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Le président de la Fédération française des télécoms demande des clarifications sur la 5G

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Publié le , mis à jour le 20/11/2019 À 12H11

[ACTUALISÉ] La France s'apprêterait à reporter les enchères sur la 5G à mars 2020, sur fond de désaccords entre le gouvernement et l'Arcep. Mercredi 20 novembre, le président de la Fédération française des télécoms (FFT) a demandé des clarifications.

Le président de la Fédération française des télécoms demande des clarifications sur la 5G
Les opérateurs français sont préoccupés par l'envolée des prix lors des enchères sur la 5G. /Photo d'archives/REUTERS/Benoit Tessier
© Benoit Tessier

Actualisation du mercredi 20 novembre : Les opérateurs télécoms en France ont besoin de "clarification" au sujet de la norme 5G, a déclaré mercredi 20 novembre le président de la Fédération française des télécoms (FFT), alors que les enchères sur les futures fréquences mobiles devraient être repoussées vers mars 2020. "Les opérateurs télécoms sont impatients mais nous avons besoin de clarification sur l'utilisation de tel ou tel équipementier pour prévoir nos investissements colossaux sur le long terme", a déclaré Arthur Dreyfuss sur BFM Business, en référence à l'équipementier Huawei déjà banni des réseaux 5G dans plusieurs pays dont les États-Unis. "Il y a des discussions entre le gouvernement et le régulateur, les opérateurs télécoms sont prêts", a-t-il ajouté.

Les enchères sur les futures fréquences mobiles 5G devraient être repoussées en France vers mars 2020, soit trois mois après la date prévue, ont déclaré à Reuters deux sources proches du dossier mardi 19 novembre. Le ministère des Finances et l'autorité de régulation du secteur, l'Arcep, discutent depuis des mois du prix ainsi que de la taille du spectre de fréquences attribuées, ont précisé ces sources au fait du dossier.

Divergences entre l'Arcep et le gouvernement

"Tout n’a pas encore complètement convergé entre l’Arcep et le gouvernement", a déclaré l'une des sources. "Ça ne devrait plus tarder, mais c’est quand on entre dans les derniers détails de la procédure que les difficultés apparaissent", a-t-elle ajouté.

Ces discussions sur la 5G ont retardé le processus juridique d'au moins trois mois, ont ajouté ces mêmes sources, les enchères devant initialement débuter en janvier. L'Arcep et le ministère des Finances ont refusé de commenter ces informations.

Les opérateurs français attendent fébrilement

Les règles du jeu de cette procédure sont attendues fébrilement par les opérateurs français - Orange, SFR (filiale d'Altice Europe), Bouygues Telecom et Free (Iliad) - préoccupés par l'envolée des prix lors des enchères 5G en Italie et en Allemagne pour quelque 6,5 milliards d'euros dans les deux cas. Les marchés s'inquiètent du coût potentiellement élevé de ces fréquences au moment où les acteurs français, éprouvés par des années de guerre des prix dans le secteur, doivent déjà mettre les bouchées doubles pour finir de déployer la 4G et la fibre sur le territoire.

La dernière adjudication de fréquences avait permis à l'État en 2015 de lever 2,8 milliards d'euros. Les fréquences proposées devraient se situer dans la bande des 3,4-3,8 gigahertz. La procédure devrait comporter deux phases : une première série de blocs serait cédée à un prix fixe tandis qu'une seconde série serait mise aux enchères à un prix plancher de "près de 1,5 milliard d'euros", selon l'une des deux sources.

Selon BFM Business, c'est sur ce prix plancher que l'État est en désaccord avec l'Arcep. Tandis que l'autorité souhaiterait garder des tarifs modérés pour encourager les investissements des entreprises, le gouvernement encouragerait un prix de départ plus haut pour couvrir ses dépenses. "Je pense qu'on va être à 4 [milliards], le double de ce qui était prévu en fait", estime Stéphane Dubreuil, président de Stallych Consulting, sur le plateau de BFM Business. Selon lui, le retard pourrait également grimper à six mois au lieu de trois, comme évoqué par les sources.

Un enjeu politique pour Emmanuel Macron

Alors que la 5G visait principalement à l'origine à aider les entreprises à se développer grâce au haut débit, elle est également devenue un enjeu politique pour Emmanuel Macron, qui souhaite en faire le symbole d'une France moderne et aux avant-postes du numérique. La 5G est déjà disponible dans neuf pays européens, dont l’Espagne, la Grande-Bretagne, l’Irlande, l’Allemagne et l’Italie, faisant de la France l’un des derniers grands pays du continent à adopter cette nouvelle technologie.

Selon la Fédération française des télécommunications, la 5G permettra de télécharger des données 10 fois plus rapidement que la 4G et sera également beaucoup plus fiable.

Avec Reuters (Mathieu Rosemain et Gwénaëlle Barzic, version française Jean-Michel Bélot, édité par Marine Pennetier et Simon Carraud)

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