Transports

Le port de Marseille, un patron généreux

Olivier Cognasse

Publié le

Un rapport de la cour des comptes épingle le port phocéen sur les avantages exorbitants de certains personnels.

Le port de Marseille, un patron généreux © D.R.

Près de 4 500 euros net par mois pour un portiqueur qui ne travaille que 3 heures à 3 heures 30 par jour. Telle est l'information massue du rapport de la Cour des comptes sur le port de Marseille. Il risque d'apporter de l'eau au moulin de ceux qui pensent que la présence écrasante de la CGT est la principale cause de la décadence du port phocéen, même si sa parution au moment du conflit sur la pénibilité tombe à pic pour le gouvernement.

Que dit ce rapport ? Il énumère les nombreux avantages dont bénéficie le grand port maritime de Marseille (GPMM) : une très bonne situation géographique sur l'axe Asie-Europe via le canal de Suez, un coût de passage moins élevé que celui de ses concurrents européens et un accès facile.

Pourtant, Marseille-Fos perd régulièrement du terrain face à ses concurrents européens. En 2010, il a encore reculé d'un cran derrière Amsterdam avec un trafic total de 86 millions de tonnes. Certes, le port affiche une activité en croissance (+ 3 %), mais après une année 2009 calamiteuse (- 13 %) la progression aurait due être beaucoup plus importante sans les conflits sociaux. Jean-Claude Terrier, le président du directoire du GPMM, évoque une hausse de « 8 % au premier semestre avant le retour des grèves ».

Des conflits à répétition

Le GPMM souffre d'investissements insuffisants et d'un hinterland trop limité. Le plan stratégique voté au printemps 2009 doit y remédier en partie. Reste le problème social, qui pousse de nombreuses entreprises à préférer Gènes ou Barcelone, voir même les ports du nord de l'Europe. Les conflits à répétition découragent de nombreux armateurs. Les chiffres publiés par la Cour des comptes laissent pantois.

En moyenne, un salarié toucherait 2 700 euros net par mois auquel s'ajouteraient des primes et indemnités diverses qui permettraient d'augmenter les revenus des dockers de 70 %. Sans compter une augmentation de 21 % en quatre ans sur le salaire brut. Le temps de travail effectif d'un portiqueur serait compris entre 3 et 3 heures 30 selon qu'il soit à Marseille ou à Fos-sur-Mer.

La CGT, qui condamne ce rapport, ne souhaite pas s'exprimer. Quant à la direction du port, elle le cautionne du bout des lèvres pour éviter de jeter de l'huile sur le feu. Pour Patrick Daher, le président du conseil de surveillance, « tout ce qui est dans ce rapport reflète un problème réel ou perçu, mais nous ne nous exprimerons pas sur les chiffres ».

La réelle volonté de la direction est de mettre en place un environnement stable qui passe par un nouveau dialogue social, « non pour interdire la grève, mais pour éviter qu'elle n'arrête l'activité ». Reste à convaincre la CGT des ports et docks…

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2 commentaires

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04/02/2011 - 19h37 -

J'ai vécu 40 ans à Marseille et je connais bien le problème,ceci n'est que la partie visible de l'iceberg. Le Port Autonome de Marseille finira comme la réparation navale à Marseille. Merci les syndicats.
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Nom profil

03/02/2011 - 18h52 -

Honteux !!! Je suis à un gros SMIC pour 40 h semaine je ne pleurais pas sur leurs sort le jour de la fin de leurs avantages irrationnels ...
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