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L'Usine Energie

Le parapétrolier CGG pourra-t-il continuer seul ?

Ludovic Dupin , , ,

Publié le

La situation se dégrade pour CGG. Vente d’actifs, licenciements, réduction de la flotte... le spécialiste de la sismique est l’un des parapétroliers qui souffrent le plus de la chute des cours de l’or noir. Si le groupe se dit prêt à accueillir des intérêts minoritaires pour accompagner sa transformation, il est difficile d’imaginer qu’il puisse faire l’économie d’une fusion avec un plus grand que lui.


Jean-Georges Malcor, PDG de CGG - Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle


Le troisième trimestre 2015 de CGG n’est pas bon. Le groupe souffre de plus en plus de la baisse des investissements dans l’exploration de ses clients pétroliers. Aussi, le spécialiste de la sismique, qui affiche une perte de 1,07 milliard de dollars, va réduire sa flotte de navires. Elle passera de 11 à 5 bateaux (lire l'encadré). Il va par ailleurs supprimer 930 emplois, dont environ un tiers en France. Ces suppressions s’ajoutent aux 2000 départs déjà annoncés en 2015.  

Dans un communiqué, le groupe indique que "le financement de sa transformation se fera par ventes d’actifs non stratégiques et par augmentation des capitaux propres ou entrée d’intérêts minoritaires". Même si le PDG, Jean-Georges Malcor, insiste sur le mot minoritaire, la recherche de partenaires est une nouveauté dans le discours de la société, qui jusque-là s’était montrée rétive à tout rapprochement.

TECHNIP PAS DISPOSÉ À REVENIR

Sismique tricolore en danger
Lors de ses résultats du troisième trimestre, CGG a annoncé qu’il allait réduire sa flotte de bateaux d’acquisition sismique, utilisées pour rechercher les réservoirs géologiques d’hydrocarbures. En 2012, le groupe comptait 18 bateaux. Début 2015, il en restait 11. Ce chiffre sera ramené à 5 en 2016. Surtout, ce sont les 6 navires français, opérés par GeofielD (coentreprise CGG-Louis Dreyfus Armateurs), qui seront mis sous cocon. CGG continuera ses opérations avec sa flotte opérée en Norvège. Pour le Syndicat Maritime Bretagne-Océans CFDT, il y a un risque réel de voir disparaître la filière sismique en France.
Fin 2014, CGG avait ainsi rejeté l’offre du parapétrolier Technip, qui souhaitait acquérir de nouvelles compétences dans les réservoirs d’hydrocarbures. Ce rapprochement impliquait alors la vente du pôle d’acquisition de données – et donc des navires – de CGG.

Ironique...  Aujourd’hui, Thierry Pilenko, le PDG de Technip, assure "avoir tourné la page CGG" et ne semble pas disposer à revenir vers son compatriote, qui a pourtant perdu beaucoup de valeur. L’ingénieriste du pétrole s’est consolé dans les bras de l’américain FMC Technologies, en créant la joint-venture Forsys Subsea.

CGG pourrait cependant intéresser d’autres acteurs, en particulier les géants qui s'emparent des multiples proies qui apparaissent sur le marché. A titre d’exemple, un expert du secteur évoque deux américains prêts à grossir sur le dos d’un petit frenchie. D’une part Schlumberger, qui cherche à élargir ses activités pour résister à la crise. Le franco-américain vient d’ailleurs de racheter Cameron pour 14,8 milliards de dollars. D’autre part, il y a General Electric qui multiplie les petites acquisitions et entend bien devenir un géant du pétrole et du gaz à la faveur de cette crise pétrolière.

PRIORITÉ À LA DIVERSIFICATION

Ce qui rend CGG aujourd’hui vulnérable est son hyperspécialisation. Malgré sa filiale Sercel de vente de matériels, CGG est essentiellement spécialisé dans la sismique. En ce temps de crise, tous les parapétroliers savent que pour survivre il faut se diversifier. C’est ce que s’échinent à faire les Technip, Halliburton, McDermott, Subsea7, Chiyoda, Petrofac…

Au cours des derniers mois, tous ces groupes ont réalisé des rapprochements capitalistiques ou des alliances. Et les mouvements ne sont pas finis. Les analystes prévoient de nombreuses nouvelles cibles sur le marché dans les 18 mois à venir. Pas sûr que le leader mondial de la sismique puisse continuer à rester à l’écart.

Ludovic Dupin

 

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