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"Le recyclage des cartouches d'encre peut encore être amélioré", estime Sylvie Boisanté de Cart’Touch

Franck Stassi ,

Publié le

Entretien Entretien avec Sylvie Boisanté, porte-parole du consortium Cart’Touch, dédié à la collecte et au recyclage des cartouches d’encre par les fabricants.

A la fin de l’année, l’accord-cadre signé pour la période 2012-2015 entre les fabricants de systèmes d’impression, les acteurs des cartouches d’impression bureautique et le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l'Energie arrivera à échéance. Cette initiative visait l’évaluation des modes de collecte, la mise en place de nouveaux systèmes, la promotion d’une gestion responsable des déchets et la sensibilisation des utilisateurs à l’intérêt d’une démarche "durable". Sylvie Boisanté, porte-parole de Cart’Touch, le consortium qui l’a porté, et responsable du développement durable de Brother France, répond aux questions de L’Usine Nouvelle.

L'Usine Nouvelle - Quel regard portez-vous sur la démarche de la filière des cartouches d’impression engagée il y a quatre ans?
Sylvie Boisanté - Cette initiative signée en novembre 2011 par quatorze marques fabricantes de matériels d’impression et de copie a porté ses fruits, en engageant le ministère de l’Environnement et l’Ademe. Nous devions mettre en place des modes plus performants de collecte, engager tous les acteurs de la filière dans une gestion responsable des déchets et sensibiliser les consommateurs. Pour ce faire, nous avons établi un partenariat avec les points de retrait Mondial Relay, au sein desquels les cartouches des particuliers sont récupérées lors de la livraison de colis, nous avons engagé des acteurs tels que les remanufactureurs et la grande distribution dans notre démarche, et nous avons créés une marque (Cart’Touch) ainsi qu’un site internet. Nous comptons repartir sur un autre accord en 2016.

21,5% des tonnages mis sur le marché par les marques ont été collectés par les fabricants en 2014. Comment ce taux pourrait-il être amélioré ?
Les fabricants de matériel d’impression doivent continuer de travailler en direction des consommateurs pour améliorer ce taux, même s’il faut rappeler que la collecte n’est pas leur cœur de métier. Ce chiffre exclut la collecte effectuée par des acteurs indépendants ou par les entreprises reconditionnant des cartouches : dans l’ensemble de la filière, le taux de collecte est de 60%. Une réutilisation accrue des consommables selon le type de matériel et de technologie, la récupération de pièces pour de nouveaux consommables, et un meilleur démantèlement des pièces pour séparer les parties plastiques et métalliques, réutilisées ou revendues, sont autant de pistes d’amélioration en matière de recyclage.

Les fabricants ne peuvent-ils pas agir à la source afin de faciliter le recyclage de leurs produits?
Nous travaillons sur la composition des plastiques et sur la sélection de ceux-ci, afin d’aboutir à des cartouches plus simples à réutiliser ou à valoriser. La facilité de démantèlement des cartouches constitue également un point d’amélioration, parallèlement à une optimisation des process de broyage dans les usines. Le développement des ventes de consommables plus capacitaires, qui correspondent à de gros volumes d’impression et permettant de réduire la fréquence d’achat (d’où un nombre d’emballages réduit), fait également partie de nos pistes de réflexion, même s’il faut veiller à ne pas pénaliser les consommateurs dont les volumes d’impression sont plus faibles.

Quels sont vos objectifs pour l’élaboration d’un nouvel accord-cadre en 2016?
Nous réunissons en novembre les acteurs de la filière et le ministère de l’Environnement, en essayant d’obtenir davantage de signatures. Nous devrons nous organiser pour gérer les conséquences de l’intégration, à l’horizon 2018, des cartouches d’encre au régime des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). Dans la plupart des cas, les DEEE arrivent mélangés dans les usines, et sont broyés ensemble. Or, aujourd’hui, les cartouches ne sont pas immédiatement broyées après leur collecte, mais peuvent par exemple être réutilisées ou valorisées sous forme énergétique. Nous comptons essayer de garder autant que possible les spécificités de notre mode de collecte. Pour l’année 2016, l’objectif de collecte des DEEE est de 45%, alors que l’ensemble de notre filière est déjà à 60%.

Propos recueillis par Franck Stassi

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