Le rachat d'Anheuser-Busch tourne à l'affaire d'Etat

Les dirigeants du brasseur américain chercheraient à fusionner avec Modelo, le fabricant mexicain de la Corona, pour échapper à l'offre de InBev. Aux Etats-Unis, un élan patriotique se forme pour sauver la « Bud » d'une acquisition par un groupe étranger.

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Le rachat d'Anheuser-Busch tourne à l'affaire d'Etat
Budweiser passera-t-elle sous pavillon belge ? « Tout mais pas ça » pourrait résumer l'élan patriotique qui traverse le Missouri depuis l'annonce de l'offre d'achat non sollicitée du groupe InBev sur le brasseur Anheuser-Busch. Pour éviter la collusion avec la maison-mère de Stella-Artois et Leffe, une alliance avec le producteur de la Corona, le Mexicain Modelo, serait en négociations.

Alliance mexicaine. Anheuser-Busch, qui détient déjà 50 % du capital de Modelo, aurait approché son directeur général Carlos Fernandez en vue d'un accord. Aucune des deux sociétés n'a commenté cette information du Wall Street Journal, mais l'opération pourrait suffire à contrer l'offensive de InBev. Cette acquisition, estimée à 10 milliards de dollars, augmenterait sensiblement la valeur de Anheuser-Busch. En effet, pour l'instant, le prix par action proposé par InBev - 65 dollars - représente une enveloppe de 46,3 milliards. Dans l'hypothèse ou InBev relèverait son offre à 70 dollars, ce qui paraît possible pour les analystes, la valorisation atteindrait près de 50 milliards de dollars.

Levée de boucliers. Les dirigeants du groupe basé à Saint-Louis, a priori hostiles à l'offre de InBev, ont d'ores et déjà obtenu un franc soutien local. Le sénateur républicain du Missouri Kit Bond, dans un courrier, s'est inquiété de la concentration qui résulterait de l'opération au regard des lois antitrust. La sénatrice démocrate Claire McCaskill s'y oppose également. « En mon nom et celui de tous ceux qui n'aiment rien plus qu'une Bud Light chaque été, c'est très énervant », a-t-elle déclaré. Le gouverneur de l'état a déjà, quant à lui, entamé des actions visant à contrecarrer le rachat.

Symbole américain. « Autant que le baseball, l'apple-pie et la bière glacée, Anheuser-Busch est un pur produit américain », clame le site « Sauvez Anheuser-Busch », créé pour l'occasion par un ancien collaborateur du gouverneur. Il appelle les « générations d'Américains élevés avec les produits d'Anheuser-Busch » à rejoindre son combat, qui pourrait même être endossé par le candidat républicain à la présidence John McCain. Sa femme et ses enfants détiennent 1 million de dollars en actions du groupe, et son beau-père a fondé une société de distribution qui s'affirme comme le troisième grossiste de Anheuser aux Etats-Unis, rapporte Associated Press.

Pour les habitants du cru, l'hypothèse du rachat de ce symbole de la convivialité américaine irrite au plus haut point. Il ne faut pas oublier que la communication de Budweiser, sponsor régulier du Super Bowl, qui s'est notamment illustré en 2005 par un film TV patriotique mettant en scène des soldats américains de retour d'Irak, est très ancrée autour du sentiment d'appartenance aux valeurs de l'Amérique.

Si bien qu'à un sondage réalisé par le journal St. Louis Post-Dispatch, demandant à ses lecteurs si Bud pourrait toujours être considérée comme une « grande bière américaine » dans le cas où Anheuser-Busch deviendrait la propriété d'un industriel étranger, les lecteurs (809) ont répondu "non" à 74 %.

En savoir plus :
InBev : 46 Md $ sur la table pour le rachat de Anheuser-Busch (12/06/2008)

Raphaële Karayan


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