Le parquet estonien enquête sur Swedbank dans l'affaire Danske Bank

par Johan Ahlander et Simon Johnson
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Le parquet estonien enquête sur Swedbank dans l'affaire Danske Bank
Le parquet estonien a annoncé mercredi mener une enquête afin de déterminer si la banque suédoise Swedbank était impliquée dans des transactions suspectes avec Danske Bank, la première banque danoise au coeur d'un scandale de blanchiment d'argent. /Photo d'archives/REUTERS/Ints Kalnins

STOCKHOLM/TALLINN (Reuters) - Le parquet estonien a annoncé mercredi mener une enquête afin de déterminer si la banque suédoise Swedbank était impliquée dans des transactions suspectes avec Danske Bank, la première banque danoise au coeur d'un scandale de blanchiment d'argent.

Le Danemark, l'Estonie, la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis enquêtent sur 200 milliards d'euros de transactions, dont la plupart sont suspectes, effectuées via la division estonienne de la première banque danoise, à partir notamment de Russie et de plusieurs ex-républiques de l'Union soviétique.

Une chaîne suédoise de télévision a rapporté que, selon des documents, au moins 40 milliards de couronnes suédoises (3,8 milliards d'euros) avaient été transférés entre des comptes chez Swedbank et Danske dans les pays baltes entre 2007 et 2015.

"Nous pouvons confirmer que, dans la mesure où les informations publiées concernent Danske Bank, nous vérifions les affirmations dans le cadre de notre enquête", a déclaré la porte-parole du parquet estonien, interrogée sur les informations de la télévision suédoise.

"DANSKE N'A PAS PU OPÉRER SEULE"

L'autorité de tutelle du secteur financier estonien estime que Danske n'a pas pu opérer seule dans le système financier et que ses transactions impliquent nécessairement le concours d'autres des banques des pays de l'UE, qui ne sont pas toutes suspectes pour autant.

"Cela ne veut pas dire automatiquement (ni n'exclut le fait) qu'une banque qui reçoit des paiements dans le cadre d'une éventuelle opération de blanchiment d'argent a commis un délit ou a enfreint l'obligation faite à la banque d'identifier son client et des situations suspectes", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

La directrice générale de Swedbank, Birgitte Bonnesen, a déclaré avoir confiance dans les procédures du groupe pour prévenir le blanchiment d'argent et signaler des transactions suspectes, mais qu'elle ne pouvait assurer que rien n'était passé au travers des mailles du filet.

"Après avoir identifié des transactions ou des activités suspectes, nous avons procédé à des examens approfondis et, le cas échéant, nous les avons signalés aux autorités", a-t-elle déclaré lors d'une conférence téléphonique.

Elle a toutefois ajouté qu'elle ne pouvait garantir que rien n'avait échappé à la vigilance de la banque. "Y a-t-il un risque qu'un paiement en 2007 soit passé au travers ? Oui, il y a un risque", a-t-elle dit.

Interrogée sur le documentaire de la télévision suédoise, l'autorité de tutelle du secteur financier du pays a déclaré qu'elle ne pouvait commenter la manière dont elle supervise individuellement chaque banque.

"Le régulateur surveille si les banques ont mis en place des procédures permettant d'identifier un risque d'être utilisées à des fins de blanchiment ou de financement du terrorisme", a dit l'autorité dans un communiqué.

"En cas de suspicion d'un délit, les autorités judiciaires lancent une enquête et ce sont essentiellement les banques elles-mêmes qui doivent signaler les transactions suspectes à la police financière."

Après Deutsche Bank, Swedbank est la deuxième banque à être potentiellement éclaboussée par l'affaire Danske Bank.

La banque danoise a annoncé mardi qu'elle allait quitter la Russie et les pays baltes après avoir reçu l'ordre de fermer d'ici huit mois cette filiale.

Le titre Swedbank a terminé en baisse de 13,64% à la Bourse de Stockholm, accusant la deuxième plus forte baisse de l'indice Stoxx 600 des valeurs européennes (+0,7%) et, de loin, le repli le plus marqué du compartiment bancaire (+0,49%). De son côté, Danske Bank a fini en hausse de 0,24% à Copenhague.

(Avec Helena Söderpalm et Tarmo Virki; Catherine Mallebay-Vacqueur et Claude Chendjou pour le service français pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)

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