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Le PDG d'Orange est relaxé dans le procès Bernard Tapie

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Publié le , mis à jour le 09/07/2019 À 10H32

[ACTUALISÉ] Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement le 9 juillet dans le procès Bernard Tapie. Le PDG d'Orange Stéphane Richard, également soupçonné dans l'affaire, a été relaxé.

Le PDG d'Orange est relaxé dans le procès Bernard Tapie
Stéphane Richard est l'ancien directeur de cabinet de la ministre de l'Économie et des Finances de l'époque, Christine Lagarde. /Photo prise le 15 mai 2019/REUTERS/Charles Platiau
© Charles Platiau

Actualisation du mardi 9 juillet : Mardi 9 juillet, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé la relaxe du PDG d'Orange, Stéphane Richard, dans le procès sur l'arbitrage contesté de 2008 en faveur de Bernard Tapie dans son contentieux avec le Crédit Lyonnais. L'homme d'affaires au centre du procès a également été relaxé.

Trois ans de prison requis par le ministère public

Le ministère public avait requis le 1er avril trois ans de prison dont 18 mois de sursis à l'encontre de Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de la ministre de l'Économie et des Finances de l'époque, Christine Lagarde.

Le procureur Nicolas Baietto avait aussi requis 100 000 euros d'amende et l'interdiction d'exercer toute fonction publique pendant cinq ans contre celui qui est aujourd'hui le patron due l'opérateur historique et numéro un français des télécoms.

Stéphane Richard était-il prêt à démissionner ?

Renouvelé en 2018 pour un troisième mandat, Stéphane Richard, 57 ans, a prévenu qu’il remettrait son mandat au conseil d’administration en cas de condamnation. Selon son entourage, il aurait pu cependant être fondé à se maintenir en cas de peine "symbolique". Mais l'État actionnaire d'Orange pouvait l'entendre d'une autre oreille.

En janvier 2018, le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, avait estimé sur Radio Classique que Stéphane Richard avait "fait du bon travail à la tête d'Orange" et avait donc vocation à être reconduit à la tête de la société. Mais il avait ajouté : "Si jamais dans le cours de cette procédure judiciaire il devait y avoir une condamnation, il remettrait immédiatement son mandat et démissionnerait."

Interrogé ce week-end en marge des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Bruno Le Maire a déclaré à des journalistes qu'il "essayait" en règle générale "de ne pas changer d'avis". Prié de dire s'il cela tenait aussi en cas de condamnation symbolique, il a répondu : "Nous avons fixé des règles, elles sont claires et elles seront respectées."

Des salariés d'Orange au secours du PDG

L'Association de défense de l'épargne et de l'actionnariat salarié (ADEAS) et la CFE-CGC Orange ont pris la défense du PDG d'Orange et appelé dimanche 7 juillet Bruno Le Maire "à la plus grande retenue quant aux décisions à prendre suite à une éventuelle condamnation de Stéphane Richard dans le procès Tapie".

Personnels actionnaires et principaux syndicats d'Orange avaient demandé à être reçus par le ministre pour "examiner les suites à donner à une éventuelle condamnation et toutes conséquences en découlant", avaient ajouté ces organisations dans un communiqué.

Elles rappellaient que Christine Lagarde est restée présidente du Fonds monétaire internationale et qu'elle est désormais pressentie pour diriger la Banque centrale européenne, alors qu'elle a été, écrivaient-elles, "condamnée dans la même affaire". Christine Lagarde a été jugée coupable de négligence le 19 décembre 2016 par la Cour de justice de la République pour avoir renoncé à un recours contre l'arbitrage mais dispensée de peine.

Procès France Télécom au même moment

"Les propos tenus aux Rencontres Économiques d’Aix indiquant [que Stéphane Richard] devrait démissionner quelle que soit sa condamnation apparaissent comme particulièrement déplacés", ont ajouté les deux organisations. Ces propos "ne tiennent aucun compte de l’intérêt général d’une entreprise ayant subi une déstabilisation d’une ampleur d’importance. Stéphane Richard a permis l’apaisement social et le retour de la confiance du personnel", ont-elle plaidé.

Une allusion à la crise traversée sous la direction précédente par ce qui était encore France Télécom - la mise en oeuvre d'un plan massif de réduction de personnel soupçonné d'être à l'origine d'une vague de suicides en 2008-2010.

Coïncidence du calendrier, le prédécesseur de Stéphane Richard, Didier Lombard, est actuellement jugé pour harcèlement moral avec six autres anciens dirigeants de France Télécom dans la même salle d'audience du tribunal de Paris, où les deux hommes pourraient presque se croiser mardi 9 juillet.

Le ministère public a requis vendredi 5 juillet contre Didier Lombard un an de prison et 15 000 euros d'amende, peine maximum prévue pour harcèlement moral.

Quel successeur éventuel ?

Plusieurs noms circulaient déjà pour remplacer Stéphane Richard, dont ceux du directeur financier Ramon Fernandez, de la directrice exécutive de la France Fabienne Dulac ou du directeur d'Orange Espagne, Laurent Paillassot. L’actuel directeur général de BpiFrance, Nicolas Dufourcq, était cité aussi comme possible prétendant.

Le sort du PDG d'Orange a presque fait passer au second plan celui des autres protagonistes, dont le personnage central de cette affaire, Bernard Tapie, 76 ans. Le ministère public avait requis cinq ans de prison ferme contre l'ancien homme d'affaires, qui souffre d'un cancer.

Il dit avoir été floué par le Crédit Lyonnais lors de la vente en 1983 du fabricant d'équipements de sport Adidas et s'est vu accorder 15 ans plus tard 403 millions d'euros, dont 45 millions pour préjudice moral. Sommes dont l'État, partie civile, demande le remboursement.

Mais Bernard Tapie et son avocat Maurice Lantourne sont accusés d'avoir obtenu frauduleusement cet arbitrage, en collusion avec un des arbitres, Pierre Estoup, 92 ans, et avec la complicité de Stéphane Richard. Une accusation que le PDG d'Orange s'est employé à réfuter pendant le procès. Il a dit n'avoir fait que son travail de directeur de cabinet et joué qu'un rôle secondaire dans une décision qui avait, selon lui, le soutien du pouvoir exécutif.

Avec Reuters (Emmanuel Jarry, avec Gwenaelle Barzic et Leigh Thomas)

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