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L'Usine Matières premières

Le recycleur Paprec conclut le rachat de Coved

Franck Stassi ,

Publié le , mis à jour le 06/04/2017 À 14H19

Le recycleur français Paprec vient d’acter le rachat de Coved auprès de la Saur, pour un montant de 225 millions d’euros. Face à l’éventualité d’une sortie de l’euro, promue par Marine Le Pen, actuellement en tête des sondages en vue de la présidentielle, son PDG Jean-Luc Petithuguenin rappelle également que ses dettes sont libellées avec la monnaie unique.

Le recycleur Paprec conclut le rachat de Coved

Le président-directeur général du groupe Paprec, Jean-Luc Petithuguenin, a officialisé jeudi 6 avril le rachat de Coved pour un montant de 225 millions d’euros. Annoncée dès le mois de décembre, cette acquisition, avalisée le 29 mars par l’Autorité de la concurrence et conclue mercredi 5 avril, permettra à Paprec de porter son chiffre d’affaires annuel à 1,5 milliard d’euros. 3200 personnes rejoindront les effectifs du groupe, qui comptera désormais 8000 collaborateurs. "Pour la première fois, un acteur fera la moitié du chiffre d’affaires réalisé respectivement par Sita et par Veolia. Il y a une logique de concentration. Le métier du recyclage évolue de manière considérable. En plus de vingt ans, nous avons fait plus de 1 milliard d’investissements en France", a souligné Jean-Luc Petithuguenin, propriétaire de l’entreprise qu’il a fondé en 1994. Le nouvel ensemble collectera 10 millions de tonnes de déchets chaque année.

Désormais filiale à 100% de Paprec, Coved, qui appartenait jusqu’alors à la Saur, opère dans les métiers de la collecte, du tri, du traitement, du stockage et de la valorisation des déchets. L’entreprise réalise 350 millions d’euros de de chiffre d’affaires et 41 millions d’euros d’Ebitda. Directeur général adjoint de Paprec, Stéphane Leterrier en est nommé directeur général. "C’est un groupe qui a de vrais savoir-faire, mais pénalisé par ses actionnaires qui ont fait faillite, et les banques n’ont pas voulu abandonner toutes leurs créances en prenant le contrôle. Un jour ou l’autre, elles vendront l’activité de la Saur, qui n’a pas vocation à être filiale de BNP Paribas et de BPCE", a lancé Jean-Luc Petithuguenin, en référence à l’histoire tourmentée de la Saur et de sa filiale déchets.

Il s’agit de la quatrième tentative de Paprec d’acquérir Coved, dont le nom restera. Pour digérer cette acquisition, Paprec appliquera une méthode de "travail en commun" avec les équipes en place, conformément à la politique appliquée à la soixantaine d’entreprises déjà entrées dans son giron. Paprec vient par ailleurs d’émettre 225 millions d’euros de green bonds, en plus d’une première vague de 480 millions lancée en 2015. Ces dettes obligataires qualifiées de "vertes" en raison du projet environnemental et social de l’entreprise devront permettre de développer conjointement Paprec et Coved.

Haro sur la sortie de l'euro

"Le problème, ce n’est pas la réduction de la dette, mais le fond du débat, c’est que cette dette, dont la maturité est de sept ans, est libellée en euros", a expliqué Jean-Luc Petithuguenin, embrayant ainsi sur son autre actualité forte du moment, à savoir le courrier adressé à ses salariés afin de les avertir du danger représenté par une potentielle application du programme économique défendu par Marine Le Pen, à l’heure où l’ensemble des sondages placent la présidente du Front National en tête des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle. "Si Marine Le Pen envisage que le nouveau franc se dévalue de 25% par rapport à l’euro pour redonner de la compétitivité à l’économie française (!), elle augmentera en conséquence nos dettes de 25%", a écrit le chef d’entreprise, rappelant qu’il n’entendait toutefois pas "interférer" dans les choix politiques de ses équipes.

"La première fois où j’ai écrit aux salariés, c’était lors de la crise financière de 2008, car plus aucune matière ne se vendait dans le monde entier. Nos recettes ont été divisées par deux brutalement. J’avais pris l’engagement que la dernière mesure prise toucherait l’emploi. Je suis sorti de la crise en n’ayant licencié personne. Devant les sondages catastrophiques et devant l’éventualité, assez sidérante, d’une victoire du FN au deuxième tour, j’ai indiqué que ce programme était dangereux pour les entreprises", a martelé Jean-Luc Petithuguenin, qui se dit prêt à assumer les conséquences de cette prise de position pour son groupe.

Une introduction en Bourse d'ici deux à trois ans

L’environnement politique étant intimement lié aux initiatives liées au développement du recyclage, le PDG de Paprec observera avec attention les projets du futur gouvernement. "Je suis un grand pragmatique, et je regarderai quel sera le programme du nouveau ministre de l’Environnement. Il voudra aller vers beaucoup de recyclage, mais à quelle vitesse ? On était dans une vitesse de déplacement lente avec Ségolène Royal. Fillon et Macron veulent accélérer sur le recyclage", lance-t-il. Il rappelle toutefois que les mentalités bougent – au 1er janvier 1990, 100% des déchets des tours du quartier de La Défense partaient en incinération et, au 1er janvier 2018, 100% des tours disposeront d’un programme de recyclage de leurs déchets.

La prochaine étape du développement de Paprec sera son introduction en Bourse, "d’ici deux à trois ans". Ce projet est évoqué depuis de nombreuses années pour les équipes de l’entreprise. Pas question, en revanche, de s’aventurer, avant l’IPO, à l’international : "aujourd’hui, mon entreprise n’est pas prête à un grand mouvement à l’international, il faut qu’on consolide nos bases françaises et suisses", assure Jean-Luc Petithuguenin.


Cap sur le digital

Le secteur du recyclage n’échappe pas à la digitalisation, explique le PDG de Paprec. "Aujourd’hui, l’essentiel de la collecte est assurée par un chauffeur et deux ripeurs à l’arrière du camion. En innovation, le bras qui va chercher la poubelle peut être robotisé", illustre Jean-Luc Petithuguenin. Deux applications ont également été lancées par le groupe. "La première peut permettre à un citoyen de signaler à sa collectivité et au gestionnaire de déchets qu’il a vu un tas de déchets posé dans une rue. Un autre exemple est une nouvelle plateforme numérique qui permet de se renseigner sur le réseau de déchetteries en fonction de ses biens, avec le temps de parcours jusqu’à la déchetterie (avec Waze) et le temps d’attente à la déchetterie", précise-t-il.

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