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"Le plan robotique va mobiliser jusqu’à 100 millions d’euros", selon Bruno Bonnell

Aurélie Barbaux , ,

Publié le , mis à jour le 19/03/2013 À 09H20

Entretien Bruno Bonnell, président du syndicat Syrobo, réagit à l’annonce, par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, du plan France Robots Initiative, pour développer en France une filière robotique de service.

Le plan robotique va mobiliser jusqu’à 100 millions d’euros, selon Bruno Bonnell © D.R.

L’Usine Nouvelle - Le plan robotique annoncé par Arnaud Montebourg vous satisfait-il ?

Bruno Bonnell - Ce plan est fondamental. Que la France s’affirme dans une des filières d’avenir, c’est le plus important. La robotique est un gisement de création de valeur d’innovation et d’emplois. Annoncer vouloir que la France soit leader en 2020, c’est une volonté politique forte. J’attends ce moment depuis longtemps. Je suis persuadé que notre formation, notre terroir de start-up va s’exprimer pleinement via ce plan. Je suis aussi très content car on n’est pas dans la "subventionite", mais dans la collaboration publique-privé motivante.

Est-il suffisamment ambitieux ?

Le plan va permettre de mobiliser jusqu’à 100 millions d’euros, dont les 60 millions d’euros du fonds Robolution Capital. Cela suffit largement pour faire décoller la filière. C’est plus efficace qu’un grand effet de manche qui aurait consisté à annoncer un plan de 40 millions d’euros dilués dans le temps. Surtout, ce plan a été construit avec les acteurs, après leur avoir demandé quelles initiatives ils pouvaient lancer, pour les aider ensuite à faire effet de levier. Le gouvernement est là pour donner un environnement favorable. Il ne faut plus croire à l’État providence, ni aux plans lancés sans le soutien de l’écosystème.

Ce n’est pourtant pas le grand plan robotique qui devait la faire entrer dans toutes les écoles ?

Si, ce plan va encourager les écoles à se mobilier. Certaines le font déjà, comme l’École supérieure de chimie physique électronique de Lyon, CPE Lyon, qui lance dès cette année une majeure en robotique. L’Insa et l’École Centrale se mobilisent aussi. Il y a un encouragement. Les futurs grands défis de recherche prévus dans le plan seront aussi des leviers pour booster la robotique à l’école. Et puis, en affichant les perspectives d’emploi, cela va créer des vocations.

Quand auront lieux les États généraux annoncés ?

Ils se tiendront à partir de l’année prochaine. Ce sera un moment un peu officiel où tous les acteurs pourront se réunir et exprimer leurs positions, leurs objectifs. C’est important de créer ce moment, ce rendez-vous de partage. C’est en s’organisant pour échanger que l’on pourra créer une dynamique.

Pourquoi le comité prévu n’est-il pas un comité stratégique de filière comme les autres ?

Parce que ce n’est pas une filière comme les autres. Elle va diffuser dans tous les autres secteurs. Il faut voir la robotique comme l’internet. Des métiers spécifiques mais aussi un vecteur de révolution dans tous les métiers, toutes les autres filières. On ne peut pas l’isoler. Il faut la construire comme une filière poreuse dans laquelle des métiers, des techniques, des machines vont diffuser. On ne l’a pas compris à temps avec internet. La robotique ne doit pas répéter les mêmes erreurs.

Un comité, des états généraux, c’est assez concret ?

Il ne faut pas sous-estimer la complexité de l’arbitrage qu’a dû réaliser le cabinet d’Arnaud Montebourg. Comme il y a un potentiel, tout le monde veut se l’approprier. Il a fallu discuter avec tous les ministères, l’Agriculture, la Santé… Et c’est normal. Car la robotique n’est pas un vecteur de réindustrialisation, mais de néo-industrialisation. Mais c’est un message qui va prendre du temps à être digéré, à être intégré.

Ce plan est important parce qu’il affirme une volonté gouvernementale d’y aller, comme avant nous l’ont exprimé la Corée, le Japon et en 2010 les Etats Unis avec un discours fort de Barack Obama. C’est ce concept de haut-parleur, d’amplificateur de message qui est fédérateur. À nous, acteurs de la filière, de continuer de convaincre. D’ailleurs c’est ce qu’exprime le nom du plan, France Robots Initiative. Mais c’est un plan sur 10 ans. Là, on a la chance d’avoir un Ministre qui parle au nom de la France. Je suis sûr que son annonce va inciter les fonds d’investissement au moins à se poser des questions, à regarder des dossiers, à en financer. Même si le plan ne sert qu’à ça, ce sera déjà un super coup !

Et les grandes entreprises françaises, sont-elles vraiment parties prenantes ?

Les grands comptes ont tous compris l’importance de la robotique dans leur structure. EDF, Thales y travaillent. Orange a créé un fonds Iris. C’est aussi important pour la Défense, le démantèlement. J’ai personnellement rencontré une vingtaine de grandes entreprises de différents secteurs. Elles ont toutes des projets, mais tous ne sont pas publics.

La robotique couvre un champ très vaste, ne faudra-t-il pas faire de choix ?

Si, il faudra en faire. Le plan indique déjà les secteurs les plus porteurs en termes de marché et de développement d’expertise : le transport -logistique, l’assistance aux personnes et défense-sécurité. Mais il n’est pas interdit de penser que le Thomas Edison de la robotique sera français, mais n’est pas encore dévoilé. S’il on ne le motive pas, il ne naîtra jamais.

L’actualité c’est aussi le salon Innorobo 2013. Du nouveau ?

Il sera plus grand avec 150 exposants qui présenteront 300 nouveaux robots dont 20 n’ont jamais été montrés en France. À voir notamment le Telenoide, un robot larve imaginé le professeur japonais Hiroshi Ishiguro, qui pousse la réflexion plus loin sur l’humanoïde. Est aussi présenté le PR2, qui est programmé par des Français, mais qui n’est jamais sorti du japon. Il y a aussi le bras chirurgien Rosa, qui opère le cerveau. Et nous attendons plus de 15 000 visiteurs. En trois ans, Innorobo s’est imposé comme le premier salon robotique en Europe.

Propos recueillis par Aurélie Barbaux

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