Le paradoxe photovoltaïque français

Olivier Mormiche, Président d’In Sun We Trust, assure que l’année 2014 est charnière pour le secteur solaire. Selon lui, la France, qui était partie sur de bonnes bases, est aujourd’hui en train de reculer alors que le marché international est à conquérir.

Partager
Le paradoxe photovoltaïque français

Il y a quelques années la France se lançait dans la course à l’énergie solaire alors que de nombreux sceptiques n’y voyaient au mieux qu’une industrie dont la rentabilité n’apparaitrait qu’après plusieurs décennies. Aux côtés de l’Allemagne, elle a participé à l’essor d’une filière industrielle dont le taux de croissance moyen mondial est de 45% par an depuis 2003. Une filière qui, année après année, dépasse les prévisions les plus optimistes. La France y a investi massivement pendant plusieurs années et pour plusieurs années.

Des premiers résultats

Et pour quels résultats ! Un des leaders mondiaux des trackers est Français : Exosun , dont le chiffre d’affaire a augmenté de plus de 2000% (de 870 000 à plus de 20 millions d’euros) entre 2013 et 2014, voit son activité exploser à l’international. Son président, Frédéric Conchy (qui a remporté le prix entrepreneur de l’année "Born global" de l’année 2014) aime à pourfendre les idées reçues françaises largement répandues.
Du coté des développeurs de projets, formés dans les meilleurs institutions et habitués à des contraintes administratives et environnementales complexes, la qualité de leurs travail est reconnue dans le monde entier.

Des atouts en France

Enfin, n’en déplaise aux mauvaises langues, la France possède les structures adéquates pour développer une filière industrielle : faible cout de l’énergie, qualité des infrastructures, accès a de la main d’œuvre qualifiée sont autant de facteurs qui lui permettrait même de concurrencer l’industrie chinoise dans le domaine de la production de panneaux

Un arrêt brutal, une filière à l’agonie malgré des perspectives internationales exceptionnelles

La France avait fait le bon choix… Jusqu’au moratoire de 2010. Aujourd’hui, alors que la plupart des pays amorcent une expansion massive du solaire photovoltaïque, à commencer par les Etats Unis, la Chine, le Royaume Uni, le Japon mais aussi le Brésil le Mexique ou même la Russie, la France abandonne la partie.

Impatiente, elle aurait voulu des résultats plus rapides. Influencée d’un côté par les lobbys et de l’autre par ceux qui ont échoué à s’imposer sur le marché, elle a décidé à demi-mot d’abandonner cette filière qui aurait pu, qui aurait dû participer à une reprise tant espérée de l’économie.
Pourtant les analystes sont unanimes. De l’Agence Internationale de l’Energie aux plus grands groupes pétroliers tels que Shell, en passant par les cabinets de conseils (McKinsey) ou les banques d’investissement les plus influentes (Deutsche Bank, Citi, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Lazard), tous s’accordent à dire que la révolution solaire est déjà en marche, avec un chiffre d’affaire mondial prévu en 2020 de 140 milliards d’euros, soit une croissance de la puissance installée cumulée de plus de 20% par an.

La transition énergétique ? Oui ! mais aussi des actions urgentes !

Malgré cela, la France n’y croit plus. Elle refuse de faire les derniers investissements qui permettraient à ses entreprises de briller sur la scène internationale. Economies de bout de chandelles dirait la sagesse populaire… La loi de transition énergétique se fixe des objectifs ambitieux, mais n’apporte aucune solution concrète. En particulier les outils nécessaires à l’essor des filières doivent être mis en place au plus tôt. Non seulement parce que les entreprises du secteur souffrent et voient leur compétitivité se réduire de plus en plus, mais aussi car 2014 constitue l’année charnière du secteur au niveau mondial.

De l’espoir d’une prise de conscience
En dépit de ce climat délétère, instauré en parti par l’attitude égocentrique et la vision court-termite de certains professionnels du secteur, je continue à croire en la France, à croire en sa capacité à prendre conscience de son égarement avant qu’il ne soit trop tard et à amorcer le changement de cap qui fera d’elle un leader sur un secteur d’avenir. Je continue à croire en une France conquérante, en une France qui gagne.

Olivier Mormiche, Président d’In Sun We Trust

SUR LE MÊME SUJET

Sujets associés

NEWSLETTER La Quotidienne

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Le rôle des jeux vidéo dans nos sociétés

Martin Buthaud est docteur en philosophie à l'Université de Rouen. Il fait partie des rares chercheurs français à se questionner sur le rôle du jeu vidéo dans nos...

Écouter cet épisode

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Les coulisses d'un abattoir qui se robotise

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage dans l'abattoir Labeyrie de Came, dans les Pyrénées-Atlantiques, qui robotise peu à peu...

Écouter cet épisode

La renaissance des montres Kelton

La renaissance des montres Kelton

Le designer Vincent Bergerat donne une nouvelle vie aux montres Kelton. Dans ce nouvel épisode du podcast Inspiration, il explique au micro de Christophe Bys comment il innove et recrée l'identité...

Écouter cet épisode

Connecter start-up et grands groupes

Connecter start-up et grands groupes

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Thomas Ollivier, fondateur du Maif Start-up Club, répond aux questions de Christophe Bys. 

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

BUREAU VERITAS

Chargé de certification pure reviewer agro-alimentaire (F-H-X)

BUREAU VERITAS - 10/06/2022 - CDD - Puteaux

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

Accédez à tous les appels d’offres et détectez vos opportunités d’affaires

59 - Lambersart

Externalisation de la paie des agents et des élus de la Commune et du CCAS de Lambersart

DATE DE REPONSE 01/01/1970

+ de 10.000 avis par jour

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS