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L'Usine de l'Energie

Le photovoltaïque en France, un californien y croit

Publié le

C’est aujourd’hui 2 mars que le Conseil Supérieur de l’Energie examine les nouvelles règles du jeu gouvernementales pour la filière photovoltaïque, dans un climat survolté. Très inquiets pour l’avenir, les petits installateurs et fabricants multiplient les lettres d’alerte au gouvernement et aux députés. C’est dans ce contexte que l’entreprise californienne Enphase fait le pari de s’implanter en France.

Le photovoltaïque en France, un californien y croit

C'est à croire d'ailleurs que certains ne sont pas au courant du climat morose qui pèse actuellement sur la filière photovoltaïque française. A l'image du fabricant californien de micro-onduleurs Enphase, qui vient donc d'annoncer son intention de s'attaquer au marché français. L'entreprise y voit même une réelle opportunité.

« La France a l’une des tarifications les plus avantageuses en Europe, voire au niveau mondial », affirme, enthousiaste, Olivier Jacques. L’homme va développer dans les mois qui viennent l’activité d'Enphase dans l’Hexagone et le Benelux. Son affirmation tranche avec le tableau catastrophique dressé par les installateurs, les fabricants de panneaux et les développeurs au lendemain du moratoire décrété en France pour la filière.

Les atouts dont se prévaut Enphase

Productivité. Le micro-onduleur restitue jusqu’à 25% d’énergie électrique de plus qu’un onduleur classique, clame l’entreprise. Ce qu’un propriétaire perd en tarif de rachat par EDF (moins 20% dès le 9 mars), il le récupère en puissance.
Sécurité. Pas de point chaud à 1000 volts contrairement à l’onduleur classique : avec maximum 220 volts par panneau, les risques d’arcs électriques et d’incendies sont minimes.
Fiabilité. Tandis qu’un onduleur classique met toute l’installation à l’arrêt en cas de panne, la défaillance d’un micro-onduleur ne met hors circuit que le panneau auquel il est raccordé.

 

Si Olivier Jaques y croit, c’est parce qu’il estime disposer d’un produit défiant toute concurrence. Contrairement à l’onduleur centralisé classique, qui convertit en un seul point le courant continu en courant alternatif, son micro-onduleur s’accroche à chaque panneau de la centrale, constituant autant de points de conversion que de panneaux. Les performances de ce micro-onduleur lui semblent même parfaitement adaptées pour compenser la baisse du tarif de rachat décidée par le gouvernement français (voir encadré).

Quant au plafond de 500 MW annoncé par le premier ministre François Fillon, il ne s’y sent pas tant à l’étroit. Ses onduleurs s’adaptent à toute la gamme de puissance des panneaux, et peuvent donc offrir leurs services à l’ensemble des exploitants d’installations photovoltaïques. Et puis, l’entreprise vise 2012, date à laquelle on chuchote que le gouvernement serait prêt à autoriser  un plafond de 800 MW installés, pour calmer l’inquiétude de la filière. Ce volume est en effet précisément celui de « l’absorption » de la filière française, c'est-à-dire sa capacité d’installation.

Pour mettre toutes les chances de son côté, l'entreprise californienne a soigneusement choisi son implantation. A Lyon, en Rhône-Alpes, dans la « solar valley » ou le « solar hub » comme le caractérisent les américains. Les entreprises du photovoltaïque telles que Yingli, Photowatt, Tenesol, Soitec, Schneider, Solar Total ou SMA y ont déjà établi leurs quartiers. Bénéficiant d'un des meilleurs ensoleillements combiné à la surface disponible en Europe, la France est pour Olivier Jacques la tête de pont idéale pour s'aventurer ensuite chez les voisins frontaliers.

« La réussite va être en grande partie une question de volumes », prévient Martin Fornage, cofondateur de l’entreprise. « Plus les volumes seront élevés, plus nous pourrons négocier le prix d’achat de nos composants que sont le transistor, le condensateur, le transformateur, les câbles ou le boîtier ».

Français issu du monde des télécoms, Martin Fornage est installé depuis 18 ans en Californie. Il a fondé sa société au bon moment, juste après que les investisseurs commencent à s’intéresser aux renouvelables, et juste avant que ne débarquent les concurrents.

Si Enphase n’est pas le seul à produire des micro-onduleurs, il est le premier à les produire en masse. Pionnier en Europe, il ne part pas tout à fait de zéro. Créé en 2006, il est devenu en deux ans le numéro deux du secteur aux Etats-Unis derrière son concurrent allemand SMA. Enphase détient aujourd’hui 20% des 500 millions de dollars que constitue le marché américain sur cette branche.

La société compte arriver au même résultat en Europe, où le marché est encore plus important. « En moins de temps », précise d'ailleurs Olivier Jacques. Assurément, l’arrivée sur le territoire européen semble pour Enphase le bon timing.

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