L'Usine Santé

Le plan de restructuration s'invite à l'assemblée générale de Sanofi

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

L’assemblée générale du groupe pharmaceutique français se tient ce vendredi 3 mai, dans l'après-midi. Mais les salariés en colère contre le plan de restructuration comptent s’y inviter. Et un actionnaire appelle à voter contre le dividende, le jugeant excessif dans le contexte actuel.

Le plan de restructuration s'invite à l'assemblée générale de Sanofi © 96dpi-Flickr-C.C

C’est une assemblée générale perturbée qui se tient cet après-midi pour Sanofi.  A l’appel de leurs organisations syndicales, les salariés se sont à nouveau rassemblés pour manifester leur réprobation contre le plan de restructuration annoncé par le groupe pharmaceutique en juillet 2012.

Selon la CGT, Sanofi se désengagerait de Toulouse d’ici cinq ans

Alors que la partie du plan concernant la branche Recherche et Développement a été rejetée en appel par la justice, la direction prévoirait d’en annoncer une nouvelle mouture entre juin et septembre, affirme la CGT. Cette dernière dit avoir été reçue par les patrons R&D de Sanofi, le 17 avril 2013. L’un d’eux aurait alors annoncé au syndicat que Sanofi envisageait de se désengager du site de recherche de Toulouse d’ici quatre à cinq ans.

Rendez-vous le 15 mai entre Arnaud Montebourg et les syndicats

Une "bombe" que le directeur général du groupe, Chris Viehbacher, ne confirme pas. Interrogé jeudi à l’occasion des résultats trimestriels de Sanofi (dont le bénéfice net et le chiffre d'affaires sont en baisse, pénalisés par les expirations de brevets), il a assuré qu'il attendrait l'avis de la mission ministérielle - diligentée par Arnaud Montebourg afin d'étudier les pistes s’offrant au site de Toulouse ( ) - pour prendre sa décision finale. Au ministère du Redressement Productif, on confirme que les recommandations de cette mission sont attendues pour la mi-mai. Selon nos informations, Arnaud Montebourg a d’ailleurs donné rendez-vous aux syndicats de Sanofi le 15 mai pour échanger sur le rapport.

"La direction de l’entreprise privilégie les actionnaires"

Peu de chances que la problématique du plan de restructuration ne soit pas abordée par les actionnaires lors de l’assemblée générale. Parmi ces derniers, certains comptent d’ailleurs ne pas soutenir la position de Sanofi. L’Etablissement de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (ERAFP), qui a investi dans le groupe en raison de sa bonne notation ESG, a ainsi d’ores-et-déjà annoncé qu’il voterait contre l’augmentation du dividende proposée par Sanofi, la jugeant "excessive" et non responsable.

L’entreprise propose de verser aux actionnaires plus de 3,6 milliards d’euros à titre de dividende, soit 2,77 euros par action. Mais "dans le triangle actionnaires, salariés, et investissement d’avenir, il apparaît clairement que la direction de l’entreprise privilégie les actionnaires, écrit Eric Loiselet, président du Comité de suivi de la politique de placement de l’ERAFP, dans une tribune. Certes les perspectives 2013 et 2014 continuent d’être particulièrement positives. Il importe toutefois de s’interroger sur la pertinence du niveau de dividende proposé, à l’heure où les restructurations se poursuivent."

Une position qui devrait rester isolée

Selon ses calculs, la rémunération des actionnaires de Sanofi aurait ainsi augmenté plus de 50% plus rapidement que la rémunération des salariés, entre 2009 et 2012. L’ERAFP estime aussi ce taux de distribution "anormalement élevé" par rapport aux autres laboratoires pharmaceutiques (74% contre 55% dans le secteur). "Les restructurations annoncées en France en 2012 atteignent la recherche, qui est pourtant le cœur du business d’une firme comme Sanofi, dont la rentabilité reste à un niveau très élevé, estime Eric Loiselet. Outre les activités de recherche de médicaments, ces restructurations conduisent ou peuvent conduire à des suppressions d’emploi dans les activités de production de vaccins et les fonctions support en France. Pourtant, la quasi-totalité du chiffre d'affaires réalisé en France, soit 3,1 milliards d'euros en 2011, est assurée par l'assurance-maladie."

Sa position devrait cependant rester isolée. Car la première capitalisation du CAC 40, toujours largement bénéficiaire et dont les taux de marges sont élevés, continue de faire rêver la grande majorité de ses actionnaires.

Gaëlle Fleitour

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