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Le président Xi Jinping veut accélérer la marche de la Chine vers l’autosuffisance dans les puces

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Le président chinois Xi Jinping ordonne d’accélérer le plan de localisation de la production de circuits intégrés électroniques en Chine. Avec la mission de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des Etats-Unis dans les composants les plus critiques, jugés essentiels à la souveraineté du pays.

Le président Xi Jinping veut accélérer la marche de la Chine vers l’autosuffisance dans les puces
Le président chinois Xi Jinping en visite de l'usine de puces de XMC à Wuhan
© Tsinghua Unigroup

La Chine devra accélérer sa marche vers l’autosiffisance dans les puces électroniques. C’est le président Xi Jinping qui l’ordonne. Et pour encourager les troupes sur le terrain, il s’est rendu, le 26 avril 2018, à l’usine de XMC, à Wuhan, filiale de Tsinghua Unigroup, fer de lance du plan national de développement dans les circuits intégrés électroniques.

La mission est claire : réduire la dépendance de la Chine vis-à-vis des Etats-Unis dans les composants les plus critiques, jugés essentiels à la souveraineté du pays. Le plan "MIC 2025", lancé en mai 2014, vise une autosuffisance de 40% en 2020 et 70% en 2025, contre moins de 15% aujourd’hui. Avec à la clé, un plan d’investissement de 1000 milliards de Yuan (l’équivalent de près de 150 milliards de dollars) en dix ans.

Plus de 55 projets déjà soutenus

Selon le cabinet d’études de marché TrendForce, le fonds national chinois d’investissement dans l’industrie des circuits intégrés, connu sous le nom de "Big Fund", cherche à lever 150 à 200 milliards de yuans, l’équivalent de jusqu’à 30 milliards de dollars, pour financer la deuxième phase de ce plan à partir de mi-2018. Au cours de la première phase, il a levé 140 milliards de yuans, l'équivalent de 21 milliards de dollars. A cela s’ajoute une manne de 80 milliards de dollars des fonds d’investissement provinciaux dans les circuits intégrés électroniques. Le soutien public a bénéficié à plus de 55 projets.

Depuis 3 ans, les Etats-Unis, qui dominent les semiconducteurs à 48% selon le SIA Factbook 2017, font tout pour contrecarrer ce plan, en s’opposant presque systématiquement aux fusions-acquisitions impliquant des investisseurs chinois. Ils sont allés jusqu’à interdire à ZTE, deuxième équipementier chinois des télécoms, l'achat de puces américaines pendant sept ans. Une mesure qui a mis en évidence la vulnérabilité de la Chine et incité Pékin à accélérer sa course à l’indépendance dans ce secteur clé.

La première phase du plan chinois accorde une priorité aux mémoires Dram et flash NAND au cœur de tous les équipements électroniques fabriqués en Chine. L’effort a bénéficié tout particulièrement à Tsinghua Unigroup qui, via sa filiale Yangtze Memory Technology Co, va offrir à la Chine sa première base de production de mémoires flash NAND 3D dès le deuxième semestre 2018. Deux autres acteurs locaux se préparent à lancer la fabricantion de mémoires Dram.

Positions monopolistiques des fournisseurs américains

Mais avec la sanction infligée à ZTE par Washington, la Chine prend conscience de sa vulnérabilité dans des composants plus critiques comme les processeurs, les modems cellulaires, les accélérateurs graphiques ou les circuits radiofréquences. Dans ces composants, essentiels aux PC, serveurs, mobiles ou équipements de réseaux, les Etats-Unis jouissent de positions monopolistiques à travers des fournisseurs comme Intel, Nvidia, Qualcomm, Broadcom, Skyworks ou Qorvo.

La deuxième phase du plan chinois devrait orienter son action envers ces composants. La Chine dispose d’acteurs locaux dans ce domaine comme HiSilicon Technologies (bras armé de Huawei dans les semiconducteurs), Sanechips (le bras armé de ZTE), Leadcore (bras armé de Datang Telecom) ou encore Unigroup Spredtrum RDA (filiale de Tsinghua Unigroup). Mais selon Sravan Kundojjala, analyste au cabinet Strategy Analytics, leurs produits sont tellement à la traine et peu compétitifs que des équipementiers comme Huawei ou ZTE préfèrent assouvir l’essentiel de leurs besoins auprès de fournisseurs américains.

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