"Le plus gros frein à l’industrie en Corée du Nord, c'est la pénurie d’électricité"

Le président de la Corée du Nord, Kim Jong-Il, dont la santé était réputée chancelante depuis des années, est mort samedi 17 décembre. L'occasion pour L'Usine Nouvelle de revenir sur l'industrie de ce pays, héritier de l'ère communiste. "Une industrie plus moderne qu'on ne le croit", analyse Benoît Quennedey, auteur du livre à paraître L'économie de la Corée du Nord.

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L’économie de la Corée du Nord est dominée par l’agriculture, le charbon et l’acier. L'économie s'est effondrée après la disparition de l'URSS en 1991. Après un demi-siècle d'autarcie quasi-complète depuis la fin de la guerre de Corée, le pays a été touché dans la seconde moitié des années 1990 par une immense famine. En 2009, le PNB par tête était estimé à 1 800 dollars américains, selon les estimations de la CIA.

L'Usine Nouvelle - Quelle industrie a laissé Kim Jong-il derrière lui ?
Benoît Quennedey - J’ai pu observer le tissu industriel de près car j’ai visité des usines en 2005, 2006 et 2008. N’est visible que ce que le pouvoir veut bien nous montrer. Cela étant dit, les usines sont modernes, automatisées. loin du cliché de l'usine viellissante. Même si la Corée du Nord est un pays communiste, l’incessante compétition avec la Corée du Sud pousse le pays à rester productif. Par exemple, dans le développement des jeux pour portable, les produits sont exportés aux Etats-Unis. C’est bien que les produits sont jugés bons. La Corée du Nord a aussi une grande richesse minière avec du charbon, du cuivre et du plomb. Des terres rares ont été découvertes. Depuis la réforme de l’économie entérinée le 1er juillet 2002, les entreprises sont toujours nationales mais elles ont une autonomie de gestion concernant l’approvisionnement et la recherche de débouchés. Cette réforme tient compte des déficiences du système planifié. Elle permet aussi d’attirer des investissements étrangers, 1,5 milliard de dollars en 2009, provenant principalement de Chine.

Quels sont les difficultés dont héritera son fils Kim Jong-un ?
L’industrie a beau être de bon niveau dans les secteurs minier, du textile et de l’acier, les autres secteurs sont encore peu développés. Le plus gros frein à son développement est la production d’électricité insuffisante. L’industrie pourrait produire beaucoup plus puisque les usines s’arrêtent la nuit pour économiser de l'énergie. De plus, la production s’arrête à chaque coupure de courant. Ces coupures ont diminué, d’après ce que j’ai pu observer, mais cela reste un problème. Autre axe de développement : il n’y a aucune industrie de biens de consommation. Les produits de consommation courante viennent principalement de Chine.

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Les relations avec la Chine sont donc indispensables à l’industrie nord coréenne ?
Elles sont très importantes. D’abord, parce que c’est un partenaire commercial. Mais surtout parce que la Chine rompt l’isolement politique et économique de la Corée du Nord. La Corée du Nord a traité jusqu’en 1991 avec l’URSS et les démocraties populaires. Après l’effondrement du système, le pays a eu d’autres partenaires comme le Japon et même la France dans les années 1970. Mais depuis les essais nucléaires de 2006 et 2009, l’Onu a voté un embargo technologique et sur certains biens dits sensibles. Par exemple, les tubes de canalisations sont interdits à l’importation car un usage militaire pourrait en être fait. La solution pour la Corée est de traiter avec la Chine, plus souple dans son application de l’embargo, pour faire transiter certains biens.

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