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Le plus grand complexe hydroélectrique du monde sera congolais

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Un atelier a réuni, le 18 mai à Paris, bailleurs de fonds et candidats pour le développement de la première phase du plus grand projet de complexe hydroélectrique du monde, à l’ouest de la République Démocratique du Congo. L’engagement de l’Afrique du Sud sur l’achat de la moitié de la production de la première phase et une réduction des coûts de démarrage réveillent l’intérêt des bailleurs.

Le plus grand complexe hydroélectrique du monde sera congolais

Maintes fois repoussé faute de financement, le projet hydroélectrique du Grand Inga, en République Démocratique du Congo (RDC), pourrait finalement entamer sa première phase en octobre 2015. Le site, déjà doté de deux centrales vieillissantes (Inga 1 et 2), pourrait à lui seul alimenter en électricité la moitié de l’Afrique. À condition de voir se concrétiser les espoirs soulevés par la réunion tenue le 18 mai 2012, à Paris, où se trouvent les principaux conseils du gouvernement congolais sur ce projet : EDF, GDF et la banque Lazard.

Cet atelier a réuni bailleurs de fonds et groupements candidats à la réalisation de la première phase de ce chantier monumental, dont le coût total d’investissement est estimé à 80 milliards de dollars, pour une capacité de production de plus de 40 000 MW, soit deux fois la capacité installée du barrage des Trois Gorges, en Chine.

Un investissement étalé

Deux éléments sont venus encourager la relance de cet immense projet datant des années 1970 : son remaniement et un premier client de référence. "L’originalité de l’étude de faisabilité technique a été de séquencer le projet de Grand Inga en plusieurs centrales", explique Edouard Dahomé, directeur Afrique d’EDF.

L’étude réalisée par EDF, en collaboration avec Aecom et Nodalis, propose dans un premier temps l’économie d’un nouveau barrage, grâce à une prise d’eau sur un affluent du fleuve Congo (la Bundi), permettant de produire les premiers 4800 MW à un coût attractif. Dans un deuxième temps la construction d’un barrage en amont (Haute chute) ajoutera 3000 MW de capacité à cette même centrale d’Inga 3, en créant un rehaussement de la retenue d’eau. Enfin cinq centrales supplémentaires (Inga 4 à 8) installées sur la même retenue permettront d’atteindre la capacité totale de 42 081 MW, en échelonnant les coûts en fonction des besoins.

Pour cette première phase, un acheteur de référence est venu sécuriser l’investissement (pour un coût estimé à 12 milliards de dollars) : un accord de coopération énergétique signé à Lubumbashi, le 7 mars dernier, prévoit l’achat par l’Afrique du Sud de plus de la moitié (2500 MW) de la production électrique d’Inga 3 Basse chute.

Partenariat public-privé

"Les solutions de financement en partenariat public-privé vont être déterminantes pour la réalisation", selon Héla Cheikhourou, directrice du département énergie de la Banque africaine de développement, qui a rallié quatre autres bailleurs : la Banque mondiale, l’Agence française de développement, la Banque européenne d’investissement et la Development Bank of Southern Africa.

Côté secteur privé, trois groupements sont candidats au développement d’Inga 3. Le premier, chinois, réunit Sinohydro et Three Gorges Corporation. Le second associe les espagnols Actividades de Construccion y Servicios (ACS), Eurofinsa et AEE. Le dernier, coréo-canadien, regroupe Daewoo, Posco et SNC Lavalin. EDF, qui ne participe pas à cet appel d’offres à ce stade, se dit néanmoins "très attentif" aux grands projets hydroélectriques de ce type.

Pour la conduite de la mise en œuvre du projet, le gouvernement congolais est assisté par un consortium constitué du cabinet américain Orrick Herrington & Sutcliffe, de la banque d’affaires française Lazard Frères et de Tractebel Engineering, le bureau d’études de GDF Suez. Le cahier des charges étant en cours de finalisation, la date de sélection du groupement qui développera Inga 3 Basse chute n’a pas été communiquée, mais le choix entre les trois candidats devrait intervenir d’ici la fin 2013, pour une pose de la première pierre en octobre 2015.

Myrtille Delamarche

etude de faisabilité INGA aecom by L'Usine Nouvelle

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1 commentaire

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27/05/2013 - 15h03 -

Il serait bon d'envisager une plus grande consommation en RDC et plus particulièrement en Afrique centrale pour développer ce pôle.
L'amélioration de la gestion est un impératif pour l'optimisation du fonctionnement de ce géant électrique.
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