Le recrutement des astronautes de l’agence spatiale européenne, du rêve à la réalité

Devenir astronaute est le rêve de millions de personnes. Les campagnes de recrutement sont plus rares que de nombreux phénomènes astraux. Lumière sur le processus et les enjeux d’un recrutement avec Sébastien Rouquette, ancien candidat.

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Le recrutement des astronautes de l’agence spatiale européenne, du rêve à la réalité

Affecté par l’agence spatiale européenne (ESA) en 2014 à la mission Proxima, Thomas Pesquet décolle le 17 Novembre 2016 pour la station spatiale internationale (ISS). Cinq ans de préparation pour six mois dans l’espace et devenir au passage le 10ème spationaute français à quitter l’orbite terrestre.

En plus de 50 ans, l’agence n’a recruté que 23 astronautes pour faire partie du corps européen. Ils ne sont plus que 14 en activité aujourd’hui. La dernière campagne de recrutement a eu lieu en 2008, 8400 candidats pour six sélectionnés. Des chiffres qui donnent le vertige surtout quand on ne fait pas partie de ceux qui ont la tête dans les étoiles. Retour sur terre avec un ancien candidat, Sébastien Rouquette.

Un processus de recrutement en 5 étapes

L’ESA a recruté à quatre reprises : 1978, 1991, 1998 et 2009. Sébastien Rouquette, chef de projet vols paraboliques au CNES et du développement des expériences éducatives au sein de la mission a participé à la dernière campagne de recrutement. Docteur en astrophysique et planétologie, il intègre le CNES en tant qu’ingénieur en 2000. En 2008, quand l’agence spatiale ouvre son appel à candidatures, Il fait partie des 8500 postulants et s’engage dans un long processus de recrutement en 5 étapes. Tous les prérequis sont validés : avoir un diplôme universitaire de 3ème cycle scientifique, une expérience professionnelle de plus de 3 ans, une excellente forme physique et maîtriser l’anglais. Sébastien Rouquette ira jusqu’à la 3ème étape avec 191 autres postulants dont le dossier a été retenu. Tous ont également passé une première batterie de tests psychologiques à Hambourg. A partir de là "on peut se dire candidat astronaute […] Ca a été une grande joie"

Des candidats aux profils similaires

L’ingénieur ne connait pas les critères qui ont pu l’écarter dans le processus. Depuis 2014, il collabore activement avec Thomas Pesquet pour préparer la mission Proxima. Dans leurs échanges, le spationaute qui a gagné son ticket pour l’espace lui confie que tous les candidats avaient des parcours professionnels, des profils personnels et des pratiques sportives très proches. "J’avais atteint la limite d’âge de 37 ans, le plus vieux astronaute sélectionné en avait 34. J’ai également quatre enfants", ce qui expliquerait selon Sébastien Rouquette qu’il n’ait pas été plus loin dans le processus de recrutement.

Potentiellement une prochaine campagne de recrutement en 2020

Deux facteurs font que l’ESA déclenche un recrutement : l’âge moyen du corps d’astronautes européens et les opportunités de vols négociés avec les agences spatiales américaine, russe et chinoise. L’ancien candidat estime que l’agence spatiale européenne pourrait lancer une prochaine campagne de recrutement lorsque l’ensemble des 14 membres du corps d’astronautes aura effectué deux vols spatiaux. 2020 paraît une fenêtre de tir raisonnable. "Je le ferai même si je ne suis pas dans la tranche d’âge. Je suis encore plus aguerri", explique Sébastien Rouquette, d’ors et déjà prêt à postuler à nouveau.

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