Le président de BP serait sur la sellette, son DG à l'abri

LONDRES (Reuters) - Le directeur général de BP, Tony Hayward, devrait conserver son poste après son audition par le Congrès américain sur la marée noire dans le golfe du Mexique, mais le président du groupe, Carl-Henric Svanberg, reste en situation fragile, estiment des actionnaires et analystes.

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Le président de BP serait sur la sellette, son DG à l'abri

Les deux dirigeants ont affronté jeudi les reproches et la colère des parlementaires américain, qui accusent le géant pétrolier d'avoir pris des risques excessifs et d'esquiver ses responsabilités face à la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis.

Le titre BP, qui a perdu près de la moitié de sa valeur depuis le 20 avril, lorsque l'incident s'est produit, a fini en légère baisse vendredi à la Bourse de Londres mais a passé une partie de la séance dans le vert.

Les observateurs estiment que Tony Hayward s'est bien sorti de son audition au Congrès à Washington, tandis que l'annonce de la création d'un fonds de 20 milliards de dollars (16,3 milliards d'euros) pour couvrir les dommages causés par la marée noire est jugée apte à apaiser au moins en partie les craintes des investisseurs.

BP a également décidé de ne pas verser de dividendes pendant trois trimestres cette année.

"La prestation de Tony Hayward n'a pas été géniale mais cela aurait pu être pire. En tant qu'actionnaire, notre priorité absolue, c'était de voir que toutes les énergies étaient concentrée sur la réparation du puits accidenté", a déclaré à Reuters l'un des dix plus importants actionnaires du groupe, qui a requis l'anonymat.

SVANBERG TROP DISCRET ?

"Selon nous, Tony Hayward fait tout ce qu'il est possible de faire, mais le président du conseil d'administration ne s'en pas sorti si bien que ça du tout. On ne l'a quasiment pas entendu."

Le président de BP, Carl-Henric Svanberg, a présenté ses excuses mercredi pour avoir parlé de "façon maladroite" de "petites gens" à propos des personnes affectées par la marée noire après sa rencontre à la Maison blanche avec le président Barack Obama.

Un autre investisseur figurant dans la liste des 20 premiers actionnaires du groupe ajoutait: "De mon point de vue, il va être très, très difficile pour le président de surmonter cela. Cette fonction doit être occupée par quelqu'un de crédible sur la scène internationale, et il est clair que ce n'est pas le cas avec le titulaire actuel."

"Pour le moment, nous ne pensons pas qu'un débat sur un changement de management serait particulièrement salutaire. Nous n'avons pas intérêt à ce que la situation devienne encore pire que ce qu'elle est", a dit un autre des 10 plus gros actionnaires.

Collins Stewart et la Société générale ont relevé leurs recommandations à l'achat sur le titre, jugeant que l'ampleur de la baisse du cours de Bourse en faisait une valeur bon marché.

Selon Peter Hitchens, analyste chez Panmure Gordon, "il y a davantage de pression sur le président qui était, au moins au début, très peu connu".

"Je pense qu'à ce stade, il va falloir que quelqu'un parte, tant BP est dans l'embarras", a-t-il ajouté.

"Evidemment, tout le monde cherche un bouc émissaire, mais cela ne sera pas nécessairement (Tony Hayward). Cela pourrait être le président", a estimé de son côté Evgueni Soloviov, analyste à la Société générale.

Raji Menon et Sarah Young, Catherine Monin pour le service français, édité par Marc Angrand

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