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Le rachat d'Alstom par GE franchit le dernier obstacle

Manuel Moragues , ,

Publié le

L'Etat a trouvé un accord dimanche 22 juin au soir avec Bouygues pour sa prise de 20% du capital d'Alstom. Le dernier obstacle à l'offre de General Electric, que le conseil d'administration d'Alstom a approuvée samedi, est franchi. Fin de deux mois d'intenses négociations.

Le rachat d'Alstom par GE franchit le dernier obstacle

Sommaire du dossier

Il fallait boucler l'affaire avant l'ouverture de la Bourse ce lundi 23 juin. C'est fait. Dimanche soir Bouygues et Bercy ont annoncé s'être entendus au sujet du rachat par l'Etat de 20% du capital d'Alstom à Bouygues. La condition posée vendredi dernier par Arnaud Montebourg, le ministre de L'Economie, à son aval à l'offre de rachat de General Electric est remplie. Il n'y a plus d'obstacle à l'opération, que le conseil d'administration d'Alstom avait approuvée la veille, samedi.

Cette participation de 20% a été âprement négociée tout le week-end. L'Etat veut acheter les parts de Bouygues dans Alstom au prix du marché, soit 28 euros l'action. Bouygues, qui les a inscrites à 34 euros dans ses comptes, ne veut pas les vendre à moins de 35 euros. L'accord trouvé entre Bouygues et Bercy stipule que l'Etat pourra acheter les 20% à Bouygues au prix minimum de 35 euros pendant 20 mois après la clôture de l'acquisition d'Alstom par GE, prévue début 2015. A l'issue de ce délai, l'Etat disposera de huit jours pour acheter jusqu'à 15% du capital d'Alstom à Bouygues, au prix du marché cette fois. D'ici là, l'Etat est libre d'acheter des actions d'Alstom sur le marché. Au cours de vendredi, les 20% que vise Bercy valaient 1,7 milliard d'euros.

Reste Joe Kaeser

Cette ultime tractation est le point final de deux mois d'intenses négociations. Au final les principaux acteurs du dossier peuvent afficher leur satisfation. Patrick Kron, le PDG d'Alstom, peut comme il le souhaitait adosser le pôle énergie de son groupe à General Electric. Jeffrey Immelt, le PDG de l'américain, met la main sur sa cible prioritaire, les activités d'Alstom dans la vapeur et le gaz, et garde le contrôle opérationnel des coentreprises 50/50 dans les réseaux et dans l'hydroélectrique et l'éolien en mer. Arnaud Montebourg obtient les alliances qu'il cherchait avec ces coentreprises et sécurise la souveraineté de la France dans le nucléaire. Il renforce – très symboliquement – la branche ferroviaire d'Alstom avec la cession par GE de son activité dans la signalisation. Martin Bouygues peut se désengager d'Alstom et engranger le cash dont il a besoin.

Reste Joe Kaeser. Econduit, le PDG de Siemens ne baisse pas les bras pour autant. "Nous sommes toujours prêts à discuter", a-t-il déclaré dans un entretien au journal allemand Bild. Et d'ajouter, pointant le long chemin qui reste à faire, notamment auprès des autorités de la concurrence, pour valider le rachat d'Alstom : "Ce n'est pas encore fini !". La saison 2 du feuilleton Alstom ne fait en effet que commencer.

Manuel Moragues

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