Le patron de BP, Tony Hayward, sur le départ

par Tom Bergin

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Le patron de BP, Tony Hayward, sur le départ

LONDRES/HOUSTON (Reuters) - Le pétrolier BP devrait remplacer son directeur général Tony Hayward, très critiqué pour sa gestion de la marée noire dans le golfe du Mexique, par un Américain connu pour son sens de la diplomatie.

Avant la fin du conseil d'administration de la "major" qui s'est tenu dans la soirée, des sources avaient dit que Bob Dudley, le dirigeant américain qui supervise actuellement la lutte contre la marée noire, pourrait être mis en place dans les prochaines 24 heures.

A l'issue de son conseil, BP a dit qu'aucun communiqué ne serait diffusé. Tony Hayward et Bod Dudley ont quitté la séance séparément. Aucun des deux n'ont fait le moindre commentaire.

Le fait que la fuite du puits Macondo soit contrôlée depuis plus d'une semaine par un système de confinement provisoire permet à la major britannique de se pencher sur l'avenir de son patron.

L'action BP, qui a perdu 40% de sa valeur en Bourse depuis le début de la catastrophe, a gagné 4,60% à 409,79 pence à la Bourse de Londres alors que l'indice regroupant les valeurs énergétiques européennes a gagné 0,84%.

"BP note les spéculations dans la presse de ce week-end concernant d'éventuels changements à la direction et l'accusation concernant le coût de la marée noire dans le golfe du Mexique. BP confirme qu'aucune décision définitive n'a été prise sur ces questions", avait précisé le groupe dans un communiqué avant le début du conseil.

Ce remaniement très attendu intervient alors que BP doit annoncer mardi une perte au titre de son activité du deuxième trimestre, compte tenu de l'impact financier de la marée noire.

Les analystes de la banque Barclays anticipent un déficit de 13 milliards de dollars, sous l'effet d'une provision pour les dégâts liés à la marée noire qui pourrait atteindre 25 milliards de dollars. Sans cet élément exceptionnel, le profit du trimestre devrait ressortir en hausse de 77%.

Tony Hayward, 53 ans, s'est attiré de vives critiques aux Etats-Unis pour s'être plaint. Il avait dit vouloir "récupérer sa vie", s'estimant trop sollicité quelques semaines seulement après l'explosion le 20 avril de la plate-forme Deep Water Horizon dans le golfe du Mexique, qui a fait 11 morts et déclenché la marée noire la plus grave jamais enregistrée aux Etats-Unis.

UN AMÉRICAIN À LA TÊTE DE BP ?

Il avait été critiqué en juin pour avoir assisté avec son fils à une régate autour de l'île de Wight, au Royaume-Uni.

Des avocats américains s'en sont également pris à Tony Hayward lors de son audition par les élus du Congrès, lors de laquelle il a été accusé d'esquiver la responsabilité du groupe dans la marée noire.

Bob Dudley, originaire du Mississippi, sera le premier non Britannique à prendre la direction générale de BP. Agé de 54 ans, il était auparavant responsable de l'affilié de BP en Russie, TNK-BP, jusqu'à ce qu'un différend entre BP et ses partenaires russes ne le contraigne à fuir le pays.

Pas plus tard que vendredi, BP déclarait que le conseil d'administration ne discutait même pas de l'avenir du directeur général. Selon son contrat, Tony Hayward pourrait recevoir une indemnité représentant un an de salaire, soit 1,045 million de livres sterling (1,25 million d'euros), sans compter d'éventuelles indemnités en actions.

Tony Hayward conserverait aussi ses droits à la retraite qui se montaient à 10,8 millions de livres (13 millions d'euros) à la fin de l'an dernier. Des sources ont dit qu'il pourrait se voir offrir un siège au conseil de TNK-BP.

Si son départ est confirmé, ce sera le troisième directeur général sur les quatre derniers de BP à se voir forcer vers la porte de sortie. John Browne avait dû quitter son poste après avoir menti devant la justice au sujet d'une relation homosexuelle et Bob Horton avait été écarté en 1992 en raison de désaccords stratégiques.

Dans le golfe du Mexique, les navires qui s'efforcent de colmater la fuite sont revenus dimanche sur le site, après avoir dû s'en éloigner vendredi face aux menaces de la tempête tropicale Bonnie, désormais dissipée.

Transocean est en train de rebrancher les équipements, a indiqué une porte-parole de BP.

La prochaine étape est désormais l'opération dite de "static kill" qui consistera à injecter dans le puits des fluides lourds et du ciment.

Cette opération pourrait débuter d'ici trois à cinq jours, selon l'amiral des garde-côtes Thad Allen, qui dirige les opérations pour le gouvernement américain.

Selon Thad Allen, la tempête pourrait reporter d'une dizaine de jours l'objectif que s'est fixé BP d'avoir achevé à la mi-août le puits de secours, considéré comme le seul moyen durable de faire cesser la fuite.

Gregory Schwartz et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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