Le Parlement européen accélère la libéralisation ferroviaire

Les députés européens viennent de voter en première lecture un texte sur la libéralisation du rail. Une étape intermédiaire vers une réglementation imposant un espace ferroviaire unique européen.

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Le Parlement européen accélère la libéralisation ferroviaire

L'Europe s'impatiente face au manque d'initiatives des Etats membres pour relancer de manière significative la part du transport ferroviaire. Selon Debora Serracchiani, le rapporteur du texte présenté aujourd'hui au Parlement de Strasbourg en première lecture, "actuellement, les parts de marché du fret ferroviaire dans l'Union européenne ne dépassent pas 6 à 7 %, et plafonnent à 11-12 % pour les services de passagers".

Le texte préconise donc de renforcer les règles pour assurer une concurrence loyale nécessaire à la réalisation de l'espace unique européen, notamment sur les trafics transfrontaliers. Il garantit la sécurité et le droit de grève. C'est le minimum que peuvent attendre les cheminots et les usagers européens.

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L'idée de ce texte est d'avancer plus rapidement dans l'ouverture des marchés nationaux et la séparation complète entre la gestion des infrastructures et leur exploitation. Sur ces sujets, le Parlement demande à la Commission européenne de présenter des propositions avant la fin 2012. Et le régulateur doit s'assurer de l'absence totale de discriminations (accès aux gares, vente de billets, allocation des sillons,…). Des sujets qui fâchent, notamment en France.

"Le nucléaire n'est pas bon sur le fret"

Sur le fret, libéralisé depuis cinq ans, les opérateurs privés se plaignent sans cesse de la mauvaise qualité des sillons et des freins rencontrés avec le personnel de la SNCF. Des doléances que balaie d'un revers de la main, le numéro deux de la SNCF, David Azéma. "Aucune faute de la SNCF n'a été démontrée", affirme-t-il. Même s'il concède que "les choses se mettent en place progressivement. Nous faisons de gros efforts de management et de formation. Evidemment, il y aura des couacs. Mais les attitudes discriminatoires seront sanctionnées".

L'ouverture du marché n'a pas généré davantage de trafic. Pour le directeur général délégué du groupe SNCF, "c'est avant tout lié au tissu industriel et à la situation économique du pays". Il n'hésite pas à mettre en avant un argument original : "Le nucléaire n'est pas bon pour le fret, car nous avons besoin de beaucoup moins de trains de charbon qu'en Allemagne et en Grande-Bretagne." Et la politique de la SNCF en matière de fret ? Le trafic a été divisé par deux en dix ans…

Pour le trafic de voyageurs, la SNCF réfute tous les arguments qui visent à la désigner comme le frein à la libéralisation du marché français. "Le marché français est ouvert conformément aux règles européennes. Aujourd'hui, la France a le marché du transport international le plus ouvert en Europe avec la Grande-Bretagne", affirme David Azéma. Et de citer les 7,8 % de parts de marché d'Eurostar. Un opérateur détenu à… 55 % par la SNCF. Pas sûr qu'un tel argument convainc les chantres du libéralisme à Bruxelles et à Strasbourg.

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