniel Krajka

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