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Le Polar Pod teste les 50 èmes hurlants dans les bassins de Centrale Nantes

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Le 8 mars à Nantes (Loire-Atlantique), l'explorateur Jean-Louis Etienne a supervisé les derniers essais sur maquette de sa plateforme d'exploration de l'Antarctique. Un projet de 10 millions d'euros dont la mise à l'eau est prévu pour 2017.

Le Polar Pod teste les 50 èmes hurlants dans les bassins de Centrale Nantes
Le Polar Pod teste les 50 èmes hurlants dans les bassins de Centrale Nantes
© Centrale Nantes

Si tout va bien, le Polar Pod, plateforme d'exploration antarctique, entamera en janvier 2017 sa lente dérive dans les eaux les plus hostiles du globe, les 50 èmes hurlants. Cette immense bouée habitée, semblable à un culbuto géant, se laissera porter pendant trois ans, à la vitesse d'un nœud, par le courant circumpolaire. "Là, les vents moyens sont de 25 à 35 nœuds avec des creux de 3 à 6 mètres… et jusqu'à 20 mètres", mentionne Stanislas Devoisine, capitaine du navire l'Astrolabe et conseiller du projet, qui arpente ces contrées plusieurs fois par an.

Ce lundi après-midi, au bassin des carènes de l'école Centrale de Nantes, le médecin-explorateur Jean-Louis Etienne, porteur du projet Polar Pod, supervisait une séance d'essais avec une maquette au 1/41ème. Si des essais ont déjà été réalisés en décembre, à Brest, dans les bassins de l'Ifremer, celui de Centrale Nantes permet de simuler des vagues de 20 à 22 mètres mais aussi des houles croisées de 7 à 11 mètres.

Un projet de 10 millions d'euros

Selon Jean-Louis Etienne, le projet, d'un coût de 10 millions d'euros pour la construction, est quasiment financé. Le principal sponsor, de nationalité française, se dévoilera fin mars. "Je n'ai jamais été aussi optimiste", confie l'explorateur. Le chantier qui construira le Polar Pod n'est pas encore désigné. Jean-Louis Etienne table sur un début de construction en fin d'année pour une mise en service au printemps 2016. Assurément, le chantier sera français et devra maîtriser les compétences nécessaires pour réaliser la structure supérieure en treillis, la plus exigeante techniquement. STX France sera naturellement consulté.

Que va-t-on chercher dans l'océan antarctique ? "Le premier train de mesures portera sur les échanges entre l'océan et l'atmosphère, la capacité qu'à cet océan, véritable puits de carbone, à absorber le CO2", mentionne Jean-Louis Etienne. Le deuxième volet portera sur des mesures acoustiques. Dans une mer déserte, avec un tirant d'eau de 70 mètres, la situation est idéale pour écouter la faune des profondeurs, mais aussi procéder à des tests d'acoustique active par émissions de sons. Polar Pod travaillera enfin sur la validation en mer de mesures faites par satellite. Elle est missionnée, sur ce troisième chapitre de recherches, par plusieurs laboratoires dont celui de l'agence spatiale européenne. Au total une quarantaine de laboratoires internationaux et plus de 80 chercheurs sont demandeurs des informations que recueillera le Polar Pod.

Le Polar Pod se veut quasi autonome en énergie

L'engin sera acheminé horizontalement par un remorqueur sur son lieu de dérive. Il sera ensuite ballasté (700 tonnes) pour prendre sa position verticale "avec 70 mètres de tirant d'eau et 30 mètres de tirant d'air", précise Laurent Mermier, de Ship-IT (Lorient et Nantes), l'architecte de Polar Pord. Sur la partie supérieure juchée sur un treillis métallique se trouve la nacelle en alliage d'aluminium, coiffée d'une voilure de 30 mètres d'envergure. C'est là l'habitacle où cohabiteront quatre marins et trois scientifiques relayés tous les deux mois. L'engin se veut quasi autonome en énergie avec quatre éoliennes et un système innovant de cloison sous vide (Saint-Gobain) pour une isolation maximale, "comme un gros thermos". L'eau douce sera produite par osmose inversée et les eaux usées retraitées. Objectif : zéro énergies fossiles.

Emmanuel Guimard

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