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Le patronat et le syndicalisme tunisiens co-lauréats du Prix Nobel de la Paix 2015

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Conjointement avec l'Ordre des avocats et la Ligue de droits de l'homme, l'UTICA et l'UGTT se sont vu décerner le Prix nobel de la paix 2015 sous l'appellation "Dialogue national tunisien" . Ce "quartet" avait très fortement oeuvré pour le retour à la concorde nationale en Tunisie en 2013 et 2014. L'Usine Nouvelle avait interviewé la présidente de l'Utica en février dernier.

Le patronat et le syndicalisme tunisiens co-lauréats du Prix Nobel de la Paix 2015
Wided Bouchamaoui, présidente de l'UTICA, l'organisation du patronat tunisien

Une première dans l'histoire des Nobel et du Maghreb. Le patronat et le syndicalisme tunisien font partie des quatre lauréats du Prix Nobel de la paix qui a été dévoilé jeudi 8 octobre à Oslo, en Norvège.

Les titulaires 2015 d'une des plus prestigieuses récompenses mondiales sont, en effet, sous l'appellation "Dialogue national tunisien", l'organisation patronale Utica (l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat), l'UGTT (Union générale tunisienne du travail), principal syndicat de salariés du pays, l'Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l'homme.

Les représentants de ces quatre organisations sont Wided Bouchamaoui, présidente de l'UTICA, Houcine Abbassi, secrétaire général de l'UGTT, Abdessattar ben Moussa, président de la ligue tunisienne des Droits de l'homme, et Mohamed Fadhel Mahfoudh, président de l'ordre des avocats.

Selon l’académie Nobel, ce prix collectif est un "encouragement à la population tunisienne". "Ce qui s'est passé en Tunisie a permis de jeter les bases d'une société démocratique. Le comité Nobel espère que cet exemple sera suivi", indique le communiqué du comité

En 2013, au plus fort de la crise politique qui avait suivi l'éviction du président Ben Ali en 2011, ces quatre organisations de la société civile réunies au sein du Quartet avait, fait inédit, permis par leur action résolue le retour à la concorde nationale en marge des institutions politiques fortement contestées, dirigées alors par le parti islamiste Ennahda.

La situation du pays était alors marquée par des troubles croissants et l’assassinat de deux opposants, Chokri Belaïd et Mohammed Brahmi. Le gouvernement dit de la "troika" avait laissé sa place en janvier 2014 à un cabinet composé de technocrates dirigé par Mehdi Jomaa

S'en étaient suivies les élections de 2014, les législatives en octobre, puis la présidentielle en novembre emportée par Béji Caid Essebsi et la constitution d'un gouvernement de large coalition comprenant notamment Ennahda et Nidaa Tounes, même si depuis le pays a été endeuillé par les attentats du musée du Bardo et de Sousse.

En février de cette année, L'Usine Nouvelle avait interviewé Wided Bouchamaoui, présidente de l'UTICA  et donc désormais co-lauréate du Prix nobel de la Paix. 

"La Tunisie a réussi son processus électoral. Notre pays dispose désormais d’institutions élues démocratiquement. La prochaine phase est celle du redémarrage de l’économie tunisienne, c’est la priorité, nous avait-elle alors déclaré, alors que le nouveau gouvernement tunisien du premier ministre Habib Essid s'apprêtait à entrer en fonction. Le patronat est confiant dans le fait qu’avec ce nouveau gouvernement, il va y avoir la mise sur pied d'un programme national pour remettre la machine en marche. Il faut faire revenir les investisseurs étrangers et, avant tout, j’insiste sur ce point, stimuler les investissements tunisiens. Je n’ai pas de doute que notre "success story" celle de la "start-up démocratie" va se poursuivre."

A une question sur le soutien jugé par certains trop faible de la communauté internationale à la Tunisie, elle répondait notamment : "Nos partenaires attendaient sans doute la fin du processus. Je pense que l’ensemble de la communauté internationale est satisfaite de ce qui se passe en Tunisie, devenue une sorte d’exemple. Je pense que les échanges économiques vont se multiplier maintenant que le gouvernement est nommé.

Dans cet espoir et celui surtout de la stabilisation de la Tunisie, quelle plus belle récompense en tout cas que ce Nobel de la paix.

Pierre-Olivier Rouaud
 

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