Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Le patron du cloud d’Amazon fustige le comportement de prédateur d’Oracle

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Andy Jassy, le patron d’Amazon Web Services, le bras armé d'Amazon dans le cloud, a profité de son évènement Re :Invent pour lancer une charge contre Oracle qu’il accuse de se comporter en prédateur et de verrouiller les clients. Un bras de fer symptomatique de la fracture entre les nouveaux acteurs du digital et les acteurs traditionnels de l’informatique.

Le patron du cloud d’Amazon fustige le comportement de prédateur d’Oracle
Andy Jassy, patron d'Amazon Web Services, s'attaque à Oracle
© Amazon Web Services

Re :Invent 2017, l’évènement d’Amazon Web Services qui se déroule du 27 novembre au 1er décembre 2017 à Las Vegas, aux Etats-Unis, signe un nouvel épisode de la bataille qui oppose les nouveaux acteurs du digital et les acteurs traditionnels de l’informatique. Andy Jassy, le patron du bras armé d’Amazon dans le cloud, a profité de sa keynote, le 28 novembre 2018, pour lancer une charge en règle contre Oracle. Il a accusé l’entreprise de Larry Ellison de se comporter en prédateur et de défendre un modèle qui empêche les clients de changer de fournisseur. Aux solutions propriétaires de base de données et modèle « verrouillant » d’Oracle, il oppose l’ouverture et la liberté de choix offertes par ses services cloud basés sur des solutions open source compatibles. "Imaginez qu’Oracle a l'an dernier décidé de doubler ses tarifs de licence du jour au lendemain de ses clients qui font tourner ses bases de données sur le cloud d'Amazon, lance-t-il. Les clients, pris en otage, ne peuvent rien faire d'autre qu'accepter de payer. C’est ahurissant comme situation."

Réponse du berger à la bergère

Il ne s’agit de rien d’autre qu’une réponse du berger à la bergère. Lors d’OpenWorld 2017, l’évènement d’Oracle à San Francisco, début octobre 2017, Larry Ellison, fondateur et président exécutif d’Oracle, a consacré plus temps lors de sa keynote à critiquer Amazon Web Services qu’à présenter ses nouveaux produits. Il a en particulier jugé les services de base de données d’Amazon Web Services peu fiables et trop chers, et promis de baisser de moitié le coût global de ses services cloud d'infrastructure par rapport à ceux de son grand concurrent.

Amazon Web Services et Oracle se battent sur deux fronts à la fois. Le premier porte sur les logiciels de gestion de bases de données, dont Oracle est le numéro un mondial, loin devant Microsoft ou IBM. Les deux protagonistes s’affrontent ici avec deux modèles opposés. Le modèle cloud natif d’Amazon Web Services est vu par Oracle comme une menace pour son modèle lucratif de vente de licence. Certes, le groupe de Larry Ellison a pris le virage du cloud. Mais il le fait pour garder les clients et éviter qu'ils aillent vers Amazon Web Services.

Challenger le plus aggressif sur le plan verbal

Les deux entreprises sont également en guerre sur le cloud. Dans le souci de préserver son modèle lucratif traditionnel et sa position dominante dans les bases de données, Larry Ellison s’est longtemps opposé au cloud, initié en 1999 par Salesforce dans le logiciel et en 2006 par Amazon Web Services dans l’infrastructure, allant jusqu’à le qualifier de « non-sens ». Mais il se présente depuis 2-3 ans comme le plus grand défenseur du cloud et affiche l’ambition de faire d’Oracle la « cloud company » numéro une au monde. Et se montre le challenger le plus agressif, du moins sur le plan verbal, vis-à-vis d’Amazon Web Services.

Certes, Oracle progresse très vite dans le cloud. Lors de son dernier trimestre fiscal clos en août 2017, il affiche dans ce domaine un chiffre d’affaires de 1,5 milliard de dollars, en bond de 51% en un an. Mais sur le segment du cloud d’infrastructure où il est en concurrence avec Amazon Web Services, le revenu n’est que de 400 millions de dollars, en progression de 28%. C’est une fraction du revenu de 4,6 milliards de dollars en augmentation de 42% enregistré par Amazon Web Services au troisième trimestre 2017.

Qui menace qui

Oracle est donc loin de représenter une menace pour Amazon Web Services. En revanche, l’inverse est vrai. C'est en tout cas le sentiment d'Oracle. Ce qui explique la nervosité et l’agressivité de son fondateur Larry Ellison. Ce qui se joue c’est l’équilibre entre l’ancien monde de l’informatique, dont Oracle est un bon représentant, et le nouveau monde du numérique, incarné par Amazon Web Services dans le domaine de l'infrastructure.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle