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L'Usine Auto

Le pari technologique de Bolloré

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Son usine d'Ergué-Gabéric, dans le Finistère, peut fabriquer 5 000 batteries au lithium-métal-polymère par an. Le groupe, qui est le seul à avoir choisi cette technologie, annonce la commercialisation de sa voiture électrique, la BlueCar, pour juin 2010.

Le pari technologique de Bolloré © REA

Une inauguration on ne peut plus officielle ! Tout juste rentré de New York où il accompagnait le chef de l'Etat qui intervenait devant l'assemblée générale de l'ONU, Jean-Louis Borloo, est venu apporter le soutien du gouvernement au groupe Bolloré. « A l'évidence, la technologie du métal polymère est sécurisée, avec une capacité de développement très rapide. C'est un atout majeur pour la France », a estimé le ministre de l'Ecologie et des Transports, jeudi 24 septembre, lors de l'inauguration de l'usine de batteries de BatScap, à Ergué-Gabéric, à une quinzaine de kilomètres de Quimper (Finistère).

Atout majeur ou pari risqué ? Le groupe Bolloré est le seul au monde à avoir choisi la technologie du lithium-métal-polymère. « Tous nos concurrents ont préféré le lithium-ion. Nous sommes persuadés d'avoir effectué le bon choix en misant sur le lithium-polymère « tout solide ». Montant en température à chaque appel de puissance, les véhicules roulant au lithium-ion « liquide » risquent des incendies. D'après les calculs effectués par nos chercheurs, nous estimons ce type de sinistre à environ un véhicule sur 5 000 », a expliqué Vincent Bolloré, dont la filiale, BatScap, a investi environ 60 millions d'euros dans cette unité couverte de 4 000 mètres carrés.

Quatorze ans d'efforts

> Le groupe Bolloré a investi plus de 1 milliard d'euros dans la recherche sur les véhicules électriques depuis quatorze ans.
> Sa filiale Batscap devrait produire 5.000 batteries en 2010, dans son usine d'Ergué-Gabéric (Finistère).
> Les premiers exemplaires de la Bluecar, la voiture électrique de Bolloré, doivent être livrés à partir de juin 2010.
> Le groupe revendique 6.400 précommandes, les 1.000 premiers exemplaires devant être livrés par Pininfarina.

L'usine pourra produire, en théorie, 5 000 batteries en 2010 et de 25 000 à 30 000 en 2012. Trois des quatre éléments constituant les batteries sont fabriqués sur place à partir de « technologies brevetées et développées par nos propres équipes », a précisé Didier Marginedes, le directeur général de BatScap. Une première feuille métallique est achetée à l'extérieur. BatScap se charge de la production des « trois autres feuilles qui constituent le coeur de la batterie ». Celles-ci sont réalisées à base d'oxyde de carbone, de phosphate de fer et de lithium. Le lithium est traité par broyage pour obtenir des films d'une épaisseur de l'ordre de 10 microns.

DU LITHIUM ARGENTIN

BatScap se fournit en lithium en Argentine. Les dirigeants de Bolloré estiment qu'ils disposent d'une réserve sécurisée pour une fabrication de l'ordre de 100 000 batteries. Le groupe négocie actuellement avec le gouvernement bolivien pour obtenir l'exploitation du lithium contenu dans les gisements du désert de sel d'Uyuni. Allié avec le groupe minier Eramet, il vient de signer un partenariat technique avec le ministère bolivien des Mines. Mais rien n'est joué : les japonais Sumitomo et Mitsubishi, le coréen LG et le brésilien Vale sont également en discussion avec les autorités boliviennes.

L'usine d'Ergué-Gabéric se charge du montage de l'ensemble des batteries pour lesquelles ont été limités « le nombre des connexions de façon à améliorer leurs capacités et performances », a précisé Didier Marginedes. Mesurant 1m 50 de long et 85 cm de large, chaque produit fini - 30 kwh - pèse entre 200 et 300 kilos pour une durée de vie équivalente à 200 000 kilomètres parcourus et le temps de recharge peut atteindre huit heures. Il permet une autonomie de 250 kilomètres. L'usine emploie 100 personnes et à terme 150 salariés. Le groupe doit inaugurer d'ici à la fin octobre au Canada une usine avec une production potentielle identique.

Bolloré affirme avoir engagé 1 milliard d'euros depuis quatorze ans dans la filière véhicules électriques. Une usine de Pininfarina, située près de Turin, commence à lancer la production de la Bluecar, le premier modèle de Bolloré, avec un objectif à court terme de 1 000 unités. « La commercialisation des véhicules se fera à partir de juin 2010 », a annoncé Vincent Bolloré. L'industriel ne semble pas s'inquiéter des difficultés de Pininfarina. « Il n'est pas le seul à avoir des problèmes financiers », a assuré l'homme d'affaires qui étudie, toutefois, des solutions de repli.

L'usine d'Ergué-Gabéric va aussi travailler avec Gruau, installé à Laval (Mayenne). Le carrossier doit lancer dans quelques semaines la fabrication de petits véhicules de transport en commun, dont l'énergie sera entièrement électrique. Son objectif est de produire de 200 à 300 véhicules par an, qui seront proposés aux collectivités locales sous la forme d'une location, comme ce sera le cas pour la Bluecar. Quoi qu'il en soit, le pari technologique de Bolloré est loin d'être gagné. « On est seuls contre tous, a reconnu Vincent Bolloré. On n'est pas du tout sûr que cela marchera. Mais si ça marche, on va fêter ça. »

"Nos recherches vont se poursuivre"
Vincent Bolloré, président du groupe Bolloré

Vos batteries sont prévues pour les véhicules légers. Peuvent-elles s'adapter à d'autres modèles ?
Parfaitement. Nous pouvons faire varier l'épaisseur et la longueur des films. Nous estimons que nos produits s'adaptent aux voitures, aux bus, aux tramways et, ce, d'autant plus facilement que nous fabriquons aussi à Ergué-Gabéric des supercondensateurs qui jouent dans les phases d'accélérations et de démarrages. Au cours des quatorize années qui viennent de s'écouler, nous avons engagé plus d'1 milliard d'euros dans la filière véhicules électriques. Nos recherches vont se poursuivre.

La précommercialisation de vos véhicules répond-t-elle à vos attentes?
Nous sommes satisfaits car nous avons démarré plus vite que les autres, nous en sommes aujourd'hui à 6.500 précommercialisations. Nous avons choisi la location avec une formule à 10 euros par jour. Des demandes nous arrivent tous les jours de France, mais aussi d'autres pays comme l'Allemagne, l'Italie, le Japon...

Disposez-vous d'un réseau de commercialisation suffisant ?
En France où nous démarrons la commercialisation, nous nous adossons aux 40 points de vente de notre filiale Bolloré Energie qui va se charger des Bluecar. S'y ajoutent des accords que nous concluons avec les réparateurs et poseurs de pare-brise. La demande étant supérieure à l'offre, le problème du réseau de distribution ne se pose pas.

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