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Le redressement productif selon Montebourg : le compte n'y est pas

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Publié le , mis à jour le 16/05/2013 À 16H24

Il y a un an, jour pour jour, Arnaud Montebourg prenait ses fonctions de ministre du Redressement productif en suscitant de grandes attentes. En douze mois, il se sera surtout battu pour les usines qui ferment, oubliant un peu trop d'accompagner des secteurs en pleine croissance comme l'aéronautique ou le numérique.

Le redressement productif selon Montebourg : le compte n'y est pas © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Après une année de redressement productif, en relisant les ambitions exprimées il y a un an lors de la prise de fonction d'Arnaud Montebourg, on a beau cherché, le compte n'y est pas. Le parangon du Made in France n'a pas réussi à inverser le phénomène de désindutrialisation qui frappe l’hexagone. L'industrie continue de décliner dans notre pays et le sentiment dominant parmi les chefs d'entreprise, c'est que le problème de la compétitivité des usines françaises n'a toujours pas été traité sur le fond (il suffit pour s'en convaincre de voir les thèmes portés par les candidats à la présidence du Medef). La loi sur l'emploi ou le crédit d'impôt de 20 milliards d'euros ne remporte que de faibles suffrages auprès des capitaines d'industrie qui jugent que ces avancées vont dans le bon sens mais pas assez loin.
 
Arnaud Montebourg n'est évidemment pas le seul responsable de cette désillusion mais il y a contribué. Le ministre de l'Industrie s'est fait piégé - un peu volontairement- par les dossiers épineux des usines qui ferment. Après ses saillies verbales sur la famille Peugeot suite à l'annonce de la fermeture d'Aulnay, ces échecs dans le sauvetage d’ArcelorMittal à Florange ou de Petroplus à Petit-Couronne lui collent à la peau et lui valent une solide cote d'impopularité auprès de certains patrons, petits ou grands.

Ce serait évidemment trop simple de réduire son action à ces trois usines mais on doit reconnaitre qu'Arnaud Montebourg n'a pas, pour l'instant, réussi à exister sur d'autres sujets plus positifs. Il ne s'est pas autorisé, par exemple, à s'emparer du numérique pour laisser exister Fleur Pellerin, et c'est sans doute un tort. En tant que ministre de tutelle, il aurait pu utiliser ce secteur en plein développement et médiatiquement porteur pour changer vraiment l'image – vieillotte - de l'industrie. Il n'a pas su non plus exploiter l'éclatante santé de la filière aéronautique. Quand Airbus a signé un méga-contrat il y a quelques mois, ce fut sous l'égide de François Hollande... Enfin, Arnaud Montebourg n'a pas su non plus définir de stratégie claire. Son plan de reconquête industrielle a fait long feu en laissant tout le monde sur sa fin. Aucun cap précis n'a encore été fixé pour l'industrie française des prochaines années, aucune perspective qui permettrait de mobiliser les énergies autour d'objectifs communs et partagés.

C'est regrettable. Car le ministre du redressement productif a beaucoup de talent pour mener à bien, et avec succès, un tel chantier. L'engagement, la foi et l'énergie qu'il déploie pour la cause industrielle n'avaient plus été vus et ressentis depuis longtemps dans ce maroquin. Son verbe et son poids politique (avec ses 17% à la primaire socialiste) font que sa voix porte fort et loin. Dommage qu'il ne s'en serve pas pour susciter la mobilisation pro-industrielle qu'il appelle pourtant de ses voeux. Ce n'est pas en stigmatisant les uns et en entretenant les illusions des autres qu'il réussira à assurer un avenir à nos usines.

Thibaut De Jaegher

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