Le pipeline pour sauver la pétrochimie en Lorraine se précise

Une étude de faisabilité annoncée par Luc Chatel se penchera sur l'idée préconisée par François Loos de raccorder la plateforme chimique de Carling à Ludwigshafen en Allemagne.

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Le pipeline pour sauver la pétrochimie en Lorraine se précise
Le pipeline franco-allemand d'oléfines prend forme, avec le lancement d'une étude faisabilité qui succède à l'état des lieux concocté par François Loos. Objectif : continuer d'alimenter l'industrie moselloise en éthylène et en propylène, alors que son unique fournisseur Total Petrochemicals France (TPF) se désengage sur la production de ces substances. Peu rassurée par la perspective de voir la plateforme coupée de ses produits, la puissance publique tente de trouver une solution.

Trois transporteurs et clients d'éthylène et de propylène existent en France avec Arkema, Rhodia et Ineos, mais un seul producteur truste en effet le marché : Total Petrochemicals France (TPF). En Allemagne et au Bénelux par contre, différents groupes, parmi lesquels BASF à Manheim, se partagent la production.

Dans son rapport rendu à Luc Chatel en décembre 2008, François Loos défend un projet de pipeline de 150 km à mettre en chantier d'ici à 2019 pour préserver l'avenir de la pétrochimie lorraine, après un investissement minimal de 75 millions d'euros. Parmi 7 hypothèses de tracé reliant Carling et Sarralbe (Moselle) au site de production de BASF à Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat), le député du Bas-Rhin et ancien ministre de l'industrie privilégie un itinéraire passant essentiellement par l'Allemagne sur 95 km, permettant d'éviter les parcs naturels régionaux de Lorraine, des Vosges du Nord et de la Forêt palatine.

Si Total Petrochemicals France peut se réjouir de la perspective d'un nouveau marché sur lequel écouler ses produits avec ce futur pipeline pétrochimique, le groupe risque de ne pas apprécier de se voir retirer le monopole dont il bénéficie actuellement.

« La question d'une deuxième source d'approvisionnement ne se pose que parce qu'Ineos à Sarralbe estime pouvoir augmenter sa production de polyéthylène au vu de son marché et nécessite pour cela un approvisionnement supplémentaire en éthylène qu'elle chiffre à environ 150 000 tonnes par an », précise le rapport de François Loos. Dans les conditions actuelles, la disponibilité supplémentaire demandée ne peut provenir de TPF à Carling, qui n'est en mesure d'apporter qu'environ 50 000 tonnes.

Conditionnées aux accords d'approvisionnement en éthylène et en propylène de Total Petrochemicals France, Arkema et Inéos, le projet devra également recevoir l'accord des pouvoirs publics. A ce titre, le rapport Loos conseille de déposer une demande franco-allemande à la Commission européenne. Luc Chatel a indiqué que des contacts avaient été pris avec la Commission pour étudier la possibilité d'un financement communautaire.

Ana Lutzky

Lire le rapport de François Loos
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