Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Le pari compliqué de Hewlett Packard Enterprise sur l’Edge computing

Ridha Loukil , , ,

Publié le

L’équipementier américain du numérique Hewlett Packard Enterprise parie sur l’Edge computing pour accélérer son développement. Il voit dans ce nouveau paradigme informatique une immense opportunité de s’imposer en leader du marché. Mais cette révolution n’est pas sans challenges.

Le pari compliqué de Hewlett Packard Enterprise sur l’Edge computing
Les usines, l'un des marchés de l'Edge computing visés par Hewlett Packard Enterprise
© HPE

Hewlett Packard Enterprise (HPE) a raté le coche du cloud public. Mais pas question de rater celui de l’Edge computing. Le groupe informatique américain, né en novembre 2015 de la scission de l’ancien HP, parie sur ce nouveau paradigme pour se relancer sur un marché de l’équipement informatique des entreprises rendu compliqué par la migration vers le cloud et la montée de la concurrence chinoise. Il en a fait le thème vedette de son évènement européen HPE Discover 2018 qui a réuni quelques 10 000 personnes à Madrid, en Espagne, du 27 au 29 novembre.

Convergence des technos d'exploitation avec celles de l'information

"Nous voyons dans l’Edge compting une immense opportunité, avance Antonio Neri, le PDG du groupe. Les technologies d'exploitation vont converger avec celles de l’information. Nous voulons jouer un rôle actif dans cette convergence pour aider les entreprises à améliorer l’expérience utilisateur par l’analyse de la data à l’intelligence artificielle là où se déroule l’action : une boutique, un hôtel, un hôpital, une ville, un quartier, une usine, des bureaux, une voiture..."

Plutôt qu’envoyer les données sur des plateformes de traitement centralisé dans le datacenter ou le cloud, l’Edge computing consiste à les traiter localement au plus près des capteurs qui les génèrent. Avec à la clé, des avantages en termes de temps de latence, de bande passante réseau, de sécurité, de consommation de courant ou de coûts. "Prenons l’exemple de la voiture connectée, note Keerti Melkote, le patron de l’activité Intelligent Edge de HPE. On ne peut pas se permettre d’envoyer les données dans le cloud et d’attendre un retour du résultat de traitement pour prendre une décision. Ce serait inacceptable sur le plan de la sécurité."

Selon Gartner, 75% des data des entreprises sont générées au niveau local mais seulement 6% d’entre elles sont aujourd’hui exploitées. "Autrement dit, 94% de ce gisement est perdu, conclut Antonio Neri. Nous voulons aider les entreprises à en améliorer l’exploitation. Nous pensons que les entreprises de demain devront être centrées sur Edge et la data, et se servir du cloud comme facilitateur. "  "Dans la décennie passé, on parlait cloud et mobiles, note de son côté Keerti Melkote. Dans la décennie à venir, on parlera Edge."

Cisco sur le même créneau

Si HPE est l’acteur qui parle le plus de l’Edge computing, il n’est pas le seul à surfer sur la vague. Cisco Systems en fait également son cheval de bataille avec un concept similaire au nom de Fog computing. Keerti Melkote revendique la position de leader avec un chiffre d’affaires d’environ 3 milliards de dollars sur le dernier exercice fiscal clos en octobre 2018. "Notre objectif est de conforter ce leadership avec une croissance à deux chiffres de cette activité dans les années à venir, confie-t-il. Nous sommes face à un marché potentiel qui devrait passer d’environ 40 milliards de dollars aujourd’hui à plus de 100 milliards de dollars dans une dizaine d’années." Cisco Systems semble à la traine avec un chiffre d’affaires de son activité Internet des objets, qui englobe le Fog computing, d’environ 600 millions de dollars.

Pour profiter de cet Eldorado annoncé, HPE a décidé d’investir 4 milliards de dollars dans le développement de produits, logiciels et services dédiés à ce marché. Il a profité de l’évènement HPE Discover 2018 à Madrid pour annoncer sa gamme Edgeline de produits dédiés, présentés comme les premiers sur le marché à combiner dans des équipements compacts et faciles à utiliser les fonctions d’acquisition de données, de contrôle industriel et de communication réseau. Le projet est aussi de décliner les solutions traditionnelles de datacenters en équipements adaptés à la création de micro datacenters au niveau des boutiques, hôtels, hôpitaux, bureaux ou usines. Selon Gabriele Roberti, analyste au cabinet IDC, il faudrait aussi des équipements à un échelon intermédiaire, sorte de mini datacenters servant d’interface entre l’Edge et le cloud.

" HPE figure parmi les acteurs les mieux positionnés sur l’Edge computing avec des investissements dédiés importants en développement et marketing, confie à L’Usine Nouvelle Gabriele Roberti. Il a le mérite de porter un message fort et clair sur le sujet, avec une vision unifiée et sans couture de traitement de l’information de l’Edge jusqu’au cloud. C’est une position intéressante pour les grandes entreprises qui ont des gros datacenters et qui veulent en migrer une partie vers l’Edge. Mais son message risque d’être difficile à comprendre par les PME-PMI."

Un marché diffus et compliqué à aborder

Ce nouveau paradigme réclame un modèle commercial différent de ce qui se fait dans les datacenters. "Il faut savoir s’adresser à des gens de l’opérationnel et parler leur langage, différent du langage du service informatique en entreprise, note Gabriele Roberti. HPE a les moyens de le faire en investissant dans la formation de ses commerciaux." Ce marché est aussi plus compliqué à aborder car il est plus diffus que celui des datacenters. "Nous avons les compétences et les moyens de relever ces challenges, affirme Antonio Neri. Cela fait des années que nous travaillons sur la convergence entre le monde physique et le monde informatique. Nous collaborons en particulier avec ABB et Siemens. Nous pouvons aussi compter sur nos partenaires à travers lesquels nous réalisons 70% de notre chiffre d’affaires."

Aujourd’hui, HPE repose sur deux activités : Hybrid IT (équipements de datacenters) et Intelligent Edge (consistant principalement d’Aruba, une société rachetée en 2015 pour 2,7 milliards de dollars). L’activité Hybrid IT représente environ 81% du chiffre d’affaires total de 30,8 milliards de dollars sur le dernier exercice fiscal. La focalisation sur l’Edge soulève des interrogations sur son avenir à long terme. "Il est possible qu'une partie de l'activité de datacenter soit progressivement remplacée par l'activité d'Edge computing", prévient Gabriele Roberti. Un risqué que le PDG balaie d’un revers de main. "L’Edge ne représente aucunement une menace pour l’activité de datacenter, assure-t-il. Les deux activités vont croitre ensemble avec comme moteur commun la révolution de la data et de l’intelligence artificielle."

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle