Le patronat français s'alarme de l'impact des grèves

PARIS (Reuters) - Le patronat français s'alarme mardi de l'impact du mouvement contre la réforme des retraites sur des entreprises déjà fragilisées par la crise économique.

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Les syndicats organisent ce mardi une nouvelle journée de grèves et manifestations dans toute la France, où l'activité est perturbée depuis plusieurs jours par les actions dans les transports, les raffineries de pétrole et d'autres secteurs.

"Nous sommes inquiets, inquiets y compris pour nos entreprises", a dit la présidente du Medef, la première organisation patronale, lors d'une conférence de presse.

"Certains membres du conseil exécutif (du Medef) ont signalé des perturbations déjà sensibles dans leur secteur d'activité: bâtiment, travaux publics, chimie", a ajouté Laurence Parisot.

Le président de la CGPME, organisation représentant des petites et moyennes entreprises, a été encore plus pressant.

"Je lance un cri d'alarme parce qu'on n'a pas les moyens aujourd'hui, après la crise économique que nous venons de vivre pendant trois ans, de pouvoir supporter des grèves qui durent longtemps", a dit Jean-François Roubaud sur Europe 1.

"Il faut vraiment que ça s'arrête très vite", a-t-il ajouté. "Je suis inquiet parce que je me demande où on va."

Toutes les raffineries ont reconduit la grève mardi et des dépôts de carburant étaient bloqués, provoquant une pénurie dans de nombreuses stations-services, et les transports ferroviaires, aériens et routiers étaient perturbés.

"Nous demandons avant tout que le climat s'apaise le plus vite possible", a dit Laurence Parisot. "Il s'agit, d'une manière pragmatique et pacifique, de prendre des décisions qui permettent le respect et du droit de grève et de l'ordre public."

Pour les dirigeants patronaux, seul un relèvement de l'âge légal de départ en retraite, prévu par la réforme débattue en ce moment au Sénat, permettra de sauver le système français.

"L'essentiel de ce qui est dans le texte aujourd'hui est peut-être la seule voie pour sauver ce système", a dit Laurence Parisot.

Jean-François Roubaud s'est opposé à d'éventuelles nouvelles concessions et a qualifié le projet de loi de "réformette". En relevant l'âge légal de 60 à 62 ans, "on est au minimum", a-t-il dit.

Jean-Baptiste Vey, édité par Gilles Trequesser

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