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Le plan innovation, un véritable business model pour Faurecia

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Entretien Quelques semaines après le Salon de Los Angeles, où Faurecia a présenté ses dernières innovations, l’Usine Nouvelle est revenue avec Philippe Aumont, vice-président en charge de l’innovation pour l'équipementier, sur les dernières créations de l’équipementier.

Le plan innovation, un véritable business model pour Faurecia © faurecia

Sur quel segment porte principalement vos innovations ?

Nous nous concentrons surtout sur le « clean », et plus particulièrement sur l’allégement des véhicules et la réduction des émissions de CO2. Ce sont les deux thèmes majeurs sur lesquels nous travaillons beaucoup, après une année importante pour Faurecia, marquée par des acquisitions.

Comment agissez vous pour alléger les véhicules ?


D’abord, nous nous intéressons à la question de l’allégement. Ce qui n’est pas fait par tout le monde. Avant, le poids des véhicules était une préoccupation des industriels automobiles mais jamais un élément de décision. Désormais, il est reconnu comme un des facteurs de contribution à la réduction des émissions de CO2. Le poids a un poids dans les décisions.

Et concrètement, comment agissez vous ? Quelles sont vos dernières innovations ?


Nous intervenons à tous les niveaux du cycle de développement : au stade de l’innovation, du développement des programmes et dans la vie des produits en les optimisant au maximum. Tous les leviers sont concernés, aussi bien les matériaux (nouveaux aciers, plastiques, substitution du métal par des composites) que sur l’architecture ou le design.
Parmi nos dernières innovations, il y a par exemple la dernière version du siège Susco, fait à partir de composites développés avec BASF, qui permettent de diminuer de 20 à 30% le poids des armatures du siège. C’est un des éléments sur lequel nous avons le plus de facilité d’alléger le véhicule, car il y a une adéquation entre l’importance de l’enjeu (baisser le poids du véhicule) et la possibilité de le faire (accessibilité). Les pré-développements réalisés avec les constructeurs peuvent aboutir dans ce domaine sur des applications en 2014 / 2015.

Vous avez aussi des projets dans le domaine du plastique ?


Oui, bien sûr. Par exemple, nous faisons baisser la densité du plastique en le faisant « s’expanser », grâce à une structure qui ressemble à de la mousse. C’est un produit qu’on peut utiliser pour les portes, les planches de bord et qui peuvent permettre de réduire de 15 à 20% le poids du véhicule. On devrait l’appliquer pour des véhicules prévus pour 2012/2013.

Est ce que Faurecia est associé au développement des véhicules électriques ?

Oui, sur tous les produits intérieurs et extérieurs. Il y a par exemple un véritable enjeu dans le domaine de l’acoustique, puisque avec ce type de véhicule, il n’y a plus de bruit de moteurs. On entend donc beaucoup plus les bruits extérieurs. Il faut donc chercher des solutions d’amélioration de l’acoustique. Sans oublier tout ce qui concerne le poids du véhicule, qui a des répercussions sur son autonomie.

Plus globalement, quel est votre objectif de réduction du poids du véhicule ?

Pour l’instant, les produits Faurecia présents sur un véhicule représentent 180 kg sur un véhicule de 1 300 kg. Soit environ 15% du poids. D’ici à 2015, nous tablons sur une baisse de 30% du poids du poids de nos produits, soit une baisse de 50 kg au total. En matière de réduction d’émissions de CO2, c’est considérable. Cela représente environ 5 grammes.

Sur quoi portent vos travaux dans le domaine des émissions de CO2 ?

Le groupe s’est beaucoup développé sur ce segment, notamment avec l’acquisition d’Encom cette année. Par exemple, en Europe, nous travaillons avec les constructeurs sur le passage de la norme Euro 5 à Euro 6 en 2014 et sur la mise en place du système de récupération des oxydes d’azote. Encom avait déjà travaillé sur ce segment pour équiper les poids lourds et nous devons désormais développer ce système pour les véhicules légers, qui ont des objectifs de coûts et de poids différents. Sachant en plus qu’il faut développer ces produits pour chaque catégorie de moteur chez chaque client!

Justement, comment se passe la collaboration avec vos clients sur la question de l’innovation ?


C’est le nœud du système ! Cela marche dans tous les sens. Lorsque Faurecia est un fournisseur stratégique du constructeur, comme c’est le cas pour Renault, PSA, Volkswagen ou BMW, le plan innovation est élaboré conjointement, avec plusieurs échanges et des revues régulières. Pour les autres constructeurs, nous répondons souvent aux « Request for innovation » lancées par les constructeurs.
Mais dans tous les cas, le travail en amont est très important car il faut que le plan innovation soit faisable et disponible dans le monde entier en même temps. Cela nécessite de nombreuses discussions et échanges. C’est un véritable business model.

Est-ce que certaines innovations entraînent d’importantes modifications au sein de la chaîne de production ?

Lorsqu’il s’agit d’une modification simple, on ajoute le nouvel élément sur une machine existante. Mais pour des innovations plus élaborées, comme la substitution d’un métal par des composites, certaines machines doivent évoluer avec une application laser ou collage. Et cela a de vraies conséquences sur l’outil industriel.
 

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