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L'Usine Auto

L'ancien PDG de Volkswagen inculpé aux Etats-Unis, le nouveau promet un groupe plus "honnête" à l'avenir

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Publié le , mis à jour le 04/05/2018 À 07H09

Le nouveau patron de Volkswagen a promis le 4 mai de faire du constructeur allemand un groupe "plus honnête" à la suite du scandale du "dieselgate", lors de l'assemblée générale annuelle. Quelques heures plus tard, la justice américaine a officialisé le lancement de poursuites contre l'ancien PDG Martin Winterkorn.

L'ancien PDG de Volkswagen inculpé aux Etats-Unis, le nouveau promet un groupe plus honnête à l'avenir
Le nouveau patron de Volkswagen Herbert Diess a promis jeudi de faire du constructeur allemand un groupe "plus honnête" à la suite du scandale du "dieselgate", mais des investisseurs, prudents, ont plaidé pour des contrôles externes afin de restaurer sa réputation. /Photo prise le 3 mai 2018/REUTERS/Axel Schmidt
© Axel Schmidt

Une inculpation déposée secrètement en mars a été rendue publique par un tribunal de district le 3 mai, le jour même où Volkswagen tenait son assemblée générale annuelle en Allemagne. Martin Winterkorn a démissionné peu de temps après l'éclatement du scandale sur la manipulation des émissions de gaz polluants de ses voitures aux Etats-Unis en septembre 2015.

Le ministre de la Justice Jeff Sessions a déclaré dans un communiqué que ces inculpations établissaient que "le plan de Volkswagen pour contourner ses exigences légales est allé jusqu'à la tête de la société." Martin Winterkorn, 70 ans, est accusé de conspiration visant à commettre une fraude aux dépends des Etats-Unis, de fraude informatique et de violation du Clean Air Act depuis au moins mai 2006 jusqu'en novembre 2015, en utilisant des logiciels illicites qui ont permis aux véhicules diesel de Volkswagen d'émettre un excès de gaz polluants sans détection.

Un avocat de Winterkorn en Allemagne n'a pas voulu faire de commentaire dans l'immédiat. Winterkorn a déclaré en janvier 2017 aux parlementaires allemands qu'il n'avait pas été rapidement informé de la manipulation et qu'il l'aurait arrêtée s'il avait été au courant. Mais il n'a pas dit quand il en avait été informé pour la première fois. Un porte-parole de Volkswagen en Allemagne a dit que le groupe "coopérait avec les autorités". Nous ne commentons pas les affaires individuelles", a-t-il ajouté.

Il y a peu de chance que Winterkorn, 70 ans, soit réellement jugé aux Etats-Unis, l'Allemagne rechichant à extrader ses citoyens hors de l'Union européenne.

Nouvelle culture d'entreprise

Cette nouvelle mise en accusation est intervenue le jour même de l'assemblée générale de Volkswagen, en Allemagne. Le nouveau PDG Herbert Diess a assuré que le groupe allait changer, pour être plus tranparent et plus honnête à l'avenir. Le premier constructeur automobile d'Europe étendra notamment son système interne de lanceur d'alerte et renforcera les règles afin d'éviter que ne se reproduisent les manquements à l'origine du scandale de la manipulation des émissions polluantes des moteurs diesel en 2015, a déclaré le président du directoire Herbert Diess. "Volkswagen doit devenir plus honnête, plus ouvert, plus véridique", a-t-il dit lors de l'assemblée générale annuelle du groupe. Prévenir les mauvaises pratiques futures "est la première priorité mes collègues du directoire et pour moi personnellement."

Matthias Müller, son prédécesseur évincé le mois dernier, avait déclaré qu'il était plus difficile que prévu d'amener les managers de niveau intermédiaire à s'adapter à la politique post-dieselgate du constructeur. "Nous avons trop longtemps sous-estimé la valeur d'une culture d'entreprise plus ouverte qui ne réprime pas la dissidence mais au contraire la récompense", a déclaré Herbert Diess.

Besoin d'un contrôle externe, selon les investisseurs

Les investisseurs ont salué les changements annoncés, tout en estimant que ces mesures à elles seules ne suffiraient pas à réformer de manière crédible la culture d'entreprise de VW. Au-delà d'un nouveau code de conduite pour les employés et de règles plus strictes pour les ingénieurs travaillant sur les véhicules, "il y a peu de progrès tangibles (chez VW) montrant clairement aux investisseurs que les changements dans la culture d'entreprise avancent", a estimé Michael Viehs, de la société de conseil en investissement Hermes EOS.

"Nous recommandons donc instamment au conseil de surveillance de procéder à une évaluation indépendante de la culture d'entreprise." "Alors que le directoire remet au niveau opérationnel l'entreprise en marche pour l'avenir, la gouvernance d'entreprise, elle, reste à l'âge de pierre. Nous continuons de penser qu'un véritable nouveau départ exige également un président de conseil de surveillance vraiment indépendant", a déclaré Winfried Mathes de Deka Investment.

scissions et partenariats à l'étude

Herbert Diess a par ailleurs indiqué que VW avait déjà choisi des partenaires pour fournir des batteries et des technologies connexes d'une valeur d'environ 40 milliards d'euros pour son programme de voitures électriques. La technologie de batterie sera destinée à l'Europe et à la Chine où VW écoule 80% de ses véhicules, tandis qu'en Amérique du Nord le groupe n'a pas encore choisi son fournisseur, selon une source proche de VW.

Le patron de VW a aussi renouvelé jeudi son appel au secteur pour intensifier les discussions sur des projets communs de fabrication de batteries en Europe. Le groupe réfléchit toujours à une scission du constructeur de motos Ducati et du fabricant de transmissions Renk, dans le cadre d'un plan visant à rationaliser ses opérations et à améliorer l'efficacité, a-t-il ajouté. "Pour les entreprises non stratégiques comme Ducati, Renk et MAN Diesel & Turbo, nous allons élaborer des plans d'avenir pérennes", a déclaré Herbert Diess.

Les réflexions pourraient mener à une expansion de ces entreprises et au développement de stratégies de croissance, mais des scissions "sont également imaginables", a-t-il dit.

Avec Reuters (Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)

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