Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Le rapprochement Atos-Gemalto créerait un leader européen dans la sécurité numérique, l’Internet des objets et le paiement

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Avec l’offre de rachat de Gemalto, Atos vise à créer un leader européen dans les technologies et services de sécurité numérique, d’Internet des objets et de paiement. Le groupe verrait son centre de gravité se déplacer des services vers l’industrie avec 18 usines, contre une seule aujourd’hui.

Le rapprochement Atos-Gemalto créerait un leader européen dans la sécurité numérique, l’Internet des objets et le paiement
Thierry Breton, PDG d'ATOS à la manoeuvre pour avaler Gemalto
© Guittet Pascal

Thierry Breton, le PDG d’Atos, frappe un grand coup. En lançant une offre amicale de rachat de Gemalto, il compte redessiner pronfondément le contour de son groupe. "Cela fait un certain temps que nous étudions soigneusement cette opération et nous sommes convaincus de l’intérêt qu’elle présente pour les salariés, les clients et les actionnaires des deux entreprises, confie-t-il lors de la Web conférence organisée ce 12 décembre 2017 pour les analystes financiers. Nous sommes décidés à la conduire jusqu’au bout."

Acquisition la plus importante et la plus structurante

Atos se présente aujourd’hui comme un groupe de services du numérique construit par une succession d’acquissions. Aux commandes depuis novembre 2008, Thierry Breton a poursuivi ce mode de croissance externe avec notamment le rachat de Siemens IT, Bull et Xerox ITO, doublant la taille de l’entreprise. A 4,3 milliards d’euros, l’OPA sur Gemalto constituerait son acquisition la plus importante et la plus structurante. La direction de Gemalto affirme l’étudier avec attention avant de donner sa réponse d’ici le 15 décembre 2017.

Si l’opération aboutit, elle créerait un groupe de 115 000 personnes, dont 19 500 en France, et 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires, leader européen dans la sécurité numérique, l’Internet des objets et le paiement. « Dans ces trois domaines, Atos et Gemalto apportent des technologies, produits et services complémentaires, insiste Thierry Breton. Avec la combinaison des deux, nous aurons des solutions de bout en bout. Il y a de fortes synergies potentielles à la fois en termes de croissance du revenu et de réduction des coûts. La combinaison créerait une force de R&D de 6 000 personnes et 700 millions d’euros par an

Taille critique dans la sécurité numérique

Dans la sécurité numérique, Atos est présent dans les solutions et services de cybersécurité avec un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros. Gemalto apporterait ses compétences dans l’authentification, la protection des données, le cryptage, les documents d’identité électroniques, la biométrie ou encore les solutions de sécurité pour les gouvernements. La combinaison des deux créerait un acteur de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans ce domaine, considéré comme une taille critique par Thierry Breton.

Dans l’Internet des objets, Atos voudrait combiner son offre Codex AI de calcul à hautes performances, big data et intelligence artificielle avec les solutions de machine-to-machine de Gemato dans des secteurs comme l’automobile, les transports, la santé ou l’énergie, de façon à atteindre 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans ce domaine promis à fort développement.

Des solutions de bout en bout dans le paiement

Enfin, dans le paiement, Atos opère dans les services avec sa filiale Worldline. Avec les cartes bancaires et services associés de Gemato, le groupe étendrait sa présence sur toute la chaine de valeur du marché et dépasserait la barre des 2 milliards d’euros de chiffre. "Cela nous donnerait la possibilité d’être présents avec des solutions de bout en bout et étendrait la portée de nos services auprès des banques et des opérateurs télécoms en relations étroites avec Gemalto", justifie le patron d’Atos.

Cette opération arrive à un moment où Gemalto traverse une mauvaise passe due à la diminution de la demande et la baisse des prix dans ses deux activités historiques : les cartes bancaires et les cartes SIM. Une situation qui oblige l’entreprise de Philippe Vallée à mettre en œuvre un plan d’économie. Avec à la clé, la suppression de 288 postes en France en plus des 40 emplois liés à la fermeture d'une partie de l'activité de Netsize.

Mais Thierry Breton se montre confiant dans l’avenir. "Les difficultés dans les cartes bancaires, liées à l’évolution du marché américain vers le standard EMV, son passagères, estime-t-il. Nous sommes confiants dans les perspectives de cette activité à long terme." En revanche, aucun commentaire sur le marasme qui frappe les cartes SIM et qui est dû à l’attentisme des opérateurs télécoms dans l’évolution de leurs réseaux.

Entrée dans la production de cartes à puce

Cette opération aurait pour effet de modifier le profil d’Atos en déplaçant son centre de gravité des services du numérique à l’industrie. Le groupe a déjà fait un premier pas dans ce sens avec le rachat en 2014 de Bull, devenant constructeur de serveurs à hautes performances et de supercalculateurs avec une usine à Angers. Avec Gemalto et ses 17 usines dans la fabrication de modules électroniques, de personnalisation de cartes bancaires ou de production de documents d’identité pour les gouvernements, dont trois en France (Gémenos, Pont-Audemer et Tours), il franchit une étape importante dans sa transformation et deviendrait le numéro un mondial des cartes puces. Thierry Breton mise sur l’expérience du groupe dans l’intégration des acquisitions pour réussir ce rapprochement stratégique qu’il juge "très important" pour l’avenir de son entreprise.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle