« Le rachat de Bulgari pourrait appeler d’autres rapprochements dans le luxe »

Pour François Arpels, l’annonce récente du rachat de Bulgari par LVMH pourrait donner le coup d’envoi à un mouvement de concentration dans le luxe en 2011. « Beaucoup de petites maisons familiales, notamment en Italie, cherchent des partenaires pour se développer », assure le Managing director, spécialiste du luxe chez la banque d’affaires Bryan Garnier.

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 « Le rachat de Bulgari pourrait appeler d’autres rapprochements dans le luxe »

Avec le rachat de Bulgari, LVMH signe la plus grosse acquisition de son histoire, en déboursant 4,3 milliards d’euros. Pourquoi le groupe français a-t-il choisi de s’emparer du joaillier italien ?

Le groupe de Bernard Arnault cherchait à se renforcer dans le secteur de la joaillerie-horlogerie. Malgré de belles marques comme Fred, Chaumet et De Beers, il ne disposait pas d’une marque associant forte notoriété et véritable dimension internationale sur ce secteur. Bulgari lui offre une complémentarité presque parfaite dans tous ses métiers : joaillerie, horlogerie, parfumerie et cosmétiques, accessoires (maroquinerie, soie, etc), et même hôtellerie. La marque lui permet d’accentuer ses positions et se de renforcer en Asie. Bulgari réalise 46 % de son chiffre d’affaires sur ce continent.

De son côté, le fabricant italien cherchait à se développer ; la famille n’ayant jamais caché son ambition d’en faire le 1er joaillier au monde. Mais pour cela, des moyens financiers importants sont nécessaires. S’associer à LVMH va lui permettre de se développer dans le monde en ayant l’assurance que les codes de la marque soient préservés. La famille fondatrice se voit aussi conforter. Paolo et Nicola Bulgari, petits-fils du fondateur, vont non seulement participer à la direction opérationnelle de la Maison et, en complément, son directeur général, Francesco Trapani, leur neveu, va prendre en charge l’ensemble de la division joaillerie-horlogerie de LVMH.

Ce rachat peut-il donner le coup d’envoi à d’autres regroupements dans le luxe ?


Oui, il y a beaucoup de « maisons », de taille plus modeste, notamment en Italie, possédant de forts savoir-faires, déjà assez présentes et reconnues internationalement qui cherchent à se développer. Elles sont souvent détenues encore par les familles fondatrices, et il n’est pas sûr que les branches descendantes aient des intérêts convergents favorisant un actionnariat uni. Des sociétés comme Brioni, Loro Piana ou, en France, Longchamp, pourraient se laisser tenter par une cession à un partenaire assurant une liquidité pour certains actionnaires, la pérennité de leur marque et leur développement, notamment en Asie où se fait l’essentiel de la croissance du luxe. Parmi des cibles plus importantes, l’anglais Burberry, l’américain Tiffany & Co ou même l’Italien Prada, qui doit s’introduire en bourse bientôt.

PPR a indiqué depuis plusieurs mois qu’il souhaitait se renforcer dans le luxe. Mais pour l’instant, les décisions se font attendre et il semble se faire quelque peu doubler par son rival LVMH sur les acquisitions récentes. Pourquoi cet attentisme ?

Je ne comprends pas pourquoi on prête autant de rivalité entre LVMH et PPR sur le luxe. Le groupe de François-Henri Pinault dispose de marques très sophistiquées (Yves-Saint Laurent, Gucci, Bottega Veneta, Boucheron, Balenciaga), et, à mon avis, a mis en œuvre une stratégie plus sélective dans ses choix que LVMH. PPR semble préférer prendre son temps pour choisir la marque qui collera le plus fidèlement aux critères qu’il s’est fixé. Il en a largement les moyens depuis la vente de Conforama en décembre pour 1,2 milliard d’euros. Par ailleurs, à la différence du groupe de Bernard Arnault, il développe un pôle lifestyle autour de Puma qui pourrait aussi se renforcer par acquisition.

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