Economie

Le projet de loi de finances oscille entre rigueur et relance

Arnaud Dumas , , ,

Publié le

C’est le premier projet de loi de finances sans augmentation des prélèvements obligatoires depuis cinq ans, se félicite le gouvernement. Le PLF prévoit cependant 21 milliards d’euros d’économie en 2015 sur l’administration tout en sanctuarisant le pacte de responsabilité.

Le projet de loi de finances oscille entre rigueur et relance © Dave Dugdale - Flickr CC

C’est à un subtil jeu d’équilibriste auquel le ministre de l’Economie et des comptes publics a dû se livrer pour élaborer le projet de loi de finances 2015. Dans un contexte de croissance très faible (+0,4 % en 2014 et 1 % en 2015, prévus par le gouvernement) et d’inflation basse (+0,6 % en 2014, +0,9 % en 2015), le gouvernement ambitionne d’amorcer la réduction des déficits publics tout en soutenant l’économie.

"Dans ce contexte économique défavorable, le gouvernement a décidé de maintenir sa stratégie économique présentée au printemps", a déclaré Michel Sapin, avant de présenter le PLF 2015 au conseil des ministres du 1er octobre. Le plan d’économie de 50 milliards d’euros d’ici 2017, dont 21 milliards d’euros en 2015 est ainsi confirmé.

Ces efforts d’économie porteront sur tous les organes publics. L’Etat et ses agences devront réduire leur train de vie de 19 milliards d’euros, dont 7,7 milliards d’euros en 2015 ; les collectivités locales devront réaliser 11 milliards d’euros d’économie, dont 3,7 milliards d’euros en 2015 ; et les économies sur la protection sociale atteindront 20 milliards d’euros, dont près de 10 milliards d’euros en 2015.

L’objectif de 3 % de déficit public repoussé

Selon le gouvernement, cet effort devrait permettre de faire passer le déficit public sous la barre fatidique des 3 % du PIB… Mais seulement en 2017. Le déficit public atteindra 4,4 % du PIB en 2014 et ne baissera que de 0,1 point en 2015.

A condition que la croissance soit au rendez-vous. Pour cela, Michel Sapin mise notamment sur un renforcement de la compétitivité des entreprises. "La montée en charge du CICE et le déploiement du pacte de responsabilité et de solidarité représenteront une baisse de prélèvement sur les entreprises de plus de 40 milliards d’euros à l’horizon 2017, a déclaré le ministre de l’Economie. Nous allons ainsi restaurer l’équivalent des marges perdues entre 2007 et 2012."

Le CICE a déjà commencé à produire ses effets, même si sa montée en puissance a été plus faible que prévue. Pour 2015, le gouvernement prévoit encore 5,5 milliards d’euros d’allègement du coût du travail sur les entreprises et 1 milliard d’euros de baisse de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés), en plus du CICE.

Du côté des ménages, la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu devrait coûter 3,2 milliards d’euros aux finances publiques. Elle bénéficiera aux ménages les plus modestes.

La balle dans le camp de l’UE

Pour relancer la croissance, Michel Sapin met toutefois la balle dans le camp de l’Union européenne. "La question qui se pose n’est pas celle de la croissance en France, mais celle de la croissance dans la zone euro, a-t-il dit en référence à la réunion des ministres des Finances du G20 en Australie, fin septembre. Que faisons-nous pour retrouver cette croissance indispensable ?"

Pour le ministre de l’Economie, la France a commencé à faire sa part du chemin. "L’Europe, elle aussi, doit prendre ses responsabilités, dans toutes ses composantes. La composante monétaire l’a déjà fait", explique-t-il, en référence à la politique de baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne.

Arnaud Dumas

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