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L'Usine Matières premières

Le rebond des matières premières, un "faux départ" selon Goldman Sachs

Myrtille Delamarche , ,

Publié le

Les marchés des matières tanguent. Après un plongeon quasi-généralisé ces dernières années, la conjonction de plusieurs indicateurs macro-économiques a provoqué un rebond des cours de la majorité des matières premières. Rebond qui devrait rapidement être contrarié par un retour aux fondamentaux : les marchés restent en surplus.

Le rebond des matières premières, un faux départ selon Goldman Sachs © Paul Lowry / Flickr / CC

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Pourquoi les prix remontent ?

A cause de la conjonction de trois phénomènes que les analystes matières de Goldman Sachs ont nommés dans une note du 7 mars "les 3 R", pour ré-inflation, réalignement et ré-endettement. La ré-inflation fait écho à la légère hausse des prix. Le réalignement au tassement du différentiel entre la croissance des Etats-Unis et celle observée sur les marchés émergents. Et le ré-endettement est celui des acteurs (Etats producteurs et compagnies pétrolières et minières) qui profitent de ce mini-rebond pour se redonner un peu d’air. Soit, respectivement, les phénomènes inverses des "3 D" qui avaient fait chuter les matières en 2015 : déflation, divergence et désendettement.

Plus concrètement, les baisses de production de pétrole hors-Opep, à la fois aux Etats-Unis (faute de financements) et chez les producteurs à coûts élevés (faute de marges), ont fait remonter les prix de l’énergie. Si l’Opep veut encore croire à un rééquilibrage entre offre et demande en 2016, l’Agence internationale de l’énergie, elle, le prévoit toujours pour 2017, alertant même sur le risque de choc si les investissements continuaient à baisser. Dans ce cas, la production pourrait s’avérer rapidement insuffisante pour répondre à la demande en hausse.

Sur les marchés des métaux, le faible niveau des exportations chinoises d’acier en février, conjugué à des mesures contracycliques de Pékin pour relancer la consommation intérieure – facilitation du crédit notamment – a permis au minerai de fer de reprendre 60% sur son plus bas niveau de 2015. L’or, reprenant son rôle historique de valeur-refuge pour les investisseurs et les banques centrales, a bondi de 20% depuis début 2016 sur fond d’affaiblissement du dollar et de craintes pour la croissance américaine.

Pourquoi ça ne va pas durer

"Ce sursaut est prématuré et n’est, à notre avis, pas durable", tranche l’équipe de Jeffrey Currie chez Goldman Sachs. Et nombreux sont les analystes, de Citi à la Société Générale, qui partagent leur point de vue : les marchés restent en surplus, à l’exception de quelques-uns comme le nickel, qui semble montrer un début de retournement.

Pour les autres, ce sursaut des prix est auto-destructeur, en ce qu’il va empêcher l’assainissement du marché en offrant un peu plus de résilience à des acteurs non-rentables qui n’en ont déjà montré que trop. "Les marchés de l’énergie ont besoin de prix plus bas pour maintenir le niveau de stress financier nécessaire au processus de rééquilibrage", affirme Goldman Sachs, qui prédit un retour à la divergence américaine portée par la croissance des chiffres de l’emploi et de la consommation. "Seul un réel déficit physique peut créer une hausse durable qui n’interviendra pas avant plusieurs mois. Les marchés de matières sont des marchés physiques au comptant, pas des marchés financiers qui anticipent sur des prévisions", affirme la banque d’affaires américaine, qui maintient sa prévision de forte volatilité du baril dans une fourchette située entre 40 dollars (niveau de stress financier) et 20 dollars (niveau de stress opérationnel).

L’or devrait, lui aussi, redescendre de ses sommets (1 265 dollars l’once) vers la barre des 1 100 dollars, poussé à la baisse par les bons chiffres de l’économie américaine et un dollar fort. La hausse des cours des métaux de base, enfin, ne tiendra pas au-delà de l’effet d’annonce des mesures de soutien chinoises. Goldman Sachs ne voit pas de remontée durable tant que la construction chinoise n’aura pas donné de signe de reprise. La banque maintient ses prévisions de prix sur le cuivre à 4 500 dollars la tonne à court-terme (contre 5 000 actuellement). Quant à la folle envolée du fer à 60 dollars la tonne, la majorité des analystes la voient s’essouffler rapidement avec des  prévisions de prix moyen situées entre 35 et 38 dollars la tonne en 2016.

Finalement, les hausses récentes des prix des matières ne seraient, selon Goldman Sachs, que des faux départs indispensables pour tirer les leçons des surplus actuels.

Myrtille Delamarche

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