Le projet de loi de finances oscille entre rigueur et relance

C’est le premier projet de loi de finances sans augmentation des prélèvements obligatoires depuis cinq ans, se félicite le gouvernement. Le PLF prévoit cependant 21 milliards d’euros d’économie en 2015 sur l’administration tout en sanctuarisant le pacte de responsabilité.

Partager
Le projet de loi de finances oscille entre rigueur et relance

C’est à un subtil jeu d’équilibriste auquel le ministre de l’Economie et des comptes publics a dû se livrer pour élaborer le projet de loi de finances 2015. Dans un contexte de croissance très faible (+0,4 % en 2014 et 1 % en 2015, prévus par le gouvernement) et d’inflation basse (+0,6 % en 2014, +0,9 % en 2015), le gouvernement ambitionne d’amorcer la réduction des déficits publics tout en soutenant l’économie.

"Dans ce contexte économique défavorable, le gouvernement a décidé de maintenir sa stratégie économique présentée au printemps", a déclaré Michel Sapin, avant de présenter le PLF 2015 au conseil des ministres du 1er octobre. Le plan d’économie de 50 milliards d’euros d’ici 2017, dont 21 milliards d’euros en 2015 est ainsi confirmé.

Ces efforts d’économie porteront sur tous les organes publics. L’Etat et ses agences devront réduire leur train de vie de 19 milliards d’euros, dont 7,7 milliards d’euros en 2015 ; les collectivités locales devront réaliser 11 milliards d’euros d’économie, dont 3,7 milliards d’euros en 2015 ; et les économies sur la protection sociale atteindront 20 milliards d’euros, dont près de 10 milliards d’euros en 2015.

L’objectif de 3 % de déficit public repoussé

Selon le gouvernement, cet effort devrait permettre de faire passer le déficit public sous la barre fatidique des 3 % du PIB… Mais seulement en 2017. Le déficit public atteindra 4,4 % du PIB en 2014 et ne baissera que de 0,1 point en 2015.

A condition que la croissance soit au rendez-vous. Pour cela, Michel Sapin mise notamment sur un renforcement de la compétitivité des entreprises. "La montée en charge du CICE et le déploiement du pacte de responsabilité et de solidarité représenteront une baisse de prélèvement sur les entreprises de plus de 40 milliards d’euros à l’horizon 2017, a déclaré le ministre de l’Economie. Nous allons ainsi restaurer l’équivalent des marges perdues entre 2007 et 2012."

Le CICE a déjà commencé à produire ses effets, même si sa montée en puissance a été plus faible que prévue. Pour 2015, le gouvernement prévoit encore 5,5 milliards d’euros d’allègement du coût du travail sur les entreprises et 1 milliard d’euros de baisse de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés), en plus du CICE.

Du côté des ménages, la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu devrait coûter 3,2 milliards d’euros aux finances publiques. Elle bénéficiera aux ménages les plus modestes.

La balle dans le camp de l’UE

Pour relancer la croissance, Michel Sapin met toutefois la balle dans le camp de l’Union européenne. "La question qui se pose n’est pas celle de la croissance en France, mais celle de la croissance dans la zone euro, a-t-il dit en référence à la réunion des ministres des Finances du G20 en Australie, fin septembre. Que faisons-nous pour retrouver cette croissance indispensable ?"

Pour le ministre de l’Economie, la France a commencé à faire sa part du chemin. "L’Europe, elle aussi, doit prendre ses responsabilités, dans toutes ses composantes. La composante monétaire l’a déjà fait", explique-t-il, en référence à la politique de baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne.

Arnaud Dumas

0 Commentaire

Le projet de loi de finances oscille entre rigueur et relance

Tous les champs sont obligatoires

Votre email ne sera pas publié

Sujets associés

SUR LE MÊME SUJET

NEWSLETTER Economie Social et management

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L’USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le modèle coopératif façon Mondragon

Le modèle coopératif façon Mondragon

Nouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage au Pays basque espagnol. Il s'y est rendu pour nous faire découvrir Mondragon, la plus grande...

Écouter cet épisode

Vendre la Joconde, chiche !

Vendre la Joconde, chiche !

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Stéphane Distinguin, auteur de "Et si on vendait la Joconde" sorti ce 19 janvier 2022 aux éditions JC Lattés, répond aux questions...

Écouter cet épisode

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Dans le podcast "Inspiration", Julie Manou Mani, journaliste et productrice, répond aux questions de Christophe Bys. Elle revient sur sa reconversion vers le journalisme après des études...

Écouter cet épisode

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

En 2020, année de la crise Covid, la recherche française aura été au centre de toutes les attentions. En cause, l'incapacité de la France à développer son propre vaccin....

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L’USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

LE CNAM

Ingénieur chef de projet bâtiment H/F

LE CNAM - 18/01/2022 - CDD - PARIS

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS