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L'Usine Campus

"Le pays a besoin de matière grise, il ne faut négliger personne" estime le président de l'association des ingénieurs

Cécile Maillard , ,

Publié le

[INTERVIEW] L’association Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) a décidé, cette année, de fêter les ingénieurs pendant la semaine de l’industrie. Plus de 80 événements se tiendront durant les Journées nationales de l’ingénieur (JNI), du 16 au 24 mars. Entretien avec le président d’IESF, Marc Ventre.

Le pays a besoin de matière grise, il ne faut négliger personne estime le président de l'association des ingénieurs
Les Journées nationales de l'ingénieur mettent l'accent, pour cette édition 2019, sur la diversité et l'innovation.
© Flickr - Ecole polytechnique Université Paris-Saclay - c.c

L'Usine Nouvelle - Pourquoi avoir, cette année, choisi deux thèmes, innovation et diversité, pour célébrer les ingénieurs ?

Marc Ventre - En centrant la 6e édition des JNI sur l’innovation, nous souhaitons mettre en lumière la capacité des ingénieurs à innover pour faire progresser le pays et rendre les entreprises plus compétitives. Associer la diversité à l’innovation est naturel car les deux sont liés : l’innovation, complexe, provient de la rencontre entre plusieurs composantes. Plus il y a de diversité, plus il y a de chance d’innover. Nous entendons la diversité au sens de la parité hommes/femmes dans les équipes, de l’ouverture à des personnes d’origine diverse, mais aussi de l’accueil dans le métier de jeunes formés certes en école d’ingénieurs, mais aussi à l’université.

Le métier d’ingénieur est-il enfin en train de se féminiser ?

Les femmes représentent 20% de la population d’ingénieurs, mais 28% de la dernière promotion des diplômés d’écoles d’ingénieurs. On progresse ! Beaucoup de gens, d’associations, d’entreprises, poussent les jeunes filles à se diriger vers ce métier. Nous-mêmes, nous intervenons dans les collèges et lycées et leur rappelons chaque fois que c’est une filière rêvée. L’industrie recrute et les ingénieurs ne connaissent quasiment pas le chômage et ont des salaires supérieurs à ceux des diplômes équivalents.

Vous évoquez la diversité des formations, mais les entreprises sont-elles prêtes à recruter des jeunes formés à l’université quand elles recherchent des ingénieurs ?

Il faut des rapprochements entre écoles d’ingénieurs et universités, elles forment des populations proches. A l’université, beaucoup d’étudiants poursuivent leurs études par un doctorat. IESF mène une action pour que les entreprises se rapprochent du monde de l’université, et que celui-ci se tourne plus vers les entreprises. Nous ferons bientôt des propositions. Notre pays fait face à de grandes transitions, énergétique, numérique, et a besoin de matière grise. C’est important de ne négliger personne.

Que pouvez-vous faire pour encourager une diversité des origines dans les métiers scientifiques ?

Nous avons peu d’influence sur les politiques éducatives et leur capacité ou non à lutter contre les inégalités sociales. Mais nous militons pour que notre enseignement supérieur reste attractif pour les étudiants et les enseignants étrangers. Au cours de ma carrière internationale, je me suis rendu compte que les ingénieurs français ont un plus, une capacité d’innovation que tout le monde n’a pas. La formation exigeante qui leur est donnée ne doit pas être rétrogradée, en renversant le système des classes préparatoires. Elle est attractive pour les étudiants étrangers. Or les équipes multiculturelles apportent un autre regard, favorable à l’innovation.

Ne craignez-vous pas que l’augmentation des frais d’inscription à l’université pour les étudiants non européens ne les décourage de venir en France ? Le nombre d’étrangers inscrits pour l’année prochaine est en nette diminution dans de nombreuses universités…

Nous avons cette crainte, et suivrons de très près les conséquences de cette décision.

Comment vont se dérouler les JNI 2019 ?

Notre parrain, cette année, est Bertin Nahum, un ingénieur français qui révolutionne la robotique médicale. Nous avons décidé d’organiser cette édition de la fête des ingénieurs pendant la semaine de l’industrie, ce qui crée de nombreuses synergies et plus de visibilité. La mayonnaise prend ! Nous avons 85 événements organisés, contre 70 l’an dernier. Certains se déroulent à Londres, en Espagne, au Canada… Le 21 mars, se tiendra au CNAM, à Paris, un grand colloque autour de nos deux thèmes innovation et diversité. Avec une parité des intervenants et intervenantes.

Trouvez ici tous nos articles sur le métier d'ingénieur


 

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