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L'Usine Aéro

Le Qatar mise sur le made in France

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Le Qatar mise sur le made in France
Emmanuel Macron, super-VRP de la France à Doha, le 7 décembre.

L’exploitation et la maintenance du métro de Doha, 12 Rafale, 50 Airbus, 490 véhicules blindés vendus au Qatar… Après Nicolas Sarkozy et François Hollande, au tour d’Emmanuel Macron d’endosser le costume de super-VRP de la France. Outre l’affirmation d’un partenariat stratégique de haut niveau pour lutter contre le terrorisme, la visite du ­Président de la République au Qatar aura permis de faire avancer les intérêts des industriels tricolores, avec plus de 11 milliards d’euros de commandes, lettres d’intention comprises. Le riche émirat gazier devient l’un des premiers clients de la France en matière d’armement, alors que, au cours de la période 2007-2016, l’Arabe saoudite s’imposait largement comme son principal acheteur dans la péninsule arabique, avec un volume de contrats de près de 12 milliards d’euros.

Pour le ministère des Armées et ses grands fournisseurs, cette visite était plus qu’attendue. L’industrie de l’armement, cadencée par des programmes qui s’étalent sur des dizaines d’années, est tributaire des commandes remportées à l’exportation pour donner de la charge aux usines et bureaux d’études, financer les nouveaux programmes d’innovation… Après deux ans de négociations à la suite de l’acquisition de 24 premiers Rafale en 2015, la France a convaincu le Qatar de lever son option pour 12 appareils supplémentaires. Pour le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, présent à Doha, ce contrat, estimé à 1,1 milliard d’euros, confirme l’envol à l’export de son appareil. L’avionneur franchit la barre des 96 appareils vendus auprès de forces étrangères (Qatar, Égypte et Inde). Ce succès a deux conséquences. D’une part, il consolide pour plusieurs années la ligne d’assemblage de Mérignac (Gironde), menacée un temps par la baisse des livraisons aux forces armées tricolores, qui ne réceptionneront que trois appareils en 2018. Sachant qu’il faut compter trois ans entre la commande et la livraison d’un Rafale, l’effet export est déjà sensible pour les sous-traitants en amont de la chaîne d’approvisionnement qui produisent entre deux ou trois jeux d’équipements de Rafale par mois. D’autre part, ce succès permet au groupe de traverser plus sereinement les fortes turbulences rencontrées par son activité civile.

Des armes et des services

Stéphane Mayer, le PDG de Nexter Systems, avait également fait le déplacement. L’ex-Giat Industries rentre de Doha avec une lettre d’intention pour l’achat de 490 VBCI (véhicules blindés de combat d’infanterie). Un espoir sérieux de premier contrat à l’export pour ce véhicule à huit roues motrices qui a fait ses preuves avec l’armée française dans des pays aux conditions climatiques sévères, comme l’Afghanistan et le Mali. Le contrat potentiel est estimé à au moins 1,5 milliard d’euros en fonction de la configuration du véhicule (surveillance, combat, PC central…) et de l’armement retenus. Ce contrat renforce globalement KNDS, l’entité née en 2015 de l’alliance entre Nexter et l’allemand KMW, auprès du Qatar, qui avait déjà acquis des munitions et des chars allemands. Nexter Systems espère que ce succès le placera en position de force pour répondre à la compétition que doit lancer le ministère de la Défense britannique. « Cette étape prouve la compétitivité de notre offre alors que le segment des blindés à huit roues motrices est très concurrentiel », se félicite l’industriel, qui était opposé au finlandais Patria et à l’américain General Dynamics.

Le Qatar ne s’amourache pas seulement du militaire français. Il en pince également pour les services. Suez a obtenu un contrat de 107 millions d’euros pour la dépollution des sols des lagons d’Al Karaana. Le savoir-faire des entreprises français est reconnu depuis longtemps au Moyen-Orient en matière de dessalement, de dépollution, de gestion de l’eau. Mais le contrat le plus visible est sans aucun doute pour les transports. Qatar Rail, l’opérateur national de transport public, a choisi le consortium franco-qatari formé par Hamad Group (51 %), RATP Dev et Keolis (49 %) pour la maintenance et l’exploitation du réseau de métro de Doha, dont le premier tronçon entrera en service le 31 octobre 2018. Un contrat qui comprend aussi le tramway de Lusail, construit par un consortium comprenant Alstom et Vinci. Le contrat est prévu pour une durée de vingt ans et estimé à environ à 3 milliards d’euros.

Une expertise recherchée

« Les autorités qatari avaient une exigence avec une échéance incontournable, la Coupe du monde de football de 2022, se réjouit Bernard Tabary, le directeur exécutif international de Keolis. Elles ont compris que Keolis et RATP Dev ont une expérience inégalée dans la gestion des métros automatiques et des tramways. Cela a un côté rassurant pour le client. » Les Français ont gagné face à l’allemand Arriva (groupe Deutsche Bahn), au chinois de Hongkong MTR, au britannique Serco, aux japonais JR West et Mitsubishi et au français Transdev. La filiale de la SNCF avait ciblé depuis un moment le Moyen-Orient comme zone de développement. C’est sa première implantation. Son partenaire, RATP Dev, semble quant à lui en bonne position pour remporter l’appel d’offres en vue d’exploiter pendant dix ans six nouvelles lignes automatiques du métro de Riyad avec le saoudien Saptco. RATP Dev et Saptco exploiteront ensemble un futur réseau de bus dans la capitale saoudienne. 

« Une véritable reconnaissance de l’excellence française »

Laurence Batlle, présidente du directoire de RATP Dev

  • La signature pour le métro de Doha marque-t-elle le début du contrat ?

Non, nos équipes sont déjà sur place depuis le 1er novembre. Cette signature est un précontrat. La signature définitive interviendra vraisemblablement fin janvier.

  • Comment expliquer cette victoire au nez et à la barbe des Allemands, Britanniques, Chinois et Japonais ?
C’est une véritable reconnaissance de l’excellence des entreprises françaises dans le domaine du métro automatique et du tramway. Avoir allié nos forces a été un atout considérable. C’est un contrat relativement unique avec un réseau de métro à Doha de 75 kilomètres et 18 kilomètres de lignes de tramway à Lusail. La première tranche du métro sera en service fin octobre 2018. La période de préparation est donc très courte. Et nous devons respecter l’échéance de la Coupe du monde de football en 2022, avec l’ouverture de l’ensemble du réseau.
  • Cette réussite en appelle-t-elle d’autres au Moyen-Orient ?
Dans la région, RATP Dev a déjà remporté un très beau contrat avec le saoudien Saptco pour la mise en service, l’exploitation et la maintenance du futur réseau de bus à Riyad. Toujours avec ce partenaire, nous attendons la réponse de l’appel d’offres du métro de Riyad, 180 kilomètres de réseau.

 

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