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Le plan en sept actions de la filière électronique pour se projeter dans l’industrie du futur

Ridha Loukil , ,

Publié le

Le cabinet Roland Berger présente aujourd’hui la feuille de route de la production électronique pour l’industrie du futur. Avec à la clé sept recommandations d’action pour aider cette filière, essentielle à la transformation numérique de l’ensemble de l’industrie, à profiter de la vague de l'Internet des objets industriels.

Le plan en sept actions de la filière électronique pour se projeter dans l’industrie du futur
Assemblage de cartes électroniques chez Lacroix Electronics

Le cabinet Roland Berger présente le mardi 12 décembre 2017 à la Fieec, la fédération des industries électriques, électroniques et de communication, aux représentants de la filière électronique et de la DGE (Direction générale des entreprises), la feuille de route de la production électronique intitulée "Vers l'industrie électronique du futur". Les industriels et le gouvernement en ont eu déjà un avant-goût avec un rapport intérmédiaire de 106 pages débattu en cercle fermé lors du World Electronic Forum en octobre 2017 à Angers. Datée du 3 novembre 2017, la version définitive, dont L’Usine Nouvelle s’est procuré une copie, fait 120 pages et va plus en détail dans ses recommandations d’action.

Recentrage sur l'électronique professionnelle

Le chantier a été lancé à l’été 2017 à l’initiative de "We Network", le cluster de l’électronique dans le Grand Ouest présidé par Vincent Bedouin, le patron du groupe Lacroix, sous l’égide de la Fieec, avec la participation des trois principaux syndicats professionnels de la filière : l’ACSIEL pour les composants et équipements de production, le SPDEI pour la distribution et le SNESE pour la sous-traitance. Il a mobilisé, pendant une centaine de jours, 25 groupes de travail aux membres issus de plus de 50 entreprises.

Les enjeux sont considérables. Avec la disparition de la téléphonie, un secteur où la France occupait une position phare dans le monde jusqu’au début des années 2000, la filière électronique s’est contractée, se recentrant sur les secteurs professionnels d'application : automobile, aéronautique, ferroviaire, médical, instrumentation, industrie, etc. Aujourd’hui, elle compterait 150 000 personnes concentrées dans trois grands bassins : le Grand Ouest (40 000 emplois), l’Auvergne-Rhône Alpes (36 000 emplois) et Ile de France (31 000 emplois). Un chiffre auquel s’ajouteraient 75 000 emplois disséminés dans les services électroniques d’entreprises d’autres secteurs comme Renault, Airbus, Alstom, Schneider Electric, Legrand, Thales ou SEB.

Opportunité historique

La filière dispose d’une "opportunité historique": la vague de l’Internet des objets industriels. "A l’horizon 2020, les objets connectés industriels dépasseront en valeur les objets connectés grand public, parce qu’ils ont besoin de robustesse, de cybersécurité, d’une durée de vie plus longue, de s’intégrer dans des milieux hostiles et difficiles, d’assurer des fonctions incomparables", confie Vincent Bedouin dans un entretien avec L’Usine Nouvelle. Mais cette vague, considérée comme la 4e révolution industrielle, pose au même temps des défis majeurs."Le Smart World impose son tempo : accélération de l’innovation, time-to-market, hausse des références produits ou personnalisation de masse, diminution des temps de cycle de production, volumes de production plus variables et une pression sur les prix toujours accrue", lit-on dans le rapport.

Le livre blanc fait le diagnostic d’une la filière de production électronique qui souffre de sept handicaps majeurs : une chaine logistique trop rigide, un outil de fabrication peu flexible, une traçabilité déficiente, une absence des technologies de production avancées de grands volumes, une capacité d’investissement limitée par rapport aux acteurs asiatiques et américains, des processus d’innovation collaborative insuffisants et un problème croissant d’accès aux compétences. Il met le doigt sur le déficit de visibilité et d’attractivité de la filière auprès des étudiants et le déclin des formations, notamment au niveau technicien. "Cette contraction est même considérée comme critique par les industriels, faisant ressortir un véritable sentiment d’urgence sur la formation en raison de l’appauvrissement du vivier naturel au niveau technicien et d’une pyramide des âges vieillissante. Une dégradation qui fait courir le risque d’une perte de savoir-faire pour l’industrie dans son ensemble", avertissent les rapporteurs.

Un terreau favorable en France

L’Europe et la France bénéficient néanmoins "d’un terreau favorable" avec des leaders mondiaux de l’électronique professionnelle comme Thales, Valeo, Bosch, Continental, Siemens ou encore Philips. "Leaders de l’électronique professionnelle, habitués à des hauts standards de qualité et de fiabilité, les industriels européens et français de l'électronique disposent de pôles d’excellence sur toute la chaine de valeur. Ils ont tous les atouts pour faire de l’industrie électronique européenne le pivot essentiel du développement des objets connectés industriels", annonce le rapport. La France est tout particulièrement favorisée. Avec la première sous-traitance électronique, devant l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, une floppée de start-up innovantes et les initiatives du gouvernement dans l'industrie du futur depuis 2013, elle se positionne en leader potentiel de l'Internet des objets industriels.

Le livre blanc se présente d’abord comme un guide destiné à aider les acteurs de la filière à se transformer. Il propose sept recommandations d’action pour traiter les sept points de blocage identifiés dans son diagnostic. Sur des thèmes d’intérêt communs, la filière est invitée à agir collectivement. C’est le cas dans la gestion des stocks, le développement des briques de l’usine du futur, la définition d’une roadmap de la production électronique en lien avec celle des composants, ou encore la formation. C’est une révolution dans une industrie où les acteurs n’avaient pas l’habitude jusqu’ici de coopérer. Le rapport consacre un grand volet à la formation. Il estime urgent la création d’une "task force" pour développer une démarche collective dans ce domaine et coordonner des initiatives au niveau régional dans les bassins d’emplois au plus près des besoins des entreprises.

Création de Totems

L’une des propositions fortes réside dans la création d’un ou plusieurs "Totems", des centres mutualisés qui serviraient de lieux de recherche, de test, d’expérimentation, de démonstration, de réalisation de preuves de concept et de diffusion de solutions de l’industrie du futur, à l’instar de ce qui existe dans les composants électroniques dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Ces centres nécessitent un financement public-privé auquel le gouvernement est appelé à contribuer. "Le soutien demandé à l'Etat se compte en millions d'euros", estime Vincent Bedouin lors de l'entretien avec L'Usine Nouvelle.

Si la première étape consiste à organiser la transformation en créant dès maintenant un comité de pilotage, le livre blanc prévoit la mise en place des actions proposées au courant de 2018.

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