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L'Usine Matières premières

Le prix du cuivre pourrait baisser encore en 2016

Myrtille Delamarche ,

Publié le

Après une année 2015 de chute drastique des prix, l’industrie du cuivre attendait un répit, confortée par le rebond de ce début d’année. Mais le métal rouge n’en a pas fini avec les surplus de production, et le rebond pourrait n’intervenir qu’en 2020, d’après les données du dernier rapport annuel Thomson Reuters GFMS.

Variation des volumes de cuivre extraits en 2015, par rapport à 2014. ©ThomsonReuters/GFMS

Surplus et prix en baisse... Ces quatre dernières années, la production cumulée de cuivre a dépassé la demande de plus de 850 000 tonnes. Le surplus de 150 000 tonnes attendu en 2016 (contre 363 000 t en 2015) va faire monter ce chiffre à 1 million de tonnes sur cinq ans. Le cours du métal rouge a atteint en janvier son plus bas niveau en presque sept ans, à 4 318 dollars la tonne, avant de se reprendre légèrement (4 800 $/t). Pour mémoire, le cuivre tutoyait les 10 000 $/t en février 2011.

Retour à l’équilibre dans trois ans

"Finalement, la Chine ralentit mais n’a pas implosé et l’économie étatsunienne semble se maintenir, au lieu de plonger dans la récession. Mais combien de temps [le rebond des cours du cuivre] peut-il durer ?", questionnent les auteurs du rapport annuel Thomson Reuters GFMS. Les analystes prévoient un cours moyen au LME à 3 mois de 4 850 $/t en 2016. "Des coupes de production insuffisantes et une croissance réduite de la demande chinoise se conjuguent pour provoquer une baisse des prix [moyens annuels] en 2016, pour la cinquième année consécutive. Un surplus du même ordre est prévisible en 2017, avec une amélioration de la demande mais une reprise d’activité dans les mines et le raffinage", détaillent-ils.

Face à une demande de cuivre qui croît en moyenne de 3% par an, dès 2018, le surplus de production baisserait à 60 000 t pour un retour à l’équilibre aux alentours de 2020.

Extensions de capacités

Les projets d’extension annoncés cette année ne manquent pas, malgré un cours projeté pour quelques temps encore en deçà du seuil de rentabilité des nouveaux projets, évalué à 6 900 $/t. En 2015, déjà, l’extraction de cuivre dans le monde a augmenté de 3,5%, pour dépasser les 19 millions de tonnes.

Le Pérou est en pole position des hausses nationales de production minière en 2015 avec +23% (à égalité avec la Mongolie). Désormais troisième producteur mondial de cuivre derrière le Chili et la Chine, et devant les Etats-Unis, le pays connaît actuellement une grève dans la mine de Cerro Verde, où Freeport-McMoRan a réinvesti 4,6 milliards de dollars dans une expansion qui pourrait porter le site dans le top 3 mondial en 2017. En février, le Pérou avait augmenté sa production de 70% par rapport à la même période de 2015. Lima pourrait par contre déchanter dans les prochaines années. Après avoir attiré des promesses d’investissements miniers colossaux, le pays d’Amérique latine a vu annuler ou reporter des projets miniers (tous métaux confondus) d’une valeur d’investissement de 22 milliards de dollars.

En Zambie, où la chute des matières premières a frappé fortement avec la mise à l’arrêt de plusieurs mines de cuivre, Glencore vient d’annoncer un réinvestissement de 1,1 milliard en deux ans sur sa mine de Mopani. En revenant à sa pleine capacité de production (110 000 tonnes en 2018), Mopani pourrait hisser la Zambie au rang de 7e producteur mondial – devant la Russie et le Canada –, avec une capacité totale de 800 000 tonnes.

Déficit massif dans les décennies à venir

A long terme, Wood Mackenzie prévoit un déficit massif de 10 millions de tonnes (en 2030) qui justifie les investissements actuels. Le métal est plébiscité pour sa conductivité, la meilleure parmi les métaux de base. La demande sera donc tirée par la percée des énergies renouvelables et l’électrification des pays émergents. Mais aussi par la voiture électrique, qui contient en moyenne 68 kg de cuivre, contre 45 pour un modèle hybride et 23 kg dans un modèle classique.

Myrtille Delamarche

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